Produit CORSU E RIBELLU

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Près de 4 millions d’électrices et électeurs de toutes générations, de toutes conditions sociales et origines, près de 16 000 en Corse, ont choisi de voter Jean Luc Mélenchon. Les commentateurs les plus avisés décrivent ce résultat du Front de gauche comme un semi échec.

Qu’auraient-ils dit si, comme en 2007, ce courant d’idées à gauche, le seul engagé dans une politique de transformation radicale de la société, avait, dans le morcellement, obtenu un soutien trois fois moins important. Le contraire s’est produit et effectivement celles et ceux qui ont fait campagne, sur des propositions et un programme porteurs des valeurs de solidarité, d’humanisme, de résistance à la politique désastreuse du capital et de la finance, peuvent être fiers de cette belle campagne électorale avec Jean Luc Mélenchon et le Front de gauche.

Premièrement pour avoir affirmé à travers ce mot d’ordre « l’humain d’abord » qu’il fallait reprendre le pouvoir que les dirigeants du monde économique usurpent pour imposer aux peuples l’austérité et la pauvreté et garantir la stabilité de leurs profits spéculatifs.

Deuxièmement pour avoir confirmé le retour dans la vie politique française du mouvement ouvrier sans lequel les grandes conquêtes sociales et démocratiques n’existeraient pas dans ce pays : congés payés, sécurité sociale, services publics, droits syndicaux, retraite à 60 ans…

Troisièmement pour avoir combattu, seuls, le FN et son discours de rejet de l’autre différent, de stigmatisation, non pas des dirigeants capitalistes, mais de leurs victimes en les opposants entre elles selon la méthode ancestrale du patronat.

Quatrièmement pour avoir défendu le SMIC à 1700 €, la retraite à 60 ans, les 35 heures, le droit au logement social, à la santé, la justice fiscale… dans le cadre d’une juste répartition des richesses tellement réaliste que Mme Parisot et le MEDEF, effrayés par l’adhésion populaire à ces propositions, se sont empressés d’y opposer un refus de classe catégorique.

Qui peut leur reprocher d’avoir mené ce combat, toujours seuls, et ne pas saluer l’engagement militant nouveau annonciateur, par sa jeunesse, sa dimension populaire et l’intérêt revivifié de femmes et d’hommes nombreux qui s’étaient écartés de la politique, d’un avenir prometteur. Par conséquent, de ne pas avoir atteint le noble objectif de passer devant la candidate du FN n’est pas une défaite encore moins s’il on s’en tient à l’attitude des autres candidat(e)s et particulièrement de celui de l’UMP dont la campagne s’est articulée à celle du FN pour échapper à une lourde sanction de sa politique gouvernementale.

RGPP, bouclier fiscal, mise en concurrence des services publics, casse de l’Education nationale, du système de protection sociale, et pour finir abondance d’argent public, pour sauver les amis banquiers en déroute, et les laisser spéculer contre la dette publique de la France, voila rapidement résumée cette politique antisociale inscrite au menu du G 20 et conforme aux capitulations devant Madame Merkel et les dirigeants d’une Europe accrochés aux principes ultralibéraux pourtant rejetés par les peuples.

Les enjeux du second tour demeurent ainsi à un haut niveau d’exigence sociale et politique. C’est la raison pour laquelle il faut réussir un grand Premier Mai avant de battre, le 6 mai, Nicolas Sarkozy le candidat de droite, devenu otage de l’extrême droite, de la démagogie antirépublicaine populiste et xénophobe véhiculée par la famille Le Pen. Face à ce danger, d’une société d’intolérance, on ne peut, comme le font les dirigeants nationalistes, s’en tenir au constat et rester dans la neutralité en attendant les législatives.

Dans tout le pays et sans doute plus en Corse compte tenu de l’urgence sociale, le dimanche 6 mai constitue dans le contexte politique actuel le rendez-vous à ne pas manquer pour un autre choix de société. Après la nécessaire mobilisation dans la rue le Premier Mai, il faudra faire entendre ce message progressiste jusque dans les urnes avec le seul le bulletin de vote qui le permet encore celui de François Hollande.

Michel Stefani

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