Statut de DPS Ferrandi et Alessandri : Thierry Casolasco, Président de l’Associu Sulidarità « C’est l’incompréhension totale » – Revue de presse #Corse

(Unità Naziunale – Lutte de masse – Publié le 15 janvier 2021) Le 22 décembre, le Premier Ministre Jean Castex annonçait le maintien du statut de DPS (détenu particulièrement signalé) pour Pierre Alessandri et Alain Ferrandi. Les deux hommes, condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’assassinat du préfet Claude Erignac, sont incarcérés sur le continent depuis 1999.

La décision de maintenir le statut de DPS pour Alain Ferrandi et Pierre Alessandri a suscité de nombreuses réactions. Et pour cause : ce statut 8 | JDC 11246 | semaine du 15 au 21 janvier 2021 Ferrandi et Alessandri : les collectifs dénoncent une « vengeance d’État » CHRONIQUE JUDICIAIRE empêche entre autres un éventuel rapprochement pour les deux hommes, qui peuvent prétendre à une libération conditionnelle depuis 2017. Les avis favorables à la levée de ce statut par les deux Commissions DPS au niveau départemental et national, pourtant toujours suivis par la Chancellerie, n’ont pas été pris en considération. La classe politique corse s’est insurgée face à cette nouvelle : « Ce qui est en train de se passer est d’une gravité extrême », a déclaré le président de l’assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni, tandis que le président du conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni s’est dit « sous le choc ». Les organisations de défense des « prisonniers politiques » corses ont également pris acte de cette décision avec amertume. L’Associu Sulidarità et le collectif Patriotti dénoncent un geste « purement politique » qui s’oppose à la construction d’une société corse « apaisée »

Comment interpréter ce refus de levée du statut de DPS pour Alain Ferrandi et Pierre Alessandri ? 

C’est une décision purement politique. L’État français continue de se venger par le rejet de chaque demande émanant des prisonniers politiques concernés dans ce dossier. Nous espérions qu’Alain Ferrandi et Pierre Alessandri puissent rentrer en Corse. D’autant plus que lors de précédentes discussions avec le cabinet du ministre, la voix de l’apaisement était envisagée. Aujourd’hui, les prisonniers politiques sont traités encore plus durement qu’auparavant. Chaque demande est traitée très lentement avec à terme un refus quasi systématique. Logiquement, dans d’autres cas du même genre, des condamnés de droit commun auraient été libérés depuis longtemps. À minima, leur rapprochement aurait été prononcé. Personne n’est dupe : concernant les prisonniers du commando Erignac, ce sont des refus permanents.

Des refus permanents, mais vous aviez cette fois-ci une lueur d’espoir ?

La décision politique du FLNC en 2014 concernant le dépôt des armes a été significative en terme de volonté d’apaisement. C’était une action très réfléchie qui a permis de faire un grand pas politique. Il n’y a plus eu d’attentats, le FLNC a donc visiblement tenu ses promesses. Malgré ça, l’État français ne s’engage en rien sur le chemin pour la paix. C’est à se demander si cette volonté d’apaisement est réellement partagée. On ne demande pas un traitement de faveur, mais à ce que la paix soit pour tout le monde. De plus, la présence de députés nationalistes à l’Assemblée est aussi un élément qui laissait présager l’instauration d’un dialogue politique, dans un climat plus favorable. Mais finalement, c’est toujours un traitement spécifique. On prétend que le statut de prisonnier politique a disparu mais on a la preuve que l’État les considèrent bel et bien comme tels. Au bout de 20 ans de privation de liberté, les familles espéraient un avis favorable, le retour d’un père, d’un fils, d’un mari.

Un décret a retiré à Eric Dupont-Moretti le droit de statuer sur des personnes relevant d’affaires dans lesquelles il a été impliqué en tant qu’avocat. Qu’en pensez-vous ?

La nomination d’Eric Dupont-Moretti en tant que ministre de la justice avait donné de l’espoir à bon nombre. Il était certainement favorable à ce rapprochement et l’État croit marquer des points en fermant la porte à toute discussion. D’autant plus que l’actuel garde des Sceaux n’a jamais été l’avocat des prisonniers dont il est question, il ne s’agit donc pas d’un conflit d’intérêt mais simplement d’un prétexte parmi tant d’autres. Aujourd’hui, il n’y a aucune raison que Pierre Alessandri et Alain Ferrandi ne puissent pas être rapprochés des leurs. C’est l’incompréhension totale. On va porter la voix plus haut et plus loin, pour se faire entendre et comprendre.

• Interview réalisée par Laura Gatti

 

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