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(Unità Naziunale Publié le vendredi 18 janvier 2019) A l’occasion de la Conférence sociale qui s’est déroulé ce lundi 14 janvier 2019 à Bastia, Pierre Poggioli a transmis aux organisateurs une contribution à verser aux travaux de cette conférence.

Cette contribution a été transmise le 11 janvier 2019 à : Mr Gilles Simeoni, Président de l’Exécutif de la Collectivité de Corse, Mr Jean-Guy Talamoni, Président de l’Assemblée de la CDC, Mr Jean-Christophe Angelini, Président de l’ADEC, Mr Paul Scaglia, Président du CESVC.



Voici les 23 pages :

Pour une véritable justice sociale dans l’île

Introduction : le contexte actuel dans l’ensemble français

Le 17 Novembre, a débuté un mouvement de protestation contre les hausses des taxes prévues pour les carburant. Très vite, le mouvement allait devenir au fil des semaines et des mobilisations, une révolte populaire pour le pouvoir d’achat, une meilleure répartition des  impôts et pour de meilleures conditions de vie.

De fiscale, la colère devenait sociale.

Au fil des mobilisations, malgré les annonces du gouvernement, jugées  insuffisantes et tardives  au regard de la profondeur de la crise, le mouvement n’a pas faibli depuis, et, alors que les autorités gouvernementales et leurs soutiens se plaisaient à dire qu’il était en régression voire en fin de parcours,  le dernier Acte 8 a au contraire montré sa vitalité et da détermination.

Et aujourd’hui, la crise est devenue politique.

Désormais, la question qu’on peut se poser est de savoir si les derniers évènements après l’Acte 8 ne sont-ils pas le signe des soubresauts d’un Système/régime en fin de course ?

Dans tous les cas, force est de reconnaître l’incapacité/l’entêtement au plus haut niveau des instances étatiques françaises à la non prise en compte, voire la volonté d’occulter les raisons de fond de ces mobilisations populaires..

La crise débutée le 27 novembre a donc encore des beaux jours devant elle, et les mobilisations continueront…..

Nul ne sait quelles seront les conséquences de la situation actuelle, malgré les affirmations des « experts éclairés» et des soutiens gouvernementaux, mais ce qui est sûr, c‘est que la majorité des gens qui se mobilisent,(et qui ont un réel soutien au sein de la population même non présente sur le terrain) traduit une exaspération et un rejet de celles et ceux qu’ils estiment, à tord ou à raison, responsables de la situation actuelle dont ils s’estiment victime, à savoir les élus, responsables politiques/syndicaux/institutionnels ou autres, qu’ils jugent de plus en plus hors-sol et coupés des réalités et souffrances quotidiennes du peuple…

Pourquoi ces mobilisations ?

Traduction du ras-le-bol de la majorité du peuple, elles ne sont que la conséquence criarde de la réalité d’une double fracture :

1) De la Fracture territoriale, entre les zones péri-urbaines et rurales, les campagnes d’une part, (loin des infrastuctures, des services publics, loin des centres de comunications, de circulation, et de décision,…), abandonnées, marginalisées, oubliées depuis des années, et d’autre part les grandes concentrations urbaines, (surtout Paris), où tout passe et tout se décide, par de prétendues élites (financières, intellectuelles, médiatiques, élues, institutionnelles) de tous ordres qui ignorent et/ou méprisent le reste de la population qui constitue pourtant la majorité du peuple…

On pourait ajouter à cette fracture, une Fracture numérique qui, avec le développement des nouvelles, s’impose à tous de plus en plus.

2)  De la fracture fiscale et économique/sociale entre :

  • d’une part la majorité des classes dites moyennes (surtout basses et moyennes ), petits salariés, travailleurs pauvres, retraités, étudiants, jeunes traailleurs, chômeurs longue durée, ouvriers, petits commerçants/ artisans/industriels/agriculteurs/pêcheurs, fonctionnaires, travailleurs indépendants, travailleurs pauvres, professions libérales.. surtout, – et des « pauvres », (qui survivent de minimas sociaux)-,  celles et ceux, le plus grand nombre des citoyens , dont le pouvoir d’achat diminue, (alors que le coût de la vie augmente), sous l’effet des taxes et impôts divers, voyant leur avenir s’assombrir, alors qu’ils travaillent, qu’ils ont un emploi et qu’ils aspirent simplement à vivre dignement de leur travail, à faire vivre leurs familles, mais qui ont un salaire  « de misère »…. à savoir la “Plèbe”, le “Tiers-état”, comme diraient certains. Ils sont de plus en plus les laissés pour compte des politiques suivies depuis des années par les divers gouvernements et décideurs, quand ils ne sont pas pris pour des vaches à lait (impôts et charges fiscales de tous ordres réduisent toujours plus leur pouvoir d’achat, rendent difficiles leurs projets d’avenir et leurs fins de mois, et les tirent vers le bas de l’échelle sociale, les rapprochant du minimum vital « représenté par les minimas sociaux », leur enlèvant l‘envie et les moyens d’entreprendre et de créer, pour en faire des « assistés du système »….

Le tout accentué par les politiques d’austérité, sur fond de mondialisation économique, imposées en France et en Europe au profit de la finance internationale et des banques..

  • et d’autre part les partis politiques français au pouvoir, les élites pseudo ou auto-proclamées, surtout parisiennes, les classes supérieures et les nantis, les hauts salaires des patrons et cadres de la hautes fonction publique ou para-publique, de certaines institutions ou des grandes entreprises du Cac 40… Seules, et depuis des décennies, sont bénéficiaires des politiques gouvernementales les classes supérieures, les nantis, les privilégiés, et ce alors que les entreprises du CAC 40 engrangent les bénéfices, (dont les actionnaires n’ont jamais été ausi gâtés depuis 10 ans – source https://twitter.com/le_Parisien/status/1083024869716094976) – )

sur fond de chômage et de pauvreté/précarité/exclusion sociale et territoriale, qui augmentent…

L’écart entre les salaires du bas et ceux du haut devient de plus en plus insupportable, (un des plus importants de l’Union européenne), de même que la politique consistant toujours à ponctionner les petits salaires, les plus nombreux, pour compenser des dépenses publiques ou soi-disant publiques, ( dans le sens de l’intérêt général !!) que l’UE et le standing de l’Etat imposent pour le grand bien des intérêts financiers internationaux et de celles et ceux qui les servent..

Aujourd’hui

Le prix des carburants n’est que la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, car nombre de gens ont besoin de se déplacer sur nombre de Kms , (surtout chaque jour pour gagner leur vie et faire vivre leurs familles). Et la politique de déni consistant à opposer cette revendication à la « révolution énergétique », nécessaire, est une tentative minable de diversion… en oubliant que l’écologie ne peut être vécue de la même façon dans les plus petits villages, désertifiés et si nombreux pourtant des campagnes profondes, que dans les grandes agglomérations asphyxées et polluées.. Il est désormais évident aux yeux de tous que la question de la “hausse envisagée du prix du carburant, présentée comme nécessaire au vu du coût de la Transition énérgétique”, a été certes le facteur déclenchant de la crise actuelle, aggravée par le fait que les citoyens ressentent avec force une forme de mépris et de refus du dialogue de la part des gouvernants français, mais que le fond du problème est la mutiplication des taxes et impôts divers tombant sur la majorité de la population qui connait de plus en plus de difficultés sociales, qui est tirée vers le bas et qui n’en peut plus de toujours devoir payer, alors qu’une minorité engrange…

D’où la colère des zones périphériques et péri-urbaines, du monde rural, loin des grandes concentrations urbaines, (et la Corse, île, en fait partie dans son intégralité) – Fracture sociale/fiscale/économique– fracture «pays légal» ( celui que nous combattions en Corse jusqu’à il y a peu) et «pays réel» ( celui dont nous nous revendiquions jusqu’à il y a peu)…

La politique de Macron, sur fond de mondialisation économique, calquée sur les politiques d’auxtérite de l’UE, a accentué ces fractures, mais les gouvernements qui l’ont précédé ont fait de même… et aujourd’hui les mobilisations populaires ne sont que la marque d’un ras-le-bol généralisé, au-delà des partis politiques, syndicats et corps constitués, de toutes celles et ceux, la grande majorité du peuple, souffrant de sa politique au profit des plus riches et des privilégiés.

La crise économique et sociale actuelle

Elle touche d’abord les plus pauvres et les plus démunis, mais impactant durement aussi les classes moyennes, et c’est bien tout l’édifice social et sa cohésion d’ensemble qui sont aujourd’hui menacés. Le changement radical de politique du Président de la République et du Gouvernement est donc indispensable.

L’avenir

Nul ne  le sait vraiment mais demain ne sera plus un long fleuve tranquille…  et des changements, en bien ou en mal se produiront inéluctablement, en France, et bien entendu en Corse aussi, car les responsables, qui se situent à Bruxelles, (technocratie et banques..), et a Paris, depuis plusieurs dizaines d’années, ne font qu’appliquer désormais une politique décidée et imposée par Bruxelles.. et aussi parce que la Corse, du fait de la mondialisation, la subit, au-delà de la politique coloniale imposée par l’Etat français à l’île depuis Pasquale Paoli.

Alors crise fiscale, puis sociale… bientôt ou déjà institutionnelle voire constitutionnelle..

Des réformes sur ces plan-là s’imposeront donc tôt ou tard pour une sortie de crise… et peut-être pourrons-nous alors connaître des évolutions en profondeur chez nous aussi, des changements  qui  pourraient  peut-être permettre à l’île de faire valoir enfin ses spécificités, son originalité, son identité et ses droits collectifs.. dans un autre cadre que celui subi aujourd’hui, à savoir « un peuple, une langue, une nation, une République une et indivisible », et une Europe qui, sous peine d’éclater ne devra plus être celle des états-nations qui décident de l’avenir de tant de peuples sans états, une Europe qui ne fait que la politique économique voulue par les grands groupes financiers et les trusts..  .

 

Corse

Chez nous, ces deux fractures, alimentées par la politique de déni de l’Etat et de ses relais locaux depuis des décennies dans l’ile, intéressent (nolens volens) et impactent la totalité du territoire insulaire, zone périphérique naturelle (même si aujourd’hui s’installe une distorsion rural-zones péri-urbaines et villes du littoral, alors que jusqu’aux années 80, le rural était majoritaire en population et comptait plus dans la représentation de l’île)…

Dans le domaine économique et social, la Corse est structurellement plus impactée que les régions et territoires français de droit commun par les difficultés actuelles, (notamment prix du carburant et pouvoir d’achat ).

Plusieurs raisons :

– Le taux de pauvreté, avec plus de 20% de la population vivant au- dessous du seuil de pauvreté ;

–  Le cloisonnement interne de la Corse, et sa nature d’île-montagne ;

–  Le caractère moins développé que sur d’autres territoires des transports en commun…

–  Enfin et surtout, les prix du carburant et des produits de consommation courante, plus élevés en Corse que dans l’Hexagone (environ 10 à 12 centimes d’€ par litre pour le carburant : jusqu’à + 10 à + 20% pour le panier moyen du consommateur dans les grandes surfaces).

Cette situation n’est plus supportable et nous devons nous donner les moyens d’identifier de façon incontestable les raisons de ces surcoûts, pour les faire disparaître ou les compenser.

Rappels

Après le désert de l’après-guerre et les “30 Glorieuses”, nous sommes entrés dans une économie de marché, et depuis le tourisme semble la réponse à tout. Le résultat s’est traduit par un chamboulement économique, social, sociologique et sociétal qui fait que la Corse, est  aujourd’hui confrontée à de nombreux enjeux et dangers multipliés par notre “inclusion” dans la mondialisation économique et le règne de l’ultra-libéralisme.

Résultat, nolens volens,  sous sommes devenus, aujourd’hui, une « petite France » au niveau fiscal, social/économique, et sociétal, (sur fond d’ententes plus ou moins diverses et variées d’une minorité qui profite de la situation et du système, tandis que la majorité est de plus en plus dans les difficultés de tous ordres, et qu’une économie souterraine produite par les activités délictueuses, dite « économie grise » se développe dangereusement).

Cette  métamorphose  vers une Corse mondialisée se caractérisant aussi par une fracture territoriale se développant chez nous aussi (Cf. derniers chiffres INSEE, avec une implantation massive de personnes débarquées chez nous autour des grandes agglomérations, (littoral) tandis que le rural et les zones péri-urbaines, non littorales (la Corse profonde ??) deviennent un  désert économique et humain…

Le conflit social de 1989 en Corse

Les questions d’aujourd’hui ne sont pas nouvelles dans l’île. Elles ont été soulevées depuis longtemps et l’on attend toujours des solutions adéquates… en vain. En 89, lors du conflit social le plus long et suivi de Corse, l’île était paralysée, il a fallu batailler longtemps dans les réunions pour que les nationalistes y participent.. Les arguments « contre », très basiques/primaires/caricaturaux d’alors entendus dans les réunions nationalistes  (les réseaux sociaux n’existaient pas encore)  étaient entre-autres, « les fonctionnaires qui manifestent ce sont des Français, les chansons du genre, « la prime on la veut, la prime on l’aura, », ce sont des chants et et les mots d’ordre “Tous ensemble – Tutt’inseme”  et/ou en farandole…  étaient des mots d’ordre et des « attitudes gauloises ».. les fonctionnaires sont des privilégiés, les syndicats sont des syndicats français… et j’en passe….

Et 30 ans après , remake des arguments en boucle sur les réseaux sociaux. Sans parler des va-t-en-guerre par procuration qui se gaussent sur les modalités pacifiques de manifestants, arguant qu’il fallait d’autres types d’action plus véhémentes… à condition que ce soient d’autres qui les fassent, bien entendu.. “Armons-nous et partez”!.. sans parler souvent même de la reprise de la désinformation de certains médias, voire même et du gouvernement pour discréditer les mobilisations..

A la fin du du Conflit social de 89, (le plus long de ‘après-Guerre dans l’île), avec la Mission Prada, les syndicats, dans des négociations « branche par branche », avaient obtenu certains acquis, mais le gros des revendications avait au final été laissé de côté.  Les quatre tables rondes de Michel Prada, malgré l’affluence des participants, avaient alors «accouché» d’un Rapport énonçant des lieux communs. Et depuis Ajaccio et Bastia, ont continué à être les villes les plus chères, tandis que les salaires en Corse restaient les plus bas malgré l’obtention de la prime d’insularité.  .

De la même façon, durant le Conflit social de 95, comme en 89, les mobilistions avaient mis en avant la cherté du coût de la vie dans l’Ile, (+ 20 %), revendication des salariés concrétisée par la mise en place d’un Observatoire des prix à la Préfecture! (Tous les syndicats y participant), chargé d’établir une comparaison entre les prix pratiqués dans l’Ile et d’autres régions de l’Hexagone, pour trouver des solutions et abaisser le coût de la vie dans l’Ile, plus élevé que partout en France.

La société corse impactée

En 2019, la société Corse est toujours impactée à tous les niveaux.. (Social : Avec un habitant sur cinq vivant sous le seuil de pauvreté, la Corse, “région de province” la plus touchée par la pauvreté monétaire-Rapport INSEE-Statistiques sur la pauvreté monétaire touchant les différentes régions françaises .   

Nè casa, nè tettu

La précarité touche plus d’un ménage sur cinq dans l’ile. Vivre sous le seuil de pauvreté tout en travaillant, c’est selon l’INSEE, le quotidien de 20% de la population Corse. Il y a les travailleurs pauvres, les chômeurs, les étudiants ou les retraités en difficultés, puis il y a ceux qui n’ont pas de domicile, surtout dans les villes. Même si, dans nombre de villages, nombre de Corses ont encore la chance d’avoir une maison léguée par leurs parents après une vie de dur labeur, même si souvent beaucoup ne peuvent même plus, faute de moyens procèder à des réparations au fil des ans.

Et, contrairement aux idées reçues, les aides sociales sont peu demandées en Corse, particulièrement dans les villages, où nombre d’entre-eux dans le besoin n’expriment guère leur détresse publiquement, (Source – Le monde : 4 janvier 2019 –   https://t.co/odY8yRCC3U ) ( Source – France 3 Corse Via Stella : 5 janvier 2019 –  https://t.co/Wx36dci1wD )

#Corse#France-Idées reçues – 60000 personnes dans la pauvreté sur 330000 habitants et les Corses sont parmi les moins à demander aides auxquelles ils ont droit !

Face à une précarité qui ne cesse de s’intensifier en Corse, avec l’arrivée quotidienne dans l’île, s’ajoutant à nos “pauvres” nustrale, de nombre de meurtris de la vie, seuls ou en familles, surtout hommes et femmes isolées, qui viennent dans l’île, croyant que “la misère est plus facile à vivre au soleil” ou attirées par les annonces publiées sur les sites de recrutement dans l’Hexagone, faisant état de nombre d’emplois à assurer dans l’île, (voir campagne des grands centres commerciaux depuis 2016)

La lutte contre la pauvreté

Cette pauvreté gagne du terrain chez nous. Elle concerne désormais près de 20% de la population, ( taux de pauvreté de 19,8%, 18% en Corse du Sud, 22% en Haute-Corse), et majoritairement les ménages de moins de trente ans. Nous décrochons ainsi la peu glorieuse 1ère place nationale devant les Hauts de Seine et PACA.. Elle doit demeurer une priorité pour toute société qui s’honore, et en ce domaine, il faut tirer le chapeau à toutes celles et ceux qui  sont au quotidien sur le terrain..  chacun essaie de se mobiliser, les diverses associations, (Restos du coeur, asociations caritatives, Secours catholique, Secours populaire, Croix rouge, coordination de lutte contre l’exclusion (CLE), pouvoirs publics sans oublier les initiatives individuelles,.. nombreuses et actives. Toutes et tous  occupent bien ce terrain de la lutte contre la précarité et de la pauvreté. Le Dr Penin, entre-autres, a suffisament fait état de la pauvreté/précarité dans l’île..

Le Rapport de l’INSEE

Les inégalités de niveau de vie y sont importantes. Sans les prestations sociales et les impôts, les écarts entre les plus pauvres et les plus aisés seraient bien plus forts. Sur l’île, la part des prestations familiales dans le revenu disponible des ménages est plus faible qu’ailleurs, celle des minimas sociaux plus élevée. Par ailleurs, les retraites et pensions jouent un rôle essentiel, notamment dans les communes hors influence urbaine…

En 2014, 20,3 % de la population corse vivait sous le seuil de pauvreté contre 14,5 % en moyenne Hexagonale. Ainsi, 54 720 personnes font partie d’un ménage où le revenu disponible par unité de consommation est inférieur à 1 018 € par mois.

La Corse est aussi la région avec Provence-Alpes-Côte d’Azur où les disparités de revenus sont les plus importantes : le niveau de vie des 10 % d’habitants les plus aisés est 3,7 fois plus élevé que celui des 10 % les plus modestes. Cet écart est de 3,3 ailleurs. En Corse, cette différence est due essentiellement à la faiblesse des revenus des plus pauvre, inférieurs de 12 % à ceux de “la France de province”, note l’INSEE.

Ces inégalités seraient encore plus fortes en l’absence d’impôts prélevés et de prestations sociales allouées aux ménages (allocations familiales, minimas sociaux et allocations logement). En effet, le revenu déclaré à l’origine par les 10 % de ménages les plus modestes est 6,4 fois plus faible que celui des 10 % les plus aisés….[…]

Le rôle des retraites et pensions est essentiel dans près du tiers des communes de Corse où elles représentent plus de 50 % du revenu disponible des ménages. Ces communes sont en majorité situées hors de l’influence des aires urbaines, conclut l’INSEE. *Source INSEE (novembre 2017)

La nouvelle pauvreté concerne, entre autre, les ménages de moins de 30 ans (28,9%) et les personnes de plus de 75 ans (17,5%).

Comment enrayer la machine et freiner, à défaut de stopper, la progression de la précarité et de la pauvreté ? Une problématique difficile à solutionner. Le fléau gagne du terrain.

Les mobilisations depuis le 17 novembre

Sur Paris et dans l’Hexagone (sans parler de la situation critique sur l’île de la Réunion), le mouvement des gilets jaunes occupe la une depuis le 17 novembre. Et depuis l’Acte 8, il  semble toujours très mobilisé, malgré une certaine désinformation, malgré la montée en épingle de certains actes ou faits (très criticables et à condamner), malgré la tentative “dérisoire” du gouvernement de pointer du doigt l’extrème-droite (en oubliant au passage la France Insoumise, Melenchon,  et le Nouveau Parti Anticapitaliste, Besancenot, ou Jean Lassale et quelques députés depuis de tous horizons, qui soutiennent “une révolte populaire et non pas “populiste”), et malgré la manipulation des chiffres sur les mobilisations…

L’attitude des Corses 

Soutiennent-ils ou désapprouvent-ils ce mouvement et ses revendications ?

Alors que les problèmes soulevés sont réels et constants depuis 30 ans. la démarche des “Gilets jaunes” reste chez nous peu suivie depuis le début… Force est donc de constater, que cela ne rallie pas les foules.

Le mouvement des “gilets jaunes” ne prend pas ( pour l’heure) en Corse ! Pourquoi ?

  • Ne sommes-nous pas confrontés aux mêmes problèmes que l’esemble français, « voir européen », assommé par les grands groupes de la finance, les politiques d’austérité imposées par l’UE et la mondialisation économique profitant surtout aux minorités nanties, tandis que les majorités, tirées vers le bas, connaissent de plus en plus de dificultés au quotidien?
  • Ne vivons-nous pas, avec les mêmes droits sociaux ? (code du travail et conventions collectives)
  • Le coût de la vie,les bas salaire la pauvreté …etc n’existent-ils pas chez nous

–    Les manifestations actuelles ne nous concernent-elles pas  ?

Serions- nous tous des privilégiés, des nantis ou des enfants gâtés, ou avons-nous honte de passer pour des gens en difficultés sociales, dans une île où “le paraître” (u buffu) semble important  ?.

Alors manque d’immagination, faiblesse d’une démarche déjà peu suivie, du fait du manque d’engagement des nationalistes corses dans cette révolte populaire, aux fondements plus que légitimes.

Est-ce à dire qu’en Corse, il n’y a pas une question sociale, il n’y a pas de Corses dans la souffrance sociale, il n’y a pas de pauvreté, il n’y a que des nantis ou des égoïstes qui se fichent des difficultés rencontrées par de plus en plus de Corses dans leur vie quotidienne… que dans notre île bénie des dieux, il n’y a que des gens heureux de leur vie sociale et professionnelle, que des privilégiés, des gens contents de l‘avenir qui s’annonce serein pour leurs enfants sur leur terre de Corse, à l’abri du besoin et des problèmes sociaux et sociétaux, …..

Pas aussi simple

Comme cela s’était déjà produit en 89 ! Et cette situation nous rappelle celle de l’èpoque lorsque la Corse était paralysée par le plus important conflit social qu’elle ait connu, – et l‘on ne peut que faire le paralléle.-, au vu des commentaires de nombre de Corses sur les réseaux sociaux et le soutien tardif des mouvements nationalistes..(Corsica Libera, Core in Fronte, Gilles Simeoni)..

Les raisons de cette désaffection sont multiples, et pourtant les problèmes soulevés sont réels. Ils ont déjà été pointés du doigt nombre de fois, depuis le conflit social de 1989, même s’ils ont été depuis plus qu’amplifiés, sans qu’aucune des solutions avancées, techniques, financières ou structurelles, depuis les fameuses Tables Prada, n’aient été prises en compte par les divers gouvernants et les institutions de et pouvoirs politiques de l’ïle…

Pour autant

Réduire les motivations et les fondements des mobilisations actuelles, dans l’Hexagone et en Corse, aux seuls thèmes, importants certes, de la précarité et de la pauvreté  (60000 personnes au seul de la pauvreté en Corse sur une poplation de 33000 hab, c’est énorme !), c’est au mieux avoir une analyse réductrice, au pire de vouloir nier les fondements, les ressorts et les raisons structurelles d’un mouvement qui fera que demain, comme pour l’avant et l’après mai 68,on parlera de l’avant et de l’après crise du mouvement du 17 novembre (date de la première mobilisation).

Une conférence sociale  ? pourquoi faire ?

Dans ce contexte, La Collectivité de Corse installe une conférence sociale

Le 6 décembre 2018, l’Assemblée de Corse a annoncé la mise en place d’une conférence sociale visant à trouver des solutions afin de lutter contre la vie chère. Les président du Conseil exécutif de Corse, de l’Assemblée de corse et du du CESEC, avec l’implication de l’Assemblea di a Ghjuventù et de la Chambre des Territoires, y associent tous les acteurs, syndicats et collectifs citoyens, dont les premiers travaux seront consacrés à la cherté du prix des carburants et des produits de consommation courante en Corse. La 1ère réunion se tiendra le lundi 14 janvier 2019 à 10 h à la Collectivité de Corse de Bastia

Le texte de l’appel solennel

Les responsables de la CdC s’adressent à l’ensemble aux Corses, pour proposer une méthode visant à traiter rapidement et dans la concertation les problèmes majeurs qui se posent à tous les citoyens de cette île, et aux premiers chefs à celles et ceux qui se trouvent en situation de précarité et de pauvreté.

Cette initiative est dictée d’abord par le contexte d’ensemble : la France est aujourd’hui plongée dans une crise économique, sociale, et désormais politique et institutionnelle, d’une gravité exceptionnelle. 

Et elle ne pourra manifestement construire une issue à cette crise qu’au prix d’une remise en cause profonde des choix mis en œuvre jusqu’à aujourd’hui par le Président de la République, le 1er ministre, et le Gouvernement, tant en termes de méthode que sur le fond. 

Il est en effet désormais évident aux yeux de tous que la question de la hausse envisagée du prix du carburant a été le facteur déclenchant de la crise actuelle, aggravée par le fait que les citoyens ressentent avec force une forme de mépris et de refus du dialogue de la part des gouvernants français. La crise économique et sociale actuelle touche d’abord les plus pauvres et les plus démunis, mais elle impacte durement aussi les classes moyennes : c’est bien tout l’édifice social et sa cohésion d’ensemble qui sont aujourd’hui menacés. 

Le changement radical de politique est donc indispensable. Ce qui est vrai de façon générale l’est plus encore en Corse

Nous avons sans doute été les premiers à dénoncer, dès janvier 2018, le mépris et le refus de tout dialogue vrai qui étaient opposés au résultat du suffrage universel de décembre 2018, et aux demandes des représentants élus de la Corse et de son peuple. 

Dans cette perspective, l’Assemblée de Corse a voté à l’unanimité, (29 novembre), une résolution relative au climat social, au coût de la vie, et au problème du prix du carburant en Corse. Cette résolution demandait solennellement au 1er ministre d’annoncer, avant sa visite, (qui a ét depuis reportée) le gel de la hausse du carburant dans l’île. Ce point est désormais acquis”.

La résolution a consacré le principe d’une Conférence sociale, ouverte à tous les acteurs institutionnels/consulaires/sociaux, et collectifs de citoyens, qui se réunira deux fois par an au moins pour aborder les problèmes économiques/sociaux rencontrés par les Corses.

Par-delà les problèmes sectoriels légitimement évoqués dans le cadre des manifestations qui se sont déroulées ces dernières semaines, la question de fond qui se pose et qui doit être réglée est celle des droits fondamentaux des citoyens dans le domaine économique et social (droit au travail, au logement, à la santé, à la mobilité, aux produits de consommation courante, etc…)”.

Nous proposons donc une Conférence sociale pour le respect des droits fondamentaux des citoyens de Corse dans le domaine économique et social», et que soient abordés en cette occasion deux problèmes majeurs qui grèvent directement le pouvoir d’achat des insulaires :

–  Le prix des carburants ;

–  Le prix des produits de consommation courante ;

En présence de tous les acteurs concernés, et notamment les collectifs citoyens, et les acteurs de ces deux filières.  Nous proposons que les travaux relatifs à ces deux questions soient menés à leur terme dans un délai de trois mois, afin de permettre l’adoption d’un diagnostic débouchant sur des mesures concrètes permettant de supprimer le différentiel de prix existant entre la Corse et le Continent dans ces deux domaines. Nous invitons les acteurs énumérés dans la résolution à participer le 18 décembre aux premiers travaux de cette Conférence sociale, aux fins de donner aux Corses un signal fort de notre volonté commune d’apporter des réponses concrètes aux problèmes économiques et sociaux du quotidien”.

La problèmatique essentielle,

Chez nous, il ne faut pas confondre “i povari”, celles et ceux qui ne nagent guère dans l’opulence, – mais qui ne veulent devoir rien à personne.. et qui ne veulent surout pas être assimilés aux “assistés”, (leur dignité est de s’en sortir même difficilement, mais seul(e), sans “devoir rien à personne”), “mais qui travaillent pour s’en sortir-, avec celles et ceux qui sont dans “a miseria”, i “disgraziati”, “i senza tettu”, celles et ceux qui n’arrivent pas à s’en sortir seul(e)s.

Et nombre de gens de ma génération savent ce que que cette dfférence veut dire, nous dont la majorité des parents ont souffert et trimé toute leur vie pour avancer dans la vie, dans la dignité du travail et pour s’en sortir seuls, sans l’aide de quiconque..  Cela aussi étaient les valeurs des Corses de l’après-guere, surtout dans le rural.

Alors,

La notion de “pauvreté”, pour l’opinion corse renvoie aujourd’hui aux bénéficiaires des minimas sociaux, ou aides en tous genre, aux “assistés” (sans nulle connotation péjorative, un constat désignant simplement les gens aidés pour survivre.. qui ne travaillent pas, qui sont dans le besoin quotidien et qui,  souvent  n’ont  même pas de de toit pour eux ou leurs familles). Cette “pauvreté”  que toute société s’honore, au-delà de dames patronnesses du siècle passé, à traiter par des aides et un investissement à leurs côtés de nombre de personnes sur le terrain au quotidien.

Mais, même si cette notion de pauvreté lui est consubstancielle, la problématique essentielle, mise en avant par les mobilisations actuelles,  doit être la recherche incontournable et indispensable d’une réelle stabilité et d’un équilibre d’une société.

Or cet équilibre ne peut passer que  par un réel partage des retombées et des bénéfices d’une économie. Seul cet équilibre peut permettre de tirer vers le haut les “pauvres” qui le souhaitent et se battent pour s’en sortir, (Ascenseur social, comme nombre de nos familles ont pu après-guerre en profiter), et qui évite aux classes moyennes (basses ou moyennes), -la veritable colonne vertébrale de toute société stable et solide-, de s’appauvrir en permanence, aux petits commerçants, artisans, fonctionnaires, agriculteurs, pécheurs, fonctions libérales, aux jeunes qui veulent avoir un emploi et travailer, aux retraités, (qui après avoir travaillé toute une vie, voient leur pouvoir d’achat dégringoler et leurs conditions de vie de détériorer au quotidien),  et/ou aux travailleurs pauvres et chômeurs qui veulent pouvoir vivre de leur travail et pouvoir eux aussi élever dignement leurs familles et avoir des projets d’avenir..

Toutes ces personnes, la majorité des Corses, qui ont un certain “statut” social, (et qui en sont fiers car c’est leur dignité), même si fragilisé de plus en plus par les traites, la baisse de leur pouvoir d’achat  et le manque d’argent, qui se refusent à rejoindre la cohorte de ces “pauvres”, à rejoindre les minimas sociaux, les victimes de la vie, les assistés, au-delà de l’humanité qui anime et doit animer tout un chacun…

Une société vivante et dynamique doit être capable, en se donnant les moyens adéquats, par ses comportements individuels et collectifs, légaux ou institutionnels, d’imposer aux nantis, – dans leur course aux profits et à l’enrichissement à tout prix, quitte à écraser sans pitié la masse des autres-, des lignes rouges à ne pas franchir pour trop de bénéfices et de retombées économiques à leur seul profit, d’autant que le nombre de pauvres (nustrale ou venus d’ailleurs pour vivre la misère au soleil), augmente et que de plus en plus de gens travaillant sont victimes des taxes/prèlèvements en tous genres, des bas salaires, du manque et de la cherté des logements, du coût de la vie, d’une baisse de leur pouvoir d’achat et de leurs conditions de vie au quotidien

Mai 68 : Paris 2019

Pendant ce temps, la crise s’est aggravée dans l’Hexagone (Acte 8), et les mesures annoncées, ainsi que l’annonce d’un grand Débat,..), n’ont pour l’heure guère éteint l’incendie.

Et en France, (accéleration avec Macron dont la politique priviégie les nantis au détriment de la grande majorité) et en Europe, les politiques suivies en matière d’austérite de ces dernières années, dont seules profitent la finance internationale, et les nantis, n’ont fait qu’accéllérer  ces situations dramatiques vécues par  la majorité des femmes et des hommes aujord’hui dans ces zones et ces territoires… dont la Corse.. (Le pus fort taux de pauvreté par rapport à l’Hexagone français).

En mai 1968, nous étions dans l’ère des “30 Glorieuses”, et la situation économique n’était pas le principal ressort.. La révolte estudiantine avait cintraint le monde ouvrier à s’engager et cela a aboutu aux fameux accords de grenelle qui nont constitué une grande avancée sociale, m^me si aujoird’hui, les dernières lois Macron, après d’autres de ses prédecesseurs, ne visent qu’à les rogner toujouts plus sous la poussée d’une UE qui ne supporte pas les acquis sociaux arrachés par les luttes en France après la Libération.

La colère des “oubliés”

On ne sait pas si ce mouvement “des colères” qui est l’émanation et est soutenu par les habitants des zones périphériques, (la Corse est à elle seule une zône périphérique bien délimitéé), et du monde rural, loin des grandes concentrations urbaines  sur lesquelles ne semblent se pencher à longueur de temps les gouvernants successifs et les corps intermédiaires (partis, syndicats, corps constitués ).. ce monde “délaissé, occulté, oublié”où les gens souffrent, où les classes basses-moyennes, rejoignent de facto, peu à peu, contraintes et forcées, au fil des années les classes pauvres, car trop loin des classes privilégiées/nanties/aisées, ou trop près (à la limite des minimas sociaux, tout juste un peu plus) des classes pauvres du point de leurs revenus pour qu’on s’interresse à elles et qu’on les aide, et ce alors que la multiplication des taxes et impôts les assomment chaque jour un peu plus et les poussent vers la pauvreté et la précarité, surtout s’ils ont des enfants…

Aujourd’hui la situation économique et sociale est au centre de ces mobilisations débutées le 17 novembre.. Cette révolte durera-t-elle, aura-t-elle des répercussions en Europe, où les politiques d’austérité suivies depuis plusieurs années ont crée tant d’inégalités sociales et de situations dramatiques pour la majorité des européens.. Seul l’avenir le dira .. mais la fracture avec le gouvernement et les élites financières et/ou autres est patente en France et en Europe. Et le gouvernement Macron et ses députés godillots (hors quelques exceptions) sont pour le moins inquiets des évènements et des mobilisations..

 

La Corse aujourd’hui, même pas autonome

Attention à ce que cette fracture ne se répercute pas au détriment des mouvements nationalistes, au centre du jeu politique dans l’île, et de leurs dirigeants (surtout élus)..

En 89, nous étions dans l’opposition et occupions tous les terrains de luttes “contre le systéme colonial et ses représentants étatiques et locaux”.. Nous avions finalement réoccuppé le terrain social avec le STC et opéré la jonction avec les autres forces sur le terrain, nolens volens.. même si les négociations de l’époque avec Paris allaient conduire à nombre de divisions douloureuses et mortifères par la suite..

Aujourd’hui, attention à ne pas conduire à l‘amalgame facile consistant à “amalgamer” les nationalistes aux responsabilités avec le système en place, – le STC devrait s’interresser d’avantage au combat actuel, de même que les autonomistes/nationalistes et au-delà tous les Corses, devraient prendre à bras-le-corps la question sociale, qui se pose pour la majorité des Corses, “au-delà de la pauvreté”,  et ne peut se résumer seulement, et encore moins solutionner, même si les intitiatives sont interressantes, à la mise en place d’une ou plusieurs commissions de réfléxion, ou au travail même remarquable de certaines associations d’aide – ..

Les questions actuelles

Loin d’un Projet global pour la Corse demain, les questions posées sur le court et moyen terme sont constantes : les prix des carburants, les salaires, le pouvoir d’achat,  le coût de  la vie, les prix des loyers, la santé, les services publics… sont les plus récurrents aujourd’hui pour la majorité de la population.

Pour l’heure, nous  n’avons même pas l’Autonomie,

Aussi lorsqu’une taxe ou nouvel impôt sont votés à Paris, on paye nous aussi .. en plus du coût de la vie locale, des lobbies nustrale ou autres qui se foutent des difficultés financières de la majorité des Corses.. Alors ..…

La chance de cette conférence est de réunir autour de la table, les principaux décideurs (et employeurs) de l’île, institutionnels ou privés, les grands créateurs de richesses (monde du travail et entreprises, salariés) et les principaux acteurs du développement, hors l’Etat et la fonction publique étatique.

Pour le prix des carburants, l’Etat a déjà pris des dècisions, mais chez nous,  (en attendant un statut fiscal spécifique), les prix sont toujours supérieurs en la matière. Cela est dù aussi, il faut le dire à des pratiques qui doivent évoluer (ententes..). Les décideurs en ce domaine doivent tenter de résoudre ces problèmes et il faudra les en convaincre, sinon dans 20 ans, les prix seront toujours excessifs… et chez nous la configuration géographique ne nous permet pas trop de délaisser la voiture pour nombre d’activités.

Les salaires dans l’île, surtout dans le privé, sont en moyenne, par rapport aux salaires de l’Hexagone, inférieurs de 20% ! Ce n’est pas acceptable, et la situation doit évoluer par une nécessaire revalorisation en la matière..

C’est le gouvernement qui fixe le salaire minimum dont la revalorisation entraîne celle des autres salaires, surtout si elle est réelle. Concernant cette revalorisation dans la fonction publique, nous n’avons aucun pouvoir en la matière, qui reste du domaine de  l’Etat. S’adresser à lui est un passage obligé, nolens volens. Les mobilisations déboucheront-elles sur un nouveau Grenelle, même si les syndicats aujourd’hui sont dévalorisés et peu en phase avec les mobilisations actuelles, étant même parfois rejetés du fait de leur incapacité à arracher des solutions aux problèmes soulevés.. D’autant qu’ils se sont tenus, grossière erreur, à l’écart des obilisations, malgré les tentatives maladroites de  la CGT “d’y être sans y être”… et le STC a totalement été absent en Corse, une faute politique !

Par contre dans le privé, s’adresser aux entreprises, (surtout petites PME-TPE qui sont majoritaires dans le tissu économique corse), pour le salaire minimum serait à priori délicat au vu de leurs charges et de leur contraintes financières, sauf à leur proposer des aides, que la CdC peut mettre en chantier. Mais elles dépendent surtout de la politique de l’Etat en la matière, et la CDC n’a pas les moyens et les compétences nécessaires que l’Etat lui refuse, de même qu’elle ne peut pas mettre en place un Statut fiscal incitatif, l’Etat là-aussi imposant son refus dans ce domaine.. . Mais pour autant, la solution dépend aussi des grands employeurs du privé dans l’île, qui doivent faire des efforts dans ce domaine..

De même, dans la Fonction publique territoriale, puisque les nationalistes sont aux responsabilités, tout comme dans nombre d’autres institutions, municipales ou autres, un effort ne pourrait-il pas être demandé et accepté par tous en matière d’emplois et de salaires, notamment en matière de réduction de l’écart des rémunérations qui bénéfie à nombre de cadres payés de façon conséquente, un écart qui pourrait être réduit pour permettre une  augmentation les autres salaires moindres.

En matière de santé et de services publics en général les réponses appartiennent à l’Etat, mais notre demande doit rester constante en la matière, car ce sont des secteurs vitaux pour l’île, (comme pour le reste de l’Hexagone), et les évolutions en la matière dépendront des suites de mobilisations, car il faudra mettre ses questions sur le tapis de façon urgente au vu des besoins, surtout dans le rural ..

Quant aux loyers, nombre de logements sont fermés durant de nombreux mois et sur-loués l’été, tandis que la population locale elle, a du mal  à se loger! Ne serait-il pas judicieux de trouver des mécanismes incitant à louer sur l’année à des locaux et à des tarifs moins prohiblitifs..

Avec cette conférence sociale, toutefois, autour de la table, vont être plus ou moins représentés les principaux pourvoyeurs d’emplois dans l’île (agro-alimentaire, transports, immobilier, services, grosses entreprises.. majoritairement représentées par le MEDEF ) et il serait interressant de leur demander de faire des efforts (en matière de salaires, d’emplois pour les Corses, de prix des loyers,) en faveur du pouvoir d’achat, du coût de la vie (20% plus cher que dans la moyenne Hexagonale) et du blocage des prix des denrées de première nécessité, (décideurs de la filière de l’agro-alimentaire par exemple)..

Cela ne peut-il pas se faire  sans attendre les décisions de Paris, puisque nous aspirons tous à plus d’Autonomie et de pouvoir de décision dans l’île.. Cela démontrerait quelque part une participation effective et active dans la construction d’une nouvelle Corse à laquelle nous aspirons tous.

L’effort doit être collectif, et autour de la table, ceux qui en ont les moyens et un quelconque pouvoir en la matière, doivent consentir des efforts pour le bien commun de la Corse. Cette philosophie devrait guider les travaux de cette consultation et des questions abordées..

Ne pas se couper de la majorité des Corses “en difficultés sociales”

Aujourd’hui et pour l’avenir, si celles et ceux qui sont  aux responsabilités et les syndicats dans leur ensemble,  ne veulent pas se couper de la rue et du peuple.. ils doivent oeuvrer à plus de justice sociale, en s’y impliquant, en montrant par leurs propositions et décisions, à court et moyen terme au moins, que les Propositions, à appliquer dans le court terme et le moyen terme, qui sortiront de cette Conférence sociale  concernent la majorité du peuple et que les particiapants ne sont et ne veulent pas se couper des réalités, des souffrances et des inquiétudes actuelles…

Les questions économique et sociale sont intrinséquement liées, et la question sociale ne doit pas être un simple slogan…se résumant à des mesures, aussi importantes et louables soient-elles, contre la seule “pauvreté”.

Pierre Poggioli

(http://www.pgp-web.com/cn/?p=3745)