Produit CORSU E RIBELLU

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 Mesdames, messieurs, chers amis, chers camarades, Bona sera a tutti, Semu a a strinta di u saccu ! Nous voici au moment des choix décisifs ! A en juger par l’impatience et la fébrilité de l’appareil UMP, on comprend que ses patrons locaux n’ont toujours pas digéré leur défaite du 6 mai dernier.

Ils voudraient même la faire oublier. Car ils savent bien que le pays tout entier respire un peu mieux depuis que le règne de Nicolas Premier, comme l’avait surnommé Patrick Rambaud, s’est enfin achevé. D’ailleurs, on n’entend plus le nom de Sarkozy dans cette campagne : on l’a chassé du vocabulaire comme on essaie de chasser un cauchemar ou un mauvais souvenir…

Les candidats UMP évitent également de brandir leur étiquette. Voyez le bulletin de vote de leur poulain ajaccien ; vous n’y trouverez qu’une mention qui renvoie plus à la méthode Coué qu’à un engagement politique : l’avenir est en marche ! Un point, c’est tout ! Le passé tout frais, si détestable et encore là, avec ces patrons voyous, ces destructions d’usines, cette précarité qui s’étend, les inégalités qui explosent et l’arrogance insupportable de l’argent, dopée par la politique du Président des riches ? N’en parlons pas ! Regardez ailleurs ! Regardez comme je suis jeune et ambitieux ! Je suis votre avenir ! Sarkozy ? Le bouclier fiscal pour les plus riches ? Le déremboursement des médicaments ? Les scandales financiers ? La docilité à l’égard du Medef ? L’austérité pour le plus grand nombre ? Arrêtez avec votre rétroviseur ! Vous êtes dans un passé révolu…Regardez devant ! Regardez-moi, je suis votre avenir ! Les hommes de l’appareil UMP, on les voit et on les devine dans l’ombre : ils s’agitent autour de leur poulain, rameutent les arrières gardes, l’accompagnent dans les bars, lui prédisent un destin municipal, lui chuchotent (en vain) un peu d’humilité pour dissimuler ses insuffisances, gonflent sa promesse d’avenir pour camoufler l’indigence de ses propositions. Quant au résultat électoral du premier tour, il est en net recul pour la droite gouvernementale : 1245 voix et 10 points de moins que le résultat cumulé de leurs candidats en 2007. L’héritier actuel de l’UMP évoque, pour relativiser son recul, les résultats des présidentielles successives pour asséner, comme une évidence, que la Corse est à droite et qu’elle doit le montrer à toutes les élections ! Eh bien, non ! Les choses ne se passent pas comme l’UMP le voudrait.

Les Ajacciens savent s’adapter aux enjeux des différentes élections: en 2007, ils avaient donné une majorité à Nicolas Sarkozy pour la présidence de la république, et une majorité à Simon Renucci pour l’Assemblée nationale. Cela s’explique : une partie importante de nos concitoyens choisissent, dans le même mouvement, le candidat qui porte leurs idées et celui qui, selon la nature de l’élection, représente le profil le plus rassurant ou bien celui qui incarne le moindre mal. Sauf coup de Jarnac politicien toujours possible en Méditerranée, le candidat le plus rassurant ou incarnant le moindre mal, c’est le plus souvent à gauche qu’on le trouve ! Ajoutons également qu’il y a, dans la capitale régionale, depuis qu’elle s’est libérée toute seule, et la première, de l’occupant fasciste, une belle tradition démocratique que nous nous sommes toujours efforcés de prolonger et d’enrichir. C’est un capital patriotique, républicain et communiste, qui ne s’évalue pas simplement en suffrages, mais en autorité morale et poltique.

Et, si depuis onze ans, la municipalité de gauche et d’union démocratique persiste, contre vents et marées, à équiper, moderniser, et faire respirer la cité impériale (comme on a coutume de la nommer), et si, en 2008, deux Ajacciens sur trois ont accordé leurs suffrages à notre équipe, c’est peut-être aussi parce que l’on nous voit au travail au service d’Ajaccio et non au service d’une minorité privilégiée, comme en haut lieu on en a vu l’exemple durant une décennie ! L’union démocratique, le rassemblement de toute la gauche est une nécessité ; c’est une nécessité pour Ajaccio, pour la Corse, pour la nation tout entière.

Nous le démontrons dans la gestion quotidienne de notre cité ; nous le démontrons à la Collectivité de Corse ; nous voulons le démontrer aussi au niveau national ; et nous appelons, à cette fin, toutes les électrices et tous les électeurs ,de gauche bien sûr, mais aussi tous les démocrates sincères, tous ceux qui veulent réduire les inégalités, relancer l’économie, étendre les libertés, assurer le progrès général de la société, à se rassembler au second tour des législatives. Au premier tour, on a choisi ; et le Front de gauche a progressé sensiblement, puisqu’il gagne, à Ajaccio, trois cents voix et plus de deux points par rapport à 2007. Sa progression permet d’ailleurs de compenser le léger retrait du maire et assure, pour l’essentiel, à toute la gauche le même résultat cumulé qu’en 2007. Sa particularité, c’est d’être représenté par le premier adjoint au maire d’Ajaccio (et non « adjoint à la ville» comme j’ai pu le lire ici ou là) et par une conseillère exécutive de Corse particulièrement efficace, tous deux politiquement autonomes mais solidaires de leur majorité, offrant ainsi l’image de la pluralité et de la force rassemblée de la gauche.

Nous démontrons ce soir – mais ce n’est pas une surprise – que notre force collective, dans le sillage de la présidentielle et de la victoire de François Hollande, offrira à la Corse un bon moyen de sortir de ses difficultés, grâce au sursaut démocratique de la nation tout entière. Les députés corses sont aussi comptables de la France ; ils participent en direct à faire les lois qui s’appliqueront à tout le territoire.

Ils représentent toute la nation, même s’ils sont les élus d’une circonscription. Le Front de gauche est heureux de contribuer à désigner, en Corse un élu de gauche auquel il pourra adresser des messages, des revendications, des aspirations et des besoins sociaux toujours plus criants que la crise et son cortège de souffrances ne manqueront pas de faire apparaître. Les électeurs du Front de gauche vont se mobiliser encore davantage, dans le temps qui reste, non seulement pour faire échec aux ambitions démesurées de l’UMP qui rêve d’une revanche parlementaire après son désaveu présidentiel ; non seulement pour battre la droite, mais aussi pour faire réussir la gauche avec le concours et sous le contrôle de nos concitoyens. Car c’est bien là l’enjeu de cette élection, réussir le changement, réussir la transformation sociale de notre pays, grâce à une sortie de crise qui, au lieu de pénaliser encore les plus faibles, répartira la charge sur les épaules des plus riches.

Nous confions donc cette noble mission à notre maire, et déjà député, Simon Renucci, pour qu’il porte, haut et fort, notre voix au Parlement. Nous avons confiance dans le jugement de nos concitoyens. Ils ont la tête dure : nos têtes résistent aux rumeurs et aux manipulations, et, surtout, elles contiennent des idées, des convictions, des souvenirs et un grand espoir.

Forti saremu si saremu uniti ! Vutate à manca !

Vutate à u nostru merri ! Vutate à Simone Renucci, é a Pasquale Miniconi !

 Paul Antoine Luciani, discours du 14 juin lors du meeting à Aiacciu

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