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Durant des mois, nous avons attiré l’attention de l’opinion corse, des élus et des pouvoirs politiques français sur la question des prisonniers politiques. Nous n’avons cessé d’exiger comme la loi française le prévoit, leur rapprochement dans l’île. Après bien des péripéties et nombre de mobilisations, malgré de multiples promesses réitérées par les plus hautes instances de l’Etat lors de visites en Corse (Nicolas Sarkozy et ministres..) notre demande, relayée par les élus de la CTC auprès de Paris, a conduit à l’annonce qui s’avèrera mensongère de la prise en compte de cette revendication légitime. Si quelques rapprochements (dont celui important de Charles Santoni) dont on ne pouvait que se féliciter, ont été opérés, nous étions en droit d’attendre que, progressivement, tous les détenus en fin d’instruction ou définitivement condamnés (donc n’étant plus astreints à des convocations chez leurs juges) soient rapprochés de leurs familles et rentrent en Corse… D’autant que si la prison de Borgu s’avérait trop peuplée,  le pénitencier de Casabianda, où sont détenus des prisonniers sexuels dans des conditions autrement idylliques, aurait pu être facilement aménagé pour accueillir des prisonniers politiques au comportement digne et exemplaire en prison.

Or aujourd’hui, nous ne pouvons que constater que cela ne s’est pas produit. Les promesses faites à grand renfort de publicité non seulement n’ont pas été tenues, mais de plus, les conditions de détention des prisonniers corses se sont détériorées, alors que les familles, du fait de l’éloignement, connaissent une deuxième peine au vu du véritable calvaire qu’elles subissent dans leurs longs et coûteux déplacements pour aller leur rendre visite

La vie dans les prisons françaises

Les peines sont très lourdes, voire démesurées eu égard aux faits politiques qui leur sont reprochés. Assimilés de facto à des droits communs, du fait du refus de tout statut de prisonnier politique pour eux, ils sont astreints aux dures conditions des prisons françaises.

–          Ils subissent les dures épreuves inhérentes à leur  statut automatique de DPS (Détenus Particulièrement Surveillés)

–         Au plan santé, il n’y a aucun suivi. L’exemple de Paul Istria qui n’a toujours pas depuis plus d’un an les soins de dents appropriés, ce qui risque d’avoir des conséquences graves à terme pour lui

–         Au plan de la nourriture, celle-ci est loin d’être satisfaisante : les plateaux-repas sont immangeables, ce qui, du fait d’une nourriture peu équilibrée, provoque d’inquiétantes conséquences sur les estomacs (carences alimentaires). Les cantines sont très chères et les produits vendus sont peu variés.  Certains ne disposent même pas de frigo pour cantiner quelques produits frais.

Le manque d’hygiène est insupportable (au mieux trois douches par semaine). Rien ne justifie un tel manque d’hygiène de vie, sinon une volonté de durcir leurs conditions de détention pour les punir.

–         Ils sont soumis à des GAV (Gardes à vue) à répétitions et à un harcèlement moral continu.

–         Ils n’ont pas le droit à un quelconque loisir ou divertissement, certains choix de livres leur sont refusés la plupart du temps tout comme les CD ou les DVD. Il ne leur reste que le sport, lorsque les installations le permettent et qu’ils peuvent le pratiquer, la télévision pour les abrutir ou les rares promenades dans la cour !

–         Ils n’ont pas droit au téléphone pour la plupart et se voient refuser le minimum de liens qu’ils pourraient avoir avec leurs proches, ce qui s’ajoute aux épreuves des familles contraintes à un véritable « chemin de croix » pour et durant leurs visites.

–         Pour les parloirs. Ils devraient avoir droit à trois parloirs par semaine, mais du fait du coût des voyages (400 euros minimum pour 30 ou 40 mn de parloir) les familles et les proches ne peuvent leur rendre visite qu’une fois par mois pour la plupart…

–         Les conditions de visites de leurs proches au parloir, sont scandaleuses : les cabines de parloir  sont minuscules et sales de crasse, et ils sont séparés de leurs familles par un mur !  A cela s’ajoutent les vexations et les brimades permanentes du personnel de surveillance vis-à-vis d’eux et de leurs familles venues leur rendre visite qui sont souvent humiliées par les comportements douteux et répressifs de certains surveillants trop zélés.

Sur la totalité des détenus politiques, le rapprochement n’est que minime.  Alors qu’il devait profiter en priorité à ceux définitivement condamnés, puis logiquement à ceux dont le dossier d’instruction aurait été clos, seuls 4 prisonniers sont rentrés à Borgu depuis « l’annonce  de Mercier »

Les condamnés

Thierry Casolasco croupit toujours en maison d’Arrêt à Fresnes, alors qu’il a été définitivement condamné à 9 ans d’emprisonnement

Xavier Gardella lui aussi condamné à 7 ans est toujours en maison d’arrêt. Sa compagne n’a toujours pas droit au permis de visite.

Thierry Gonzales quant à lui, vient de rentrer sur Borgu, mais il n’a toujours pas de permis de visite.

Olivier Peretti, condamné à 7 ans d’emprisonnement, a été rapproché sur la prison de Borgu puis a été retransféré sur la prison de Bois d’Arcy, région  parisienne, avec une nouvelle mise en examen, suite à une nouvelle  GAV alors qu’il était en prison. Alors qu’il est déjà condamné, il se trouve en maison d’arrêt, dans des conditions de détention déplorables.

Ceux en attente d’un procès

Ils sont tous emprisonnés dans la région parisienne. Leurs dossiers étant clos, alors qu’ils n’ont plus à se rendre chez des juges, leur éloignement est totalement injustifié (Paul Istria, Joseph Nasica, Christophe Gianesini, Marco Gaggiari, Anthony et Ange-Marie Païs, Jean-Marie Pitilloni, Julien Alessandrini, Jean-Do Mattei…  sans oublier ceux du dossier Erignac, dont le rapprochement a été annoncé pour après  le procès Colonna, tandis qu’Alain Ferrandi et Alessandri Pierre ssemblent exclus de toute éventuelle possibilité de rapprochement.

Les instructions en cours

Seuls  4 ou 5 prisonniers politiques ont une instruction en cours : Eric marras, Pierre Thomas Fili, Patrick Tesi, Marc-Antoine Colleoni, Sampieru Andreani.

Nous réitérons notre soutien total à tous les détenus et à leurs familles. Nous rappelons que la répression n’est pas une solution au problème politique corse. La situation qu’ils subissent étant intolérable, nous exigeons que les prisonniers politiques corses soient traités avec humanité et respect.  Nous exigeons  l’amélioration de leurs conditions de détention. Nous continuerons à nous mobiliser pour le statut politique pour les patriotes corses emprisonnés (regroupement, droit de réunion,…) pour le respect de la loi en matière de rapprochement, en rappelant que notre objectif reste la libération de tous les patriotes corses emprisonnés.

Nous réaffirmons avec force, en interpellant les élus et les pouvoirs publics français, que les prisonniers corses font partie du problème politique corse dont ils sont la conséquence, et qu’ils  devront faire partie de la solution politique que nous réclamons pour la Corse, solution politique passant par la reconnaissance du Peuple Corse et de ses Droits sur sa terre

Nous exigeons le rapprochement de tous dans les plus brefs délais et au-delà de la loi le spécifiant, nous exigeons leur libération à terme. Nous demandons l’arrêt des assignations à résidence hors de Corse (Olivier Sauli…) de certains anciens détenus politiques.

Nous voulons des actes concrets et non plus des promesses à répétition

Basta a ripressione : Libertà per tutti i prighjuneri pulitichi corsi

Corsica Libera  (Commission anti-répressive)

 

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