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Yvan Colonna dit avoir des informations à divulguer et pique une colère

Yvan Colonna a affirmé mercredi avoir des informations à divulguer concernant le « groupe des anonymes », dont six membres ont été condamnés pour l’assassinat en 1998 du préfet de Corse Claude Erignac, et a piqué une colère contre un avocat qui le pressait d’en dire plus.

Après l’examen de sa personnalité, la cour d’assises spéciale de Paris a entamé en fin d’après-midi les débats sur les faits qui lui sont reprochés.

Interrogé sur son appartenance au « groupe des anonymes », Yvan Colonna a répondu par la négative.

Mais alors que le président Hervé Stéphan lui demandait s’il avait connu l’existence de ce groupe, il a répondu: « A un moment, oui ».

« Je préfère ne pas m’exprimer sur ce point », a-t-il dit. « Je préfère que d’autres le fassent. S’ils ne disent pas la vérité, je rectifierai ».

« J’ai eu connaissance de certains faits », a-t-il dit avant de reformuler de façon sybilline: « D’un fait qui concerne une personne et moi-même ». Malgré les demandes du président, il a refusé d’en dire plus.

« J’espère que les gens qui m’ont mis en cause vont dire la vérité », a-t-il ajouté en référence aux accusations, plus tard rétractées, de certains membres du commando. « Ils ont maintenu le mystère pendant toutes ces années. Moi, je suis la victime de ce qu’ils m’ont fait ».

Les six membres du commando qui ont été condamnés en 2003 pour l’assassinat du préfet, le 6 février 1998 à Ajaccio, doivent venir témoigner à la fin du mois.

« Pour une fois, prenez vos responsabilités! Quels sont leurs mensonges? », lui a demandé l’un des avocats de la famille Erignac, Me Philippe Lemaire.

« C’est à eux de le dire, sinon on va dire que je les ai influencés », a répondu Colonna, avant de sortir de ses gonds.

« Je ne sais pas tout, Me Lemaire, je ne sais pas tout! », a-t-il crié, très énervé. « Je ne sais pas pourquoi ils m’ont mis en cause. J’espère qu’ils vont dire la vérité, me concernant moi! ».

L’un de ses avocats, Me Pascal Garbarini, a interprété cette colère comme « un cri de souffrance ». « Ca veut dire que vraisemblablement encore une fois, il attend le commando », a-t-il dit devant la presse. « Il réclame les raisons pour lesquelles ils l’ont accusé, mais également les raisons pour lesquelles ensuite ils se sont rétractés ».

Du côté des parties civiles, Me Benoît Chabert, qui représente l’Etat, s’est montré sceptique. « Quelles vérités? », a-t-il demandé. « S’il en a, il les dit maintenant. Pourquoi attendre? Si ce n’est pour essayer de faire planer un mystère qui est plus une stratégie de communication qu’une politique de défense ».

 

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