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La scène se passe un soir d’hiver 2010 dans le cadre d’un repas de famille. Nous échangeons avec ma femme sur les conditions de constitution de la liste UMP aux élections territoriales, ce casting d’opérette qui déboucherait sur le décor que l’on sait et les résultats qui s’y attachent…

Ma femme comprend peu que je ne sois pas fixé sur mon sort et n’imagine pas que je puisse être « sacrifié » sur l’autel de la pondération des voix. Je me prépare et prépare cependant les miens à cette hypothèse. Je demande de croire que je n’ai pas souffert de cette situation, des interminables conciliabules, des improbables rumeurs et des petites lâchetés qui ont fini d’enlever mes dernières illusions sur la condition humaine dès lors qu’il est question de pouvoir.

Seules deux secondes m’ont véritablement blessé. La libre conversation que je nourris avec ma femme est subitement happée par la candeur et l’ingénuité d’un enfant de dix ans. Ma fille me fixant du regard, interroge son père : « Pourquoi ils ne veulent plus de toi papa ? » C’est long deux secondes pour un homme à qui on prête une certaine répartie. C’est surtout long deux secondes pour un enfant de dix ans.

Très long. J’ai puisé, je crois, dans ces deux secondes d’éternité, une force, une détermination qu’on ne soupçonne pas. Cette détermination n’a rien à voir avec de la rancœur ou des germes de revanche ; cette force a tout simplement à voir avec l’idée que l’on n’a pas le droit, lorsqu’on est engagé en politique, de laisser sans réponse un enfant de dix ans qui vous demande de lui construire son avenir. (Source)

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