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Furiani : près de 20 ans après la catastrophe, un livre de témoignages à but caritatif, co-écrit par une quinzaine de journalistes et publié par l’UJSF section Provence.

Que faisiez-vous le 5 mai 1992 ? Les moins de vingt ans auront du mal à répondre. Les autres se souviennent forcément de ce qui aurait dû être une demi-finale de Coupe de France entre le SC Bastia et l’Olympique de Marseille. «Furiani n’est pas la plus grande catastrophe du foot français, mais du sport français», rappelle Alexandre Jacquin, journaliste à La Provence et coordinateur avec Gérard Poncié de l’ouvrage « Furiani 20 ans », qui a été officiellement présenté hier à la bibliothèque départementale des Bouches-du-Rhône. Bref rappel des faits : le 5 mai 1992, à 20h20, le haut de la tribune Nord du Stade Armand-Cesari à Furiani s’effondre. Bilan : 18 victimes, 2.357 blessés.

Un livre de témoignages…

Près de vingt ans après la catastrophe, un livre voit donc le jour. Il est co-écrit par un collectif de journalistes de la section Provence de l’Union des journaliste de sport en France (UJSF). « Le 16 décembre dernier, au cours de notre assemblée générale, j’ai évoqué le triste 20e anniversaire qui se profilait, explique Gérard Poncié, président de la section depuis 2005. J’ai demandé à tous les membres de réfléchir à une action que l’on pourrait mener, action qui serait plus que symbolique.»

Deux jours après, Alexandre Jacquin propose la réalisation d’un ouvrage. Début janvier, une quinzaine de journalistes se mettent à l’œuvre.

« C’est un livre de témoignages des familles endeuillées, des journalistes tombés (de la tribune), des acteurs de cette triste soirée », résume Poncié. « Ce n’est ni une enquête ni un livre polémique, confirme Jacquin, mais un livre dans lequel tous ceux qui ont perdu un être cher et ceux qui ont été marqués par ce drame ont laissé parler leur émotion. »

Rémi Lacassin est allé rencontrer les familles de victimes à Bastia. Sur les dix-huit, quinze ont accepté de témoigner, « une a souhaité nous adresser un texte avec une photo de la personne disparue, et deux ont poliment refusé mais se sont associées pleinement à notre projet, en nous disant que même 20 ans après, il était encore compliqué pour elles d’en parler », raconte l’ancien journaliste de La Provence, aujourd’hui indépendant. « Je n’ai cherché à convaincre personne (…) J’ai juste dit : +On va faire un livre, ça va être des témoignages, libre à vous d’y participer. On ne va rien vous imposer.+ (…) J’étais persuadé que chaque famille raconterait une histoire différente, et c’est le cas. Il y a un drame en commun, mais 18 histoires différentes. »

Figurent également dans le livre les récits de journalistes et photographes présents dans la tribune qui s’est effondrée, au bord du terrain ou dans les salles de rédaction ce soir-là. Les acteurs du match devenus soudainement témoins d’un drame et les personnes ayant participé aux premiers secours apportent aussi leur pierre à l’édifice.

… à but caritatif

Les faits qui ont précédé la catastrophe et ceux qui ont suivi ouvrent et referment ce livre à but caritatif. Car, insiste Gérard Poncié, « les quinze journalistes qui y ont participé sont bénévoles, et tous les bénéfices iront à l’achat de lits médicalisés pour les hôpitaux de Marseille et de Corse ». D’ailleurs, explique Rémi Lacassin, « certaines familles ne m’auraient pas reçu si le livre n’avait pas été à but caritatif et m’ont dit : +Je n’ai jamais témoigné, je témoigne pour vous parce que c’est pour une bonne cause. C’est dans un livre, c’est écrit, je n’en reparlerai plus jamais.+»

GAEL BIRAUD

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