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Le samedi 28  juillet 2012 [20h30] (www.unita-naziunale.org) : La famille et les proches de Paul Istria ont tenu ce samedi matin dans son village une conférence de presse pour demander son rapprochement en Corse. Paul Istria, 54 ans, militant de Corsica Libera, et prisonnier politique présent sur la liste de soutien de l’Associu Sulidarità depuis son interpellation en juillet 2008, a été condamné à 12 ans de réclusion dans le procès du 4 juin.

A travers cette demande de rapprochement c’est le rapprochement de tous les prisonniers politiques qui est demandé par les amis de Paul Istria.

Voici le texte de la conférence de presse :

Pouvions- nous rester silencieux devant les peines requises, puis prononcées contre Paulu Istria ?

Pouvions – nous accepter cette phraséologie pénale qui entre «  association de malfaiteurs » et « commanditaire », vise à justifier l’arbitraire ?

Pouvions – nous demeurer muets face à des méthodes judiciaires qui, entre une détention provisoire de plusieurs années – au demeurant contraire à la Convention Européenne des Droits de l’Homme- et  une instruction strictement à charge, constituent les fondements  d’une justice d’exception ?

Pouvions nous adhérer au matraquage de la police et d’une certaine presse qui vise à salir et à dénigrer, sous le fangeux qualificatif de « canal gamin », l’idée d’une toute autre Corse ?

Pouvions-nous tolérer le manque de soins médicaux évidents et nécessaires dans le cadre d’une détention volontairement rallongée ?

Pouvions-nous nous taire sur l’éloignement territorial et familial, au mépris même du droit au rapprochement ?

Devrions-nous, en citoyens corses que nous sommes, approuver cette répression policière et judiciaire systématiquement menée en Corse par l’Etat français ?

A toutes ces questions, nous répondons aujourd’hui et ici à Maca a Croci, NON !!!

Nous sommes toutes et tous ici réunis, famille et amis de Paulu, pour lui témoigner avant tout publiquement, notre entier et indéfectible soutien. Nous sommes toutes et tous ici réunis pour rappeler l’engagement politique d’un homme envers son pays, engagement qu’il n’a jamais renié et qu’il a fièrement réitéré lors de son procès. Nous sommes toutes et tous ici réunis pour défendre son intégrité. Nous sommes toutes et tous ici réunis pour dire à celles et ceux qui, au nom de la France, l’ont condamné, que nous l’attendons avec impatience. Comme nous attendons encore et toujours tous ces hommes  enfermés dans d’obscures cellules pénitentiaires, pour l’amour de leur pays.

Paulu n’a pas fait appel de sa condamnation. Parce qu’il ne connait que trop bien – son parcours est là pour en témoigner – les méandres d’un appareil judiciaire aux ordres et sous influence,  où le droit n’a malheureusement  que très peu de place…

Notre message est on ne peut plus clair : le rassemblement organisé ici  autour de Paulu est l’exemple même d’une prise de conscience qui transcende les appartenances politiques, philosophiques, religieuses ou autres, et qui revendique à son humble niveau, son attachement à un ambitieux projet politique pour la Corse dont son peuple, seule communauté de droit, doit être le principal acteur et le  bénéficiaire. Dans ce projet qui appelle une participation du plus grand nombre, et où un ensemble de mesures concrètes, évolutives et historiques doivent être prises, la question des prisonniers corses  prend toute sa place.

La question des prisonniers est connue. Elle suppose aujourd’hui, ici et maintenant, un rapprochement collectif intégral. Ainsi Paulu doit être très rapidement rapproché auprès des siens, en Corse. Il y a des places libres à la maison d’arrêt de Borgu. Nous portons une attention toute particulière à cette question.

Le règlement de la question des prisonniers implique également que demain s’ouvrent toutes les portes de ces cellules françaises ou l’on tente encore d’enfermer une certaine vision de la Corse. Dans cette perspective nous avons l’espérance de retrouver Paulu libre parmi les siens, avec les siens, dans son village où il n’a pu revenir pour accompagner une dernière fois sa pauvre mère  qui nous a quitté durant le procès de son fils…

L’espoir que nous partageons pour Paulu, c’est l’espoir d’une toute autre politique pour la Corse, résolument tournée vers l’évolution de ses institutions, en redonnant à sa langue, à sa culture, à son économie, leur juste place. L’espoir que nous partageons pour Paulu, c’est l’espoir d’une société résolument apaisée où justice sociale, répartition des richesses, éducation, travail  et formation prennent une concrète signification. Nous partageons  avec Paulu, l’espoir d’un peuple enfin reconnu dans le concert des nations, en paix, dont les enfants pourront librement  vivre et travailler sur leur terre.  

Nous adressons toute notre sympathie à Ghjaseppu Nasica, Ghjuvan Maria Pittiloni, Marc’Anto Colleoni, Dumenicu Mattei, Marcu Caggiari, Ghjaseppu Gherardi,  Patriziu Tesi, Ghjuliu Alessandrini, Ghjuvan Cristofaru Alessandrini, Anto e Anghjulu Maria Pais, Ghjacumu Ghjuvan Papini,Ghjuvan Battista Battini, injustement condamnés au même titre que Paulu.

Nous réaffirmons notre entier soutien à tous ces hommes emprisonnés pour leur engagement en concluant par un seul mot, symbole d’avenir : LIBARTA !

L’AMICHI E A FAMIDDA DI PAULU ISTRIA

Fattu in Maca a Croci u 28 di luddu di l’annu 2012.

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