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Le Front de libération nationale corse (FLNC) a tenu lundi soir, une conférence de presse clandestine, en Haute-Corse. Une vingtaine d’hommes cagoulés et lourdement armés s’est tenu autour d’un porte-parole dans le maquis, qui a lu un communiqué de huit pages annonçant ce qui s’apparente à une « scission » au sein du mouvement clandestin, sans pour autant vouloir la nommer. 

Le groupe a affirmé vouloir « donner une parole et une structuration plurielle au FLNC« .

Après avoir fait le constat « d’une crise politique, économique, sociale et morale » qui frappe la Corse, ce nouveau FLNC a lancé un triple message, aux clandestins, aux mouvements publics et au président de la République, François Hollande. Estimant que « le FLNC n’a plus à être une direction politique« , la vingtaine d’hommes a souhaité repositionner la lutte clandestine, prônant un usage de la force là où les moyens publics sont inopérants et en cas d’agression, mais précisant « par souci de lisibilité et de clarification » qu’ils ne lèveront pas d’impôt révolutionnaire, « les ennemis de la Corse ne pouvant garantir leur sécurité au nom de l’argent roi« .

Refusant l’opposition autonomiste/indépendantiste, ce nouveau mouvement appelle « [leurs] frères patriotes de Femu a Corsica« , mouvement nationaliste modéré,  à « transcender leur discours, assumer leurs succès électoraux et se positionner en fer de lance de la lutte d’émancipation… sans s’opposer au choix le plus souverainiste de l’indépendance« . Dans son communiqué, ce FLNC veut réengager une réflexion sur le droit à l’autodétermination. Il  insiste sur le rôle historique des mouvements indépendantistes et appelle ce courant à se renforcer sans évoquer toutefois les tensions au sein de Corsica Libera entre l’ex-Rinnovu et l’ex-Corsica Nazione.

Questionnés par les journalistes, les hommes présents affirment que l’apparition de leur mouvement n’a pas de lien direct avec ces divergences internes aux indépendantistes et qu’ils laissent les mouvements publics libres de leur choix.  Les clandestins n’ont pas souhaité commenter la revendication de l’assassinat de Christian Leoni par le FLNC-UC pour venger un de ses militants et n’ont pas voulu préciser s’ils avaient déjà mené des actions violentes. Ils appuient et saluent « l’action de résistance des espaces politiques, syndicats, associations culturelles et surtout de défense de l’environnement (…) qu’ils soutiendront chaque fois que certains chercherons à les intimider« .

Ce nouveau FLNC adresse enfin un message au président François Hollande pour « commencer une nouvelle ère« . Il demande « la reconnaissance du fait colonial corse(…), l’initiation d’une révision constitutionnelle pour que le peuple corse puisse maîtriser son destin, et la libération de tous les prisonniers politiques« . Estimant qu’il n’est pas l’heure de déposer les armes, il espère obtenir rapidement une solution politique négociée.

Cette prise de parole rejoint largement dans son argumentation, sa structuration et sa coloration politique celle portée jusqu’alors par le FLNC-UC. Elle semble trouver sa justification avant tout dans un rapport de force interne à la clandestinité plus que dans des divergences idéologiques. Une traduction cagoulée des luttes qui agitent le mouvement public indépendantiste au bord de la rupture, même si les positions sur le fond, diffèrent à la marge sur les relations à avoir avec les nationalistes modérés et le rôle précis du mouvement clandestin entre ce FLNC dernier né et le FLNC-Union des Combattants.

http://corse.france3.fr/info/conference-de-presse-clandestine-du-flnc-74842375.html

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