Produit CORSU E RIBELLU

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(Unità Naziunale Publié le 24 février 2019) L’attribution des lignes de desserte de la Corse par délégation de service public s’inscrit pleinement dans un cadre néo-libéral. Il ne s’agit pas d’une opération « neutre », sans enjeu majeur.

Sur fond de déréglementation de l’ensemble du secteur des transports, des compagnies maritimes se livrent à une concurrence dont le but réel est de s’emparer de marchés juteux. Le transport du fret et les flux touristiques font l’objet principal de ce bras de fer entre opérateurs privés. Notons que ces derniers bénéficient de l’argent public pour exercer leurs activités.

Dans ce contexte, les intérêts collectifs et ceux des travailleurs de la mer ne comptent pas. Des sociétés dont le siège social se trouve au Luxembourg et une holding dont les actionnaires principaux sont fortement positionnés dans l’industrie du tourisme n’ont comme unique préoccupation que la réalisation maximale de bénéfices.

C’est ainsi que les communications de ces entrepreneurs tendent à faire passer leurs intérêts pour ceux de l’ensemble de la société corse. Cette propagande ne résiste pas à l’analyse des faits. Ce qui se joue est la mainmise sur un des éléments de la chaîne industrielle que constitue le tourisme.

C’est aussi l’exercice du pouvoir qui est en cause. Pouvoir qui ne se concentre pas dans la collectivité unique, pas plus que dans les collectivités locales, mais bien entre les mains d’une minorité qui détient les leviers économiques.

La privatisation de notre pays, de nos moyens d’existence et espaces de vie est déjà fortement avancée. C’est sur ce point critique que portent les véritables enjeux.

D’ailleurs, les travailleurs de la Méridionale en payent le prix fort et se mobilisent pour la sauvegarde de leurs emplois. Cette lutte reçoit notre soutien sans restriction aucune et nous appelons tous les Corses conscients des enjeux à les soutenir par tous les moyens des mobilisations publiques.

Mais il nous faut collectivement travailler à obtenir la véritable solution que constitue la création d’une compagnie corse de service public, seule perspective à même de garantir à la fois les intérêts matériels et moraux des travailleurs de la mer et nos intérêts collectifs.

Plus un euro public ne doit bénéficier au privé. L’argent public, celui des impôts directs et indirects que nous payons, doit être exclusivement affecté à la satisfaction et au service du Bien Commun.

Mettons un terme aux bricolages et imposons notre légitimité face à une pseudo légalité libérale totalement étrangère à nos intérêts collectifs.

A Manca