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(Unità Naziunale Publié le 19 décembre 2018 à 18h45) L’ampleur de l’hommage national que le peuple corse a rendu à Edmond Simeoni a été bien au delà des attentes.

Décembre 2018 restera dans la mémoire collective : c’est dans l’union retrouvée que le peuple corse a pleuré la disparition de celui qui incarnera à tout jamais sa renaissance collective au terme de plus d’un demi-siècle de combat.

La foule a d’abord bravé la pluie et le froid dans une file ininterrompue de centaines de personnes qui s’est constituée, 48 heures durant, rue Saint Roch à Bastia, pour présenter les condoléances de tout un peuple à la famille d’Edmond Simeoni. Ils sont venus par milliers de toute la Corse ; ils sont de tous les âges ; ils sont de toutes les opinions ; ils sont le peuple corse.

La ferveur de cet hommage est à l’image de ce couple venu d’Aiacciu par le train, malgré le temps, malgré la longueur du trajet et malgré leurs quatre-vingt dix ans passés, pour simplement vivre un court instant d’émotion et de partage. Pas d’autre motivation que la volonté d’en être, et de témoigner ainsi leur adhésion à ce que la vie d’Edmond Simeoni représente pour eux, et pour nous tous.

La même ferveur était présente à Lozzi, le berceau de la famille, où les obsèques ont été célébrées au troisième jour. La foule est toujours là, considérable malgré les rigueurs d’un hiver auxquelles elle reste insensible.

Les autorités aussi sont là, eu égard au deuil de son fils qui est le Président du Conseil Exécutif. Mais la « cérémonie officielle », même si elle est acceptée sans réserve aucune, passe au second plan de la « cérémonie réelle », celle qui met en évidence l’Union du Peuple Corse qui s’est faite autour d’Edmond. C’était le combat de sa vie, jusqu’aux dernières paroles, jusqu’aux derniers instants, avant de partir à jamais.

Le peuple corse pleure l’un de ses plus éminents enfants, et, comme une seule famille, il s’est rassemblé tout entier autour de son cercueil. C’est sans doute là l’hommage qu’Edmond aurait voulu. Il le valait bien.

François Alfonsi
18 décembre 2018