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(Unità Naziunale Publié le 11 janvier 2019) Le 10 janvier 2019, dans les colonnes du quotidien « La Corse », Roland Mahy, magistrat s’est exprimé sur ce qu’il estime être les conditions et les contextes de l’exercice de la justice.

Extraite de son entretien avec les journalistes de la rédaction, une de ses déclarations en a fait bondir plus d’un (y compris dans nos propres rangs).

Que dit-il à cette occasion : « Partout où il y a un justiciable corse, c’est compliqué ».
En première lecture, le propos peut effectivement choquer. On peut y sentir comme un fumet nauséabond à l’instar de ce que nombre de politiciens, écrivains, juges et policiers ont pu déclarer un jour sur la Corse en général et son peuple en particulier. A l’évidence Roland Mahy a découvert lors de ses 8 années d’exercice, ce qu’il estime relever de quelques « particularités ». Mais la gravité de ses propos se trouve ailleurs.


Pour preuve ce nouveau passage de son interview : «au début des années 90, on avait comme idée principale la lutte contre le terrorisme. Une nuit bleue, une conférence de presse clandestine passionnaient plus la justice qu’un vol à main armée. Surtout, je pense que l’on n’avait pas mesuré la puissance économique à venir que représentait cette délinquance financière. Donc on ne la combattait pas avec énergie.

On n’imaginait pas à quel point cette délinquance financière allait infiltrer toute l’économie insulaire. On peut considérer que c’est une erreur d’appréciation, on peut aussi considérer que c’est un défaut de moyen. Ce qui est certain, c’est qu’on ne pouvait pas tout faire. La lutte contre le grand banditisme n’était donc pas une priorité, c’est en tout cas ce que j’ai ressenti. Ce qui a fait basculer la position de l’État, c’est l’assassinat du préfet Erignac ». La vision de ce magistrat français est limpide. L’amalgame entre ce qu’il catégorise comme relevant du terrorisme et le grand banditisme est fait sans la moindre retenue.

Alors plutôt que de se focaliser sur le titre de l’article du journal « La Corse », il convient d’analyser et de commenter ce dernier passage qui lui donne encore plus à voir l’approche de l’appareil répressif.

Et en l’occurrence la question est éminemment politique. En quelques mots ce magistrat dévoile le fond idéologique des rapports entre l’Etat Français et le mouvement national.
Faute de reconnaître les droits historiques du peuple Corse sur sa terre cet état campe sur une ligne qui peut se résumer ainsi : « derrière les revendications et actions du mouvement nationaliste, tout au moins en ce qui concerne ce que fut la clandestinité dans toutes ses variantes et sensibilités, se dressent en toiles de fond des intérêts mafieux ». Dans cette logique, le traitement de la question Corse relève du droit commun.

En d’autres termes moins châtiés, il n’y a pas de problèmes politiques puisque toutes les formes de résistance sont ramenées à des dimensions relevant de la délinquance.
Plutôt que de chercher à faire le « buzz », la rédaction de La Corse aurait été mieux inspirée en traitant de cet aspect des déclarations de Roland Mahy. Mais comme il faut vendre du papier, on cultive comme à l’ordinaire le champ émotionnel plutôt que celui de l’analyse voire de la réflexion.

Il est grand temps que la part à priori politique de la lutte cesse de tomber dans ces panneaux où s’abstienne elle aussi de favoriser les réactions épidermiques au détriment de ce que doit être une conscientisation. L’outil de la victimisation ne relève pas d’un acte majeur. Cette propension infra politique à l’histrionisme nous éloigne collectivement d’une position adulte, politiquement s’entend.

Que les colons et leur état s’emploient à minorer la dimension d’un peuple, ne peut étonner les anti-impérialistes convaincus. Face à cela, ne donnons pas dans l’auto-caricature et répondons de façon majeure et responsable aux agressions du colonialisme.

La parole de Frantz Fanon à ce propos n’est pas sans utilité : « politiser c’est ouvrir l’esprit, c’est éveiller l’esprit, mettre au monde l’esprit. C’est comme le disait Césaire: «inventer des âmes». Politiser les masses ce n’est pas. ce ne peut pas être faire un discours politique. C’est s’acharner avec rage à faire comprendre aux masses que tout dépend d’elles, que si nous stagnons c’est de leur faute et que si nous avançons , c’est aussi de leur faute. »

Vandepoorte Serge. Militant Manca.



#Corse Propos anti-corse de Roland Mahy, u @PNazioneCorsa réagit fermement