Produit CORSU E RIBELLU

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ALESSANDRI Pierre
SANTONI Charles
Prisonniers politiques corses

Lannemezan le 2 décembre

Mr le Ministre,

Les conditions de votre visite à la centrale de Lannemezan ne nous permettent pas de vous rencontrer, nous venons donc par ce courrier vous exposer un problème que nous connaissons depuis plusieurs années comme tous nos compatriotes incarcérés dans les prisons françaises. Le but de cette lettre n’est pas de vous parler de problèmes de détentions pourtant fort nombreux. Le contrôleur des prisons ayant effectué une visite dans cette centrale il y a quelques mois a du remettre aux services du ministère un rapport complet que nous pensons objectif, sur le fonctionnement de la prison et des problèmes que nous rencontrons au quotidien. Nous sommes incarcérés en ce qui nous concerne depuis 15 ans et 12 années dont 6 années passées à Lannemezan. Nous demandons régulièrement à ce que soit appliqué votre loi sur le rapprochement familial, en vain, malgré les promesses des différents ministres ou hommes politiques en charge du dossier.

On nous oppose tout aussi régulièrement pour motiver ce refus, le fait que notre profil pénal ne correspond pas aux normes de sécurité de la prison de Borgo où nous demandons notre transfert. Nous tenions à vous rappeler pour information, que le directeur national de l’administration pénitentiaire, Mr Jean AMEDEE, lors de sa visite en Corse le 15 octobre 2010, a affirmé et répété devant les médias, qu’il n’y avait aucun obstacle réel à ce que de lourdes peines dont nous faisons partie puissent rentrer au CD de Borgo.

Nous ne nous étendrons pas sur les motivations de notre demande de transfert, malgré votre nomination récente nous ne vous ferons pas l’insulte de penser que vous ignorer la teneur du dossier concernant le rapprochement des détenus corses, qu’ont eu à gérer vos prédécesseurs. Nous espérons que vous prendrez la pleine mesure de ce problème récurent et que les propos de Mr AMEDEE reflètent une réelle évolution de l’état d’esprit général du pouvoir. Car vous conviendrez que la décision de nous ramener en Corse est une décision politique, nous espérons que vous aurez le courage politique ; que n’ont pas eu vos prédécesseurs ; de prendre ce dossier à bras le corps et le mener à son terme, rapidement, car la double peine qui nous est infligée ainsi qu’à nos familles n’a que trop duré.

Nous vous prions de croire, Mr le Ministre en nos sincères salutations.

DOSSIER CARLU SANTONI

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