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Selon le télégramme, les concours ne seront pas ouverts en 2012 pour le breton, le catalan, le basque, le corse et l’occitan. Cette suppression provoque un tollé des enseignants de langues régionales.

La note du ministère est arrivée vendredi aux présidents des jurys de Capes en langues régionales. Les concours ne seront pas ouverts en 2012 pour le breton, le catalan, le basque, le corse et l’occitan. L’an passé, dix postes avaient été ouverts pour ces cinq langues (*) ce qui, déjà, avait été jugé insuffisant. Les enseignements réunis au sein de la section langues régionales du Conseil national des universités (CNU) ont été les premiers à réagir.

Dans un communiqué, ils protestent contre «cette suppression qui porte gravement atteinte au potentiel d’enseignement de ces langues, à la pérennité au niveau des filières universitaires et, au-delà, au prestige de ces langues et de leurs locuteurs dans la société tout entière». «Cette mesure est d’autant plus grave et infondée qu’il n’existe pas d’autre concours que le Capes qui ouvre droit à l’enseignement de ces différentes langues. En effet, malgré de multiples demandes et projets, le ministère a toujours refusé jusqu’à ce jour la mise en place d’une agrégation de langue régionale», continue le communiqué. Les enseignants estiment que «la fermeture du Capes est un bien mauvais indice sur l’intérêt que portent le ministère et le pouvoir en place à la problématique de notre patrimoine linguistique et de ses locuteurs…».

Un ballon d’essai?

Charles Videgain, de l’université de Pau, président de la section langues régionales de la CNU, se disait hier «pessimiste». «On a pensé que la possibilité d’un Capes une année sur deux était envisagée mais là, aucune réouverture n’est annoncée à l’avenir, ce qui est plus grave. Nous nous demandons s’il ne s’agit pas d’un banc d’essai pour supprimer le Capes qui serait remplacé par le master». Hervé Le Bihan, président du jury pour le Capes breton, explique qu’il ne s’attendait pas du tout à cette décision prise sans concertation. «C’est un très mauvais coup aux langues régionales à un moment de désaffection pour le métier d’enseignement vue la dégradation des conditions de travail». «La suppression des Capes, c’est la prolétarisation des enseignants avec des vacataires et contractuels».

* Corse 2, basque 1, breton 2, catalan 1, occitan 4.

  • Ronan Larvor


 

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