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La longue série d’infinis rebondissements et de dénouements, toujours plus imminents, s’est achevée jeudi soir, aux alentours de 21 heures. Après une longue, très longue journée, le juge de l’Audience nationale José Luis Castro validait la liberté conditionnelle demandée par le prisonnier basque Iosu Uribetxebarria. Les premiers moments de joie ont néanmoins vite laissé place à une nouvelle inquiétude.

Bien que la direction du centre pénitentiaire d’Araba ait accordé le bénéfice de la liberté conditionnelle à Iosu Uribetxebarria, le juge Castro a, lui, décidé de prolonger encore un peu plus l’attente du prisonnier arrasatear. Il considère en effet que sa décision d’accorder la liberté conditionnelle ne pourra être effective qu’une fois signée en bonne et due forme, soit seulement cinq jours après l’annonce. Cinq jours pendant lesquels l’accusation peut faire appel de la décision.

Une interprétation d’une disposition interne aux lois régissant le pouvoir judiciaire espagnol qui serait “illégale” selon ce qu’a indiqué l’avocate de Iosu Uribetxebarria, Arantza Aparicio. Selon elle, cet article de loi à effet suspensif ne peut en aucun cas être appliqué dans le cas d’un arrêt tel que celui pris par le juge Castro.

“Politique de vengeance”

C’est pour cette raison que vendredi la défense déposait à son tour un recours contre cette partie de l’arrêt judiciaire, exigeant que la mise en liberté soit immédiate. Ce n’est donc que mardi prochain que les délais pour un éventuel recours seront écoulés et que Iosu Uribetxebarria pourra être libéré.

Le mouvement populaire Herrira, qui se réjouit de la (tardive) nouvelle, rappelle tout de même, par la voie de Jon Garay, que Iosu Uribetxebarria “aurait dû être libéré il y a sept ans, lorsque le premier cancer est apparu. C’est ce qui l’a mené dans cette situation aujourd’hui irréversible”. Une analyse partagée par Inazio Azkarragaurizar, maire Bildu d’Arrasate, qui a rappelé qu’au mois de mai dernier, la municipalité d’Arrasate (avec les votes de Bildu, Aralar et du PNV) avait réclamé la libération de Iosu Uribetxebarria, afin que “la loi soit appliquée” et que le gouvernement espagnol mette de côté “sa politique de vengeance”.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le cas Iosu Uribetxebarria, qui n’est pas encore arrivé à son terme, aura réveillé le mois d’août de sa torpeur estivale. Et aura lancé le débat sur la situation des 13 autres prisonniers malades détenus aujourd’hui dans les prisons espagnoles et françaises. Ainsi, le maire d’Arrasate en a-t-il profité pour appeler la société civile à rester mobilisée pour réclamer la liberté de tous les prisonniers gravement malades, tandis que des rassemblements étaient organisés vendredi soir en ce sens à Saint-Jean-Pied-de-Port et Bayonne.

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