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(Unità Naziunale Publié le 23 septembre à 13h22)  Le 24 août dernier à Bayonne, lors de l’Université d’été de la Fédération Régions & Peuples Solidaires, un important débat se tenait sur le déroulement du processus de paix en Pays Basque.

François Alfonsi animait cet échange. Ancien député européen, il a présidé le Friendship basque, groupe de soutien au processus qui a pris plusieurs initiatives pour sensibiliser le parlement européen à ses enjeux. Trois intervenants sont venus apporter leur éclairage. Jean Etcheverry, dit Txex, militant abertzale de la non-violence, membre du collectif « Artisans de la paix » qui a par ticipé au démantèlement de l’arsenal militaire d’ETA ; Jean René Etchegarray, maire de Bayonne et président de la Communauté d’Agglomération du Pays Basque, qui continue de jouer un rôle important dans le processus de paix ; enfin, Xabi Larralde, militant de Sortu, organisation de gauche abertzale, venu « expliquer la portée politique de la fin de la lutte armée et ses enjeux ». Des expériences qui doivent aussi instruire la Corse dans son propre cheminement vers une paix durable.

«La question basque a évolué de façon radicale depuis l’année 2011 et le tournant de la conférence d’Aiete*, qui a apporté une lumière nouvelle sur les perspectives d’avenir du Pays Basque au sud et du processus de paix », a introduit François Alfonsi, qui a rappelé le « climat tendu » au sein du Parlement européen. « Certaines forces politiques au sein des grands groupes européens exprimaient beaucoup d’hostilités. Mais le fait d’animer des débats a joué un rôle dans la légalisation de Sortu. À cette époque-là, Sortu n’existait pas, tous les partis que les militants lançaient étaient interdits de se présenter à des élections. Une situation démocratique tout à fait inacceptable que nous avons dénoncé au Parlement européen avec beaucoup de vigueur ». Ce rôle du parlement poussé par le Friendship basque a été déterminant pour permettre à Sortu de se présenter à son tour. L’incertitude a pesé jusqu’au moment du dépôt des listes, c’est dire l’arbitraire de Madrid. Pas étonnant de voir le comportement du gouvernement espagnol face aux aspirations de la Catalogne aujourd’hui ! Rappelons que dans ce scrutin qui a failli lui être interdit, Sortu a réalisé 25% des voix !

« En quelques années, les choses ont beaucoup changé même si l’on trouve que les rythmes sont lents. Durant toutes ces années, le leader de Sortu, Ornaldo Otegi, a été emprisonné et je veux avoir une pensée pour mes collègues, Oriol Junqueras et Raul Romeva qui aujourd’hui sont injustement privés de liberté. J’y associe Carme Forcadell, ancienne présidente du parlement catalan, et tous ces prisonniers politiques qui sont au Pays Basque, en Catalogne, ou en Corse, c’est pour nous une mission morale évidemment très importante d’être à leurs côtés, en tant que Fédération R&PS, en tant que parti ALE, il faut imposer la volonté démocratique de nos peuples à la logique répressive des États ».

Annonce de l’arrêt définitif de la lutte armée par ETA en 2011, implication de la société civile, des militants abertzale, et des élus du Pays Basque, au nord comme au sud, pour soutenir cet arrêt et faire en sorte qu’il soit durable, provocation et sabotage de Madrid face à ces démarches de paix, avec le soutien de Paris, avant que de vivre un revirement du gouvernement français en 2017, difficultés à bâtir la paix, Txex, figure emblématique du mouvement abertzale, s’est longuement exprimé devant le public de R&PS.

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