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(Unità Naziunale – 4 février 2018 – 18h40) Peu importe les chiffres de la Préfecture, de la presse ou des organisateurs…. De mémoire de militant(e,s), c’est la plus grosse mobilisation organisée par le mouvement national à Ajaccio depuis 18 ans.

Pari réussi pour la majorité institutionnelle, la lutte de masse reprend sa véritable place dans le triptyque de lutte.

Ni la pluie ni la neige ne les ont arrêtés. Pour bon nombre de manifestants, cette mobilisation est une manière de réaffirmer leur vote mais pas que…

« Bras de fer »

Si ce n’est pas un « bras de fer » engagé avec l’Etat colonial depuis la visite en France de nos élus, cela ressemble bien à un rapport de force comme il en existe en politique ici ou ailleurs.

D’ailleurs Emmanuel Macron, Président de sa République, devrait se rendre mardi soir à l’Assemblée corse pour un entretien avec son président, l’indépendantiste Jean-Guy Talamoni, et Gilles Simeoni, autonomiste et chef de l’exécutif insulaire, visite protocolaire qui n’était pas prévue avant la manifestation.

Le Président a donc posé sa condition: qu’un drapeau tricolore trône dans la salle du rendez-vous. 

Il est de coutume lors d’une rencontre sportive, comme pour la boxe, d’afficher les drapeaux des deux pays. Celui qui reçoit et celui qui visite.

Depuis que les nationalistes sont au pouvoir, le drapeau français a disparu de leurs bureaux. S’il se trouve toujours sur le fronton de l’assemblée de Corse, il n’a plus la place centrale qu’il occupait.

Selon le baromètre YouGov pour Le HuffPost et CNews, 43 % des personnes interrogées estiment que le gouvernement doit ouvrir des négociations avec les nationalistes corses.

Il faut discuter mais… 44% d’entre eux s’opposent à l’inscription de la spécificité de la Corse dans la Constitution. Ils sont à peine un sur trois à se montrer (31%) se montrer favorable à cette revendication.

« Article 74, sinon rien »

Ce que réclament les corses qui ont voté majoritairement au premier et au second tour de la Territoriale et qui ont manifesté massivement hier :

  • Une “mention spécifique dans la Constitution”, les nationalistes voudraient une plus grande autonomie, avec notamment un statut fiscal et social, comme certains territoires d’Outre-Mer tels la Nouvelle-Calédonie ou la Martinique.
  • Ils réclament aussi la co-officialité de la langue corse, qui déboucherait sur le bilinguisme dans l’administration ou la justice.
  • Pour lutter contre la spéculation, le statut de résident qu’ils demandent vise à privilégier les personnes vivant depuis plusieurs années sur l’île pour l’achat d’un bien immobilier.
  • Enfin, les nationalistes veulent le rapprochement des prisonniers corses pour qu’ils purgent leur peine sur l’île, ainsi que l’amnistie de la dizaine de détenus qu’ils considèrent comme des “prisonniers politiques”.

L’Etat Colonial doit rapidement prendre en compte ces revendications « démocratique, digne et populaire »

« S’il y a crise et s’il y a blocage, il peut forcément y avoir des violences » Gilles Simeoni

Il faut espérer que le triptyque reste sur ces deux jambes actuelles.

I Scrianzati (J.R)