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L’antiterrorisme va-t-il obtenir en Corse plus de résultats que la juridiction interrégionale spécialisée de Marseille ? Le nombre d’enquêtes sur les attentats le démontre. Sur les assassinats, cela est moins probant.

En attendant, les chiffres parlent d’eux-mêmes : une centaine d’homicides ont été perpétrés en Corse depuis cinq ans. Un bon tiers a été « résolu »judiciairement. Le reste est de l’ordre du mystère. Le juge Gilbert Thiel, lui, est remonté plus loin que la vague de violence que connaît l’île depuis 2007. Mardi matin, deux interpellations avaient lieu dans la région ajaccienne pour des assassinats vieux de trente ans. Alain Orsoni entendu comme témoin

Au petit matin, les policiers se rendaient au domicile de deux anciennes figures du nationalisme, dont Alain Orsoni.

Les deux hommes ont été entendus comme simples témoins, sans être placés en garde à vue dans les locaux du commissariat d’Ajaccio. « Ils sont entrés chez moi, ont été très corrects, mais un coup de fil aurait suffi », a commenté Alain Orsoni. Celui-ci a indiqué qu’il avait été convoqué il y a quinze jours par le magistrat antiterroriste à Paris mais qu’il avait « oublié »ce rendez-vous. Pendant près de onze heures, il se trouvait dans les locaux du commissariat et a répondu aux questions des enquêteurs sur plusieurs affaires non résolues.

Les dossiers Lafay et Aznar rouverts

En premier lieu, l’affaire du Dr Jean-Paul Lafay, le vétérinaire président de l’association d’aide aux victimes du terrorisme, le 17 juin 1987 après une émission sur FR3.« Sur le fond, pas de souci, je me trouvais moi-même sur le plateau de télévision lors de cet événement », a précisé Alain Orsoni. « Les policiers m’ont également interrogé au sujet de Guy Aznar, (N.D.L.R., le gendarme tué le 4 août 1987 : dans le mitraillage d’un fourgon au sud de Bastia)», a-t-il ajouté en précisant le caractère « ubuesque »de cette audition.

« Le juge Thiel fait des insomnies et il se réveille parce qu’il fait des cauchemars », a ironisé son avocat, Me Antoine Sollacaro qui entend faire parvenir « une lettre de protestation » au magistrat.

Prescription

« On m’a interrogé sur toutes les affaires non résolues survenues entre 1980 et 1995 en Corse », a précisé l’autre nationaliste qui était entendu et qui avait « refusé de répondre à la convocation » initiale. En matière de terrorisme, la prescription court jusqu’à 20 ans après les faits. Produire des actes judiciaires interrompt ce délai et remet le compteur à zéro.

C’est sans doute le but de la manœuvre initiée mardi. Celle-ci parviendra-t-elle à résoudre des assassinats ?

La liste est si longue que la justice pourrait bien faire courir ces délais pendant mille ans. Avec un résultat à la clé ?

http://www.corsematin.com/article/ajaccio/le-juge-thiel-exhume-trente-ans-dassassinats-non-resolus.707864.html

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