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Début mai, les clandestins ont renoué avec la pratique des nuits bleues. Un message destiné à rappeler à l’Assemblée de Corse et au gouvernement leur détermination à lutter contre « l’appropriation de la terre corse ». Et une reprise en main interne au mouvement.

– Fin mai, le FLNC n’avait toujours pas revendiqué la « nuit bleue » qui a eu lieu dans la nuit du 10 au 11 mai, aux quatre coins de la Corse, et qui a visé une vingtaine de résidences secondaires, sans doute dans le cadre d’une campagne de dénonciation de l’appropriation de la terre corse par des « étrangers ». Et la volonté de défendre « le droit de résidence » proposé par les nationalistes. Un message destiné à la fois aux élus territoriaux et à l’État qui, on le sait, devra accorder une modification de la constitution pour que ce « droit de résidence » puisse être légalisé en Corse, comme semble le vouloir une partie de l’Assemblée de Corse.

Cette nouvelle « nuit bleue », une pratique abandonnée depuis plusieurs années, est aussi une manière pour les clandestins de rappeler que, comme par le passé, ils sont toujours en place pour défendre « les intérêts du peuple corse ». Le choix de la date, après l’élection du nouveau Président Hollande qui n’a pas dit grand-chose en ce qui concerne la Corse, n’étant sans doute pas un hasard. Même si cette série d’opérations devait être préparée depuis quelque temps.

Ces attentats ont peut-être aussi une connotation interne qui signifie que les anciens du FLNC Union des Combattants ont repris la main sur ceux du FLNC 22 octobre qui, au sein d’un FLNC unifié, les avaient rejoints et avaient récemment tenté de les déborder. Notamment dans la plaine orientale. Un débat, après l’assassinat de Philippe Paoli et de Christian Leoni, qui s’était provisoirement conclu lors de la récente assemblée de Corsica Libera durant laquelle les militants du Rinovu (proches du 22) avaient été chassés de l’Exécutif du mouvement.

On resserre les rangs et il n’y avait qu’à voir les propos peu amènes qu’a tenus, lors d’un débat à Contrastu (France 3 Corse) François Sargentini, membre de l’Exécutif de Corsica Libera, à l’égard des leaders modérés (Gilles Simeoni) qui avaient osé condamner les récents attentats.

Toutes choses qui doivent être bien étrangers aux propriétaires des villas du Cap corse, de la Balagne, de la Costa Verde, du golfe d’Ajaccio ou de l’extrême sud qui ont vu leurs biens disparaître en fumée ou largement endommagés. Ceci à la veille du séjour estival qu’ils s’apprêtaient à passer en Corse.

Gilles Millet

 

 

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