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Le groupe Femu a Corsica a déposé le mois dernier une motion sur la nécessité d’un moratoire nucléaire, d’un référendum et d’un grand débat démocratique, notamment avec la crainte d’un redémarrage possible du nucléaire en Italie (projet de trois centrales, un référendum est prévu l’an prochain) et en Sardaigne (projet d’une centrale à Oristano, référendum les 15 et 16 mai prochain).

Cette motion était examinée lors de la session du 3 mai 2011. Elle a donné lieu à un débat important à l’assemblée avec interruption de séance, négociations de groupes, amendements, sous-amendements… L’objectif pour le groupe était de faire admettre la nécessité d’un débat sur la question et d’un moratoire pour permettre ce débat.

Le mot « moratoire » gênait les communistes et le groupe Simon Renucci, le mot « sortie du nucléaire » gênait l’UMP et les communistes… Nous avons amendé notre motion pour faire en sorte qu’elle soit adoptée par le plus grand nombre de groupes sans en dénaturer la portée (l’idée d’un référendum maintient celle d’un moratoire).

Nous sommes satisfaits donc du résultat. Nous donnons aussi un rôle d’initiative sur cette question à la région Corse vis à vis des autres régions avec le lancement d’une pétition citoyenne (nouvelle possibilité qui permet en rassemblant 500.000 signatures de poser un débat sur tout sujet). C’est un amendement de la droite que nous avons sous-amendé.

Dans son intervention, Fabienne Giovannini a rappelé le coût du nucléaire, sur le plan humain, environnemental et économique. Elle a cité la motion adoptée récemment par la région PACA qui a été déposée par le groupe Europe Ecologie les Verts et le Parti Occitan (EELV-POC et PS ont voté pour / UMP, Front de Gauche et 5 conseillers socialistes n’ont pas participé au vote / Le FN a voté contre). Elle a rappelé aussi l’action du peuple sarde et déployé le drapeau de leur comité contre le nucléaire durant l’intervention).

Par cette nouvelle initiative, mais aussi celles qui ont pesé pour le redémarrage des travaux de la Commission Tchernobyl ou la création d’un registre des cancers, Femu a Corsica a fait entrer le débat sur l’avenir du nucléaire au sein de l’assemblée de Corse. C’est très important dans le contexte d’une remise en cause de cette technologie dépassée, qui met en péril l’humanité, sans apporter les réponses adéquates aux défis énergétiques de demain.

Voici la motion adoptée à l’unanimité moins les quatre voix du groupe Zuccarelli

COLLECTIVITÉ TERRITORIALE DE CORSE

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ASSEMBLÉE DE CORSE

1 ÈRE SESSION ORDINAIRE DE 2011

REUNION 31 MARS – 1er AVRIL 2011

 

N° 2011/O1/017

 

MOTION AVEC DEMANDE D’EXAMEN PRIORITAIRE

 

– DEPOSEE PAR : MMes et MM. Jean BIANCUCCI, Gilles SIMEONI, Nadine NIVAGGIONI, Jean-Christophe ANGELINI, Agnès SIMONPIETRI, Christine COLONNA, Xavier LUCIANI, Mattea LACAVE, Hyacinthe VANNI, Fabienne GIOVANNINI ET Michel CASTELLANI AU NOM DU GROUPE «FEMU A CORSICA»

– OBJET : LA CORSE ET LE MORATOIRE NUCLEAIRE.

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ADOPTÉE LE 03 05 2011 APRÈS AMENDEMENTS

CONSIDERANT la catastrophe subie par le Japon et ses conséquences sur le plan humain et sur le plan économique,

CONSIDERANT que, comme cela a été le cas pour la catastrophe de Tchernobyl, les conséquences de telles catastrophes franchissent les frontières naturelles et administratives; et que par conséquent chaque communauté humaine a un droit d’ingérence dans la politique nucléaire des autres états et régions,

CONSIDERANT l’existence d’un projet de centrale nucléaire en Sardaigne; et de trois autres projets en Italie, tous à une proximité inquiétante de la Corse,

CONSIDERANT la présence en France de plusieurs centrales nucléaires vétustes dont une partie située dans la vallée du Rhône balayée par le Mistral dont l’influence se fait fortement sentir en Corse,

CONSIDERANT les déclarations hésitantes et contradictoires des différents responsables de la filière nucléaire,

CONSIDERANT que de nombreux pays, dont en particulier en Europe (l’Autriche, le Danemark, la Grèce, l’Islande, l’Irlande, l’Italie, le Luxembourg, la Norvège, le Portugal) n’ont pas de centrales nucléaires et ne s’éclairent pourtant pas à la bougie, comme c’est d’ailleurs le cas pour 170 pays sur les 200 que comporte la planète,

CONSIDERANT que le nucléaire ne répond qu’au seul besoin en électricité. Ainsi, la part du nucléaire dans le mix énergétique français est dérisoire: l’atome représente 17% en énergie finale (mais 80% de la production d’électricité). Et encore plus faible en Europe (5%) ou dans le monde (2,7% de l’énergie finale et 13,8% de la production d’électricité),

CONSIDERANT l’incapacité à nouveau démontrée, hélas, par la catastrophe de Fukushima, toujours dangereusement évolutive, d’assurer une sûreté nucléaire à la population et à l’environnement,

CONSIDERANT le casse-tête insurmontable pour le moment de la gestion des déchets de l’énergie nucléaire,

CONSIDERANT le coût exponentiel de l’industrie du nucléaire, mobilisant une énorme part du budget de la recherche énergétique (90% à vérifier),

CONSIDERANT que, dans ces conditions, l’Assemblée de Corse est en droit de s’ingérer dans la politique nucléaire de tous les Etats,

L’ASSEMBLÉE DE CORSE

DEMANDE :

– Qu’un débat, large et démocratique, sur la question du nucléaire soit organisé sans plus attendre en France;

– Que toute éventuelle poursuite de la filière nucléaire soit conditionnée à la tenue d’un référendum;

S’INQUIÈTE :

– Des projets de construction de centrales nucléaires en Sardaigne et sur le continent italien;

PREND L’INITIATIVE :

– De lancer une pétition citoyenne auprès de toutes les régions françaises afin de saisir le Conseil Économique Social et Environnemental sur la question du nucléaireet mandate le président du Conseil Exécutif à cet effet.

 

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