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Le vendredi 13 juillet 2012 [18h15] (www.unita-naziunale.org) :  Des incidents très graves sont survenus dans cette prison le dimanche 1er juillet et ont été dénoncés par les prisonniers politiques basques Ibon Goieaskoetxea, Ruben Ribero et Julen Mujika.

Le mouvement Herrira, qui milite pour le respect des droits des prisonniers basques, a sollicité un rendez-vous avec le directeur de l’établissement ainsi qu’avec syndicats du personnel afin d’obtenir des explications sur le comportement inacceptable de fonctionnaires de l’administration pénitentiaire.

Ibon Goieaskoetxea a été le premier à pouvoir entrer en contact avec sa famille après les faits.

Zigor Goieaskoetxea a pu ainsi relater le détail de ce que son frère a subi:  » Le samedi 30 juin, un membre de la famille de l’un des prisonniers s’est vu refuser l’entrée au parloir sous prétexte de déclencher à son passage le portique détecteur de métal. Le dimanche matin, les trois prisonniers ont alors refusé pacifiquement de rentrer dans leur cellule après la promenade afin de dénoncer ce qui était arrivé la veille. […] Des gardiens sont arrivés casqués et armés de matraques, leur ont attaché les mains dans le dos et ont commencé à les frapper violemment. Ensuite ils ont emmené Ibon vers le mitard en passant par la cour et l’ont fait tomber dans une flaque. […] Finalement ils ont mis violemment sa tête dans l’eau sale. En ressortant de là Ibon avaient les yeux pleins de saleté (sable, terre…) et ne pouvait pas se les nettoyer car ses mains étaient attachées dans son dos. Après s’être relevé, les gardiens l’ont poussé en avant et l’ont amené vers quelqu’un. Dans un premier temps Ibon n’a pas reconnu cette personne parce qu’il n’y voyait pas bien mais après il a réussi à voir qu’il portait une chemise bleu clair et il a reconnu le chef des gardiens. Cet homme lui a demandé de relever la tête. Ibon ne l’a pas fait. Il a donc pris la tête d’Ibon à deux mains pour la relever et en la maintenant ainsi il lui a bouché les oreilles. Le chef des gardiens lui a alors parlé mais Ibon n’a pas entendu ce qu’il disait et quand il a terminé de parler le chef des gardiens a craché au visage d’Ibon. […] Les gardiens l’ont emmené au mitard et quand il était à l’intérieur ils lui ont ordonné de se mettre à genoux. Ibon a refusé et a dit  » vous me mettrez à genou avec votre force et votre violence mais moi je ne me mettrai pas à genoux « . Ils lui ont donc donné des coups de pieds pour le mettre à genoux en disant  » tu vas voir quand tu iras en Espagne par quelles tortures tu passeras  » et ils l’ont frappé jusqu’à ce que l’un des gardiens dise que cela suffisait. « 

Ces actes sont inacceptables et nous demandons aux autorités compétentes d’agir en sorte que de tels événements ne puissent plus se reproduire.

Communiqué d’Herrira (11/07/2012)

Conférence de presse Herrira, à la maison d’arrêt de Villefranche sur Saône

13 Juillet 2012

Herrira à organisé, aujourd’hui vendredi 13 juillet, une conférence de presse devant la prison de Villefranche-sur-Saône, suite aux incidents très graves survenus dans cette prison le dimanche 1er juillet.

Voici le texte de la prise de parole.

Merci à vous d’avoir répondu à notre invitation. Vous trouvez face à vous, Janine BEYRIE, porte parole de l’association des familles des prisonnier-e-s politiques basques ETXERAT, Gabi MOUESCA, du Mouvement HERRIRA, Zigor GOIEASKOETXEA ARRONATEGI, frère d’un des prisonniers politique basque victimes de brutalités à la maison d’arrêt de Villefranche sur Saône.

Le samedi 30 juin dernier, lors des parloirs qui se sont tenus à la maison d’arrêt de Villefranche sur Saône, une nouvelle fois des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire ont versé dans l’illégalité et l’abus de pouvoir.

Une personne venant du Pays Basque pour visiter un membre de sa famille s’est vu refusé l’accès au parloir au prétexte qu’à trois reprises le portique de sécurité s’était déclenché au passage de celle-ci. Le détecteur de métal manuel, dit « poêle à frire » n’a pas été à ce moment là utilisé pour détecter la source du problème, comme cela se fait dans l’ensemble des établissements pénitentiaires français.

La décision des responsables du parloir a eu pour conséquence d’empêcher le parloir pour une personne qui avait fait prés de 2 000 kms pour une visite, engagé des frais considérables de transport, de logement et supporté une fatigue importante générée par un tel périple.

Le dimanche 1er juillet, à la fin de la promenade matinale, les prisonniers politiques basques ont décidé de « marquer le coup », par une action non violente consistant à refuser de réintégrer leur cellule pour faire part auprès de la direction de l’établissement de leur inacceptation de voir leurs droits de prisonniers mais également les droits de leur famille ainsi bafoués.

Cette action a provoqué une réaction démesurée, extrêmement violente, de la part de fonctionnaires de l’administration pénitentiaire. Intervenant casqués, ces derniers ont évacué les prisonniers politiques basques avec force violence. Coups portés, insultes, menaces, crachats, tête maintenue dans une flaque d’eau pour l’un d’entre eux, ce fut un déluge d’actes gravissimes.

Non contents d’être victimes de sévices de la part de surveillants de l’administration pénitentiaire, les prisonniers politiques basques ont été soumis à la sanction de mise au mitard.

Voici pour les faits graves qui nous valent d’être ici présents devant vous.

Le Mouvement HERRIRA ainsi que l’association des familles de prisonnier-e-s politiques basques ETXERAT tiennent à affirmer ici leur totale solidarité avec les prisonnier-e-s politiques Basques victimes de ces sévices, ainsi qu’à leur famille.

HERRIRA et ETXERAT dénoncent avec la plus grande des vigueurs les actes de violence dont se sont rendus responsables des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire, et demandent aux autorités compétentes d’agir en sorte que de tels événements ne puissent plus se reproduire dans cet établissement ou dans tout autre prison française, envers qui que se soit.

ETXERAT tient à souligner que les familles des prisonnier-e-s politiques basques sont trop souvent l’objet de traitements dégradants et humiliants de la part de fonctionnaires de l’administration pénitentiaire et alerte les autorités responsables –ministérielle et administratives- sur la nécessité de faire respecter les droits des personnes détenues ainsi que de leur famille.

Le mouvement HERRIRA qui inscrit son action dans le contexte de la résolution du conflit en cours au Pays Basque attend de la part des autorités pénitentiaires, ainsi que du Ministère de tutelle, qu’il soit mis en œuvre une politique adaptée à la phase Historique dans laquelle le Pays basque est entré. Une phase marquée du sceau du dialogue et du respect mutuel entre toutes les parties ayant pris part au conflit.

Nous avons alerté les services de Monsieur Jean Marie DELARUE, Contrôleur général des lieux de privation de liberté, ainsi que L’Observatoire International des prisons (OIP) des faits pré cités.

Nous avons souhaité rencontrer les représentants syndicaux de l’établissement pour les informer de notre démarche. Nous n’avons rencontré que le représentant d’un des syndacats (UFAP) . Notre volonté est de dire à tous les fonstionnaires de l’administration pénitentiaire (AP) que les prisonnier-e-s politiques basques sont des acteurs majeurs de la résolution du conflit au pays basque et qu’à ce titre, leurs droits doivent être respectés ainsi que leur dignité.

Puis, nous avons rencontré la directrice de l’établissement. Une rencontre qui a permis à la direction locale de l’établissement d’entendre les faits faisant l’objet de la dénonciation rendue publique par notre action. La directrice de la prison a déclaré que si sa hiérarchie lui demandait d’ouvrir une enquête interne elle le ferait. Concernant l’origine des incidents dénoncés, la directrice a indiqué qu’une nouvelle note concernant la fouille des familles lors des parloirs était à l’étude.

La note en application à ce jour, légitimement dénoncée par les prisonniers politiques basques et leur famille, est en effet caduque. Une circulaire du 20 février 2012 relative au maintien des liens avec l’extérieur des personnes détenues prévoit en effet que en cas de déclenchements répétés de l’alarme du portique, et avec le consentement du visiteur, le personnel doit soumettre le visiteur à un contrôle par détecteur manuel. Cette circulaire indique aussi que si ces moyens ne suffisent pas, il peut être procédé à une palpation de sécurité aprés avoir reccueilli le consentement de la personne concernée. Oui, la direction de maison d’arrêt (MA) de Villefranche sur Saône est bien dans l’illégalité en matière de fouilles des familles.

Nous avons également rappelé que Jean Marie DELARUE, dans son Rapport sur la Maison d’Arrêt de Villefranche sur Saône de janvier 2009 avait écrit  » les différents entretiens menés par les Contrôleurs mettent cependant en évidence (…) une rigidité du personnel des parloirs, qui se manifeste dans l’absence de tolérance au moindre retard et dans le refus d’accès à l’établissement après trois passages ayant déclanché le portique de détecteur de métaux. Cette intransigeance a été relevée par les détenus, par leur famille et l’association ASAFPI qui notent des écarts dans les pratiques des différents établissements « . Et le Rapport d’ajouter  » il nous est rapporté de manière générale que les surveillants du parloir adoptent un ton et un comportement inadaptés à l’égard des visiteurs, qui ont le sentiment que les personnels reproduisent sur eux le lien d’autorité qu’ils ont avec la population pénale « .

Nous vous informons que le pôle saisine du Contrôle général des lieux de privation de liberté est infomé des événements sus cités et qu’ils vont mener une enquête. Les prisonniers politiques basques ayant fait l’objet de cette agresssion à la Maison d’Arrêt de Villefranche-sur-Saône vont probablement effectuer un recours juridique. Enfin, notons que les membres des familles ayant été victimes de l’incident du samedi 30 juin à l’entrée du parloir ont reçu cette fin de semaine un courrier signé de la direction de la Maison d’Arrêt les informant que la reproduction d’un tel incident les mettaient en situation de se voir retirer leur permis de visite.

Le mouvement HERRIRA donne rendez-vous à tous les défenseurs de la Paix et de la Justice au Pays Basque le 13 octobre prochain dans les rues de Bayonne. Pour une interpellation populaire massive faite au gouvernement français sur la base de revendications qui sont les suivantes:

  • Le regroupement des membres du Collectif des prisonnier-e-s politiques basques en Pays Basque,
  • La libération des prisonnier-e-s malades,
  • La fin des mesures d’exception dont souffrent les prisonnier-e-s politiques basques telles que la dispersion, ainsi que les mesures d’isolement,
  • L’abrogation des mesures qui mènent à une condamnation à perpétuité, (comme la doctrine 197/2006 en Espagne et la condamnation à perpétuité en France),
  • L’application de la remise en liberté des prisonniers ayant accompli les 2/3 ou les 3/4 de leur peine en Espagne, ou des prisonnier-e-s « conditionnables » incarcérés dans l’Etat français,
  • La fin de la persécution des réfugié-e-s politiques Basques.

Nous tenons, pour conclure, à remercier toutes celles et ceux qui ont ici témoigné de leur solidarité à notre égard et à l’égard des prisonniers politiques Basques.

Milesker, merci.

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