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« Mal nommer les choses c’est ajouter aux malheurs du monde » disait Camus. Je ne sais pas si bien les nommer ajoute du bonheur, mais sans doute aurait-il mieux valu qualifier ces emplois de « sans avenir ».

L’intention était pourtant louable : trouver une solution au chômage de nos jeunes. Ces 500 000 jeunes sans travail, sans diplôme et sans qualification. Malheureusement le remède du gouvernement se révèle inadapté au mal.

Deux mots sur la méthode, d’abord, car elle est révélatrice. Avec ce gouvernement on passe en un tournemain de l’immobilisme à la précipitation. Une session extraordinaire convoquée en urgence. Une seule journée pour étudier le texte, l’amender et le discuter en commission. Un rapporteur nommé à la hâte, qui ne nous a pas présenté de rapport. Pas d’auditions, pas de concertation, pourtant nous avions cru comprendre c’était cela « la nouvelle méthode ».

Les citoyens méritent pourtant que l’on respecte leurs institutions.

Le groupe UMP n’a pas usé de posture politicienne car il a eu une attitude constructive. Durant les deux jours de débats, L’opposition a proposé de nombreux amendements afin de faire évoluer les positions de la majorité et du gouvernement. Loin d’adopter l’attitude de l’ancienne opposition qui tentait systématiquement de faire de l’obstruction, nous avons choisi le débat. Au bout du compte, nous avons prêché dans le désert.

 Mais venons-en au fond du problème, car la solution que le gouvernement nous propose ne peut pas nous convaincre.

C’est le retour de emploi public et donc de l’augmentation des dépenses de l’Etat et des collectivités au lieu de favoriser les conditions d’embauche dans les entreprises car c’est bien le secteur marchand qui crée de la richesse.

C’est le manque de vision prospective puisque ce projet de loi ne propose qu’une solution éphémère qui ne débouchera pas sur des emplois pérennes.

C’est la mise en place d’une inégalité territoriale puisque ces emplois seront destinés en priorité aux jeunes issus des Zones Urbaines Sensibles, des Zones de Revitalisation Rurale et des DOM-TOM. N’y a-t-il pas de jeunes en difficulté hors de ces zones ? Le contrat ne devrait-il pas être personnel et non territorialisé ?

Tout cela pour un coût dont on ne sait s’il sera astronomique ou seulement exorbitant puisque pas moins de 4 chiffres différents nous ont été communiqués par le gouvernement : 800 millions d’euros, 1,5 milliard d’euros, 1,9 milliard d’euros, 2,3 milliards d’euros.

En définitive, nous assistons encore la mise en place d’une mesurette qui n’a d’autre utilité que de faire baisser virtuellement les chiffres du chômage. Ne soyons pas dupes d’une loi qui n’apportera rien à long terme, si ce n’est un poids sur la dette publique. Mais ce n’est pas une surprise, malheureusement. Comme d’habitude, ce gouvernement passe à côté des vraies questions : le coût du travail, la compétitivité, la formation de nos jeunes. Et c’est pourquoi j’ai choisi de m’y opposer.

Jeudi 13 Septembre 2012
Laurent Marcangeli

 

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