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Assemblée de Corse – Intervention deDominique BUCCHINI, scéance du 3 mai 2011

L’ordre du jour de cette séance publique, ainsi que vous avez pu le remarquer, s’avère inhabituellement léger : il est motivé, en fait, par la nécessité d’élire la commission de délégation de service public dans des délais compatibles avec le calendrier des prochains appels d’offres, notamment celui du réseau des chemins de fer de la Corse.

Vous avez vous-même adopté, au mois de mars, une procédure de désignation tenant qui tient compte des récentes évolutions de la jurisprudence afin de réduire les risques de contentieux ; sachant qu’une seule liste a été enregistrée dans le délai de huit jours avant cette séance, il nous appartiendra cet après-midi de voter.

Il y a également un certain nombre de dossiers relevant du fonctionnement courant de notre Collectivité, plusieurs seront sans doute retirés, et avec les questions orales et les motions inscrites par la commission permanente, nous devrions avoir achevé nos travaux avant la fin de l’après-midi.

Ces précisions techniques étant apportées, permettez-moi un bref propos sur plusieurs questions d’actualité.

Trois ont trait à notre institution :

D’abord, notre collègue Pierre CHAUBON vient d’être promu Conseiller d’Etat.

Cela ne surprendra personne ici, vu la qualité constante de ses interventions, et l’efficacité avec laquelle il anime la commission des compétences législatives sur les sujets les plus ardus.

S’il est aujourd’hui retenu par ses obligations professionnelles à Paris, je tiens à le féliciter chaleureusement en votre nom à tous.

Par ailleurs, comme vous l’avez appris par la presse, trois fonctionnaires de la CTC, auxquels étaient reprochées des irrégularités dans deux dossiers relatifs à des marchés publics, ont été condamnés à des peines qui -bien qu’assorties du sursis et non inscrites au casier judiciaire- sont, pour ces agents dont chacun connaît l’intégrité et le sens du service public, plutôt difficiles à accepter. S’il n’est pas ,bien entendu, dans mes intentions de commenter si peu que ce soit une décision de justice, qu’il me soit permis d’assurer, en votre nom, ces collaborateurs de notre soutien.

Les Assises du Foncier et du Logement, enfin, achèvent la phase des ateliers.

Ces ateliers ont permis de faire émerger les problématiques principales ainsi que des axes de solutions. Ils se sont déroulés, on doit le souligner, dans un climat coopératif et avec une assiduité constante.

Leur synthèse va maintenant être exposée à la population lors de trois débats publics, le 19 mai à Sartène, le 20 à Bastia et le 21 à Corte ; puis il nous appartiendra d’engager la phase opérationnelle lors d’une séance publique spéciale au courant du mois de juin.

Ainsi, notre Collectivité aura-t-elle mené à bien, et dans un délai somme toute assez court, l’un des principaux chantiers de cette mandature. Quelles que soient nos divergences, nos sensibilités, nous devons tous nous y contribuer activement, car le Logement constitue pour une grande majorité de la population une préoccupation majeure, et qui n’a cessé de s’accroître.

Dans cet esprit, je regrette, en revanche, que nous ayons été si peu nombreux –à vrai dire, Madame BEDU et moi- à visiter l’hôpital d’Ajaccio, qui joue un rôle pivot dans le dispositif de santé publique en Corse, et dont on connaît les difficultés. J’organiserai bientôt une réunion similaire à Bastia et je souhaiterais que nous montrions davantage d’implication.

Le troisième sujet d’actualité concerne la Corse toute entière.

Je veux parler, bien entendu, de la spirale criminelle qui atteint avec l’assassinat de Marie-Jeanne BOZZI des niveaux insupportables.

Etant bien entendu que toutes les vies se valent, et que tous les crimes sont également odieux, il est au moins deux faits pour distinguer ce meurtre des précédents.

D’abord, on s’en est pris –une nouvelle fois- à un acteur de la vie publique, qui avait été élue maire, puis conseiller général d’une importante commune de la région ajaccienne, avant que sa fille, Valérie, ne prenne sa suite à Grosseto Prugna.

Qu’il ait un mobile politique ou non, le meurtre d’un élu revêt forcément une résonnance particulière. En Corse, leur succession dans la période récente n’a guère d’équivalent dans les autres régions, et elle ne peut qu’ébranler la solidité de notre pacte démocratique.

Cet homicide, ensuite, est véritablement effrayant : pour la première fois, des tueurs n’ont pas hésité à abattre une mère de famille, froidement, dans le dos et en plein jour.

Mes chers collègues, dans une île comme la nôtre, de tels symboles ont un sens. Ils traduisent incontestablement le franchissement d’une étape, dans la dérive mortifère qui empoisonne notre vie quotidienne.

Si d’’aucun peuvent s’interroger sur la pertinence d’une commission sur la violence, j’y vois, tout au contraire, une motivation supplémentaire.

Le débat public avait permis de donner une expression publique à l’indignation, aux inquiétudes de nos concitoyens.

S’il n’est pas de notre responsabilité d’interférer dans le rôle de la police, ni dans celui de la justice, au moins disposons-nous de deux leviers d’action.

Le premier résulte des compétences de la Collectivité Territoriale dans plusieurs domaines où elle peut contribuer à faire évoluer positivement, fût-ce en partie, les données du problème : je veux parler du foncier, du logement, de l’insertion économique, et plus globalement de ce qui donne des perspectives d’avenir stable.

Le second peut susciter une mobilisation collective, si nous jouons un rôle d’entrainement et de soutien auprès des autres acteurs institutionnels ou associatifs. Comme nous le voyons à propos des incendies, on peut favoriser un changement de mentalités lorsque la répression, les actions de prévention et la résistance du corps social se conjuguent intelligemment.

 

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