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(Unità Naziunale Publié le 18 septembre 2018 à 19h52) Il y a un an, au rassemblement de Corti du 15 octobre 2017, un mouvement unifié Femu a Corsica est voté à l’unanimité des militants nationalistes et sympathisants. Mais rien ne se fait.

6 mois plus tard, Gilles Simeoni adresse un appel pressant à faire Femu a Corsica sans plus tarder. Mais rien ne se fait.

Et à six mois de plus, même flou. Pourtant, il y a urgence à mettre sur les rails démocratiques ce parti.

Au rassemblement de Corti du 15 octobre 2017, à l’unanimité par plus d’un milliers de présents, militants natios des trois composantes autonomistes (Chjama naziunalista, PNC, Inseme pè a Corsica) et sympathisants, est voté un mouvement unifié Femu a Corsica. Les statuts votés, une coordination est chargée d’organiser une nouvelle AG dans les deux mois qui suivent, avant la fin de l’année. Un premier retard à l’allumage qui se révèle être une panne, une panne de fusion. La date de cette AG reste incertaine comme une grossesse prolongée sans que les militants sachent ce qui freine et pourquoi. Ils en sont réduits aux bouches à oreilles et aux rumeurs.

Jean-Christophe Angelini aurait fait machine arrière dès le lendemain du vote de Corti, il voudrait un mouvement fédéraliste des trois composantes et non «unique ». Et six mois après Corti, Gilles Simeoni adresse un appel pressant à faire Femu a Corsica sans plus tarder.

Et à six mois de plus, un an donc en octobre, même flou. Il est dit que le bébé va naître à l’anniversaire de sa conception, en octobre. Pour le moment son échographie est ignorée. Il ne sera pas mort-né vraisemblablement, mais sera-t-il de sexe masculin, féminin ou mal formé ?

Sera-t-il baptisé « fédéraliste », c’est peu certain, « tendances » semble mieux placé, « unifié » paraît avoir rétrogradé au casting.

À la suite de cette longue, trop longue, panne, émaillée d’une série de retards à l’allumage le moteur tousse, et il devrait vrombir en octobre, sans rugir pour autant.

Le seul problème est de savoir s’il aura assez de puissance et solidité pour continuer le challenge de la survie du Peuple Corse. La preuve a été largement faite qu’être majoritaires à la CDC ne saurait suffire. Pour l’heure, les militants qui ne gravitent pas dans le cercle des leaders sont assez désappointés et ils auront du mal à retrouver le tonus qu’ils partageaient au lendemain du 15 octobre à Corti, il y a un an. Mes macagne à deux sous cachent mal ma préoccupation.

Que de temps perdu en atermoiements sans raison valable suite à une série d’erreurs dont l’accumulation peut être une faute grave !

Erreur d’avoir pensé trop longtemps que le pouvoir de la République ne pouvait que tenir compte du suffrage universel d’une majorité fût-t-elle absolue, qu’il serait obligé de dialoguer sur la base du Padduc (coofficialité, résidence, fiscalité après la fin des Arrêtés Miot). Erreur de s’être laissé duper par les va et vient ministériels qui ont conduit à renoncer à l’art. 74 pour soit disant arrimer la Corse à la République et à se laisser piéger dans un art.72-5 en pensant que cela faciliterait les négociations pour les enjeux majeurs, (compétences et finances), de l’Assemblée Unique votée par la gauche avant sa défaite.

Erreur de penser que la victoire d’une alliance électorale à quatre composantes, n’a pas besoin de plus de cohérence en n’en faisant que deux (autonomistes et indépendantistes sans clandestinité).

Erreur d’imaginer que de rassurer l’État jacobin et de jouer le consensus local sans une force autonomiste souverainiste progressant au sein du Peuple, de croire que les urnes ont intronisé définitivement d’un seul coup par un scrutin les valeurs indispensables à l’émancipation d’une « nation vaincue qui doit revivre ».

Il fallait le réaliser ce parti unifié et démocratique. Il fallait faire confiance simplement aux militants pour sortir des logiques électorales des fractions pour ne pas dire des factions.

Après la cérémonie tragique et provocante mise en scène par le Président de la République lors de l’anniversaire de la mort d’Erignac, on aurait dû comprendre qu’il n’y avait ni trêve ni encore moins d’armistice et que la guerre continuait plus complète que jamais sur tous les fronts et qu’il convenait de bien éclairer les Corses sur cette impasse afin de les mobiliser au mieux car sans eux sur le terrain rien n’est possible car il s’agit du sauvetage historique d’un Peuple condamné par l’idéologie jacobine totalitaire qui a décrété sans peur de l’absurde et jusqu’au crime que nous sommes tous issus des Gaulois.

La politique des États et dans les États quand ils sont contestés dans leur idéologie est un pur rapport de force. S’il est obligé de dire non, il peut toujours jouer l’ambiguïté par ses serviteurs, Ministres, Préfets, administrateurs, qui vont aux contacts, écoutent les uns et les autres, séduisent, désarment (charmes féminins au besoin) mais appliquent la politique décidée en haut de la pyramide et persuadent qui veut y croire que l’État peut entendre leurs plaintes et que de toute façon on ne peut rien sans lui encore moins contre lui. L’État déclare par principe qu’il garantit la Justice pour tous.

Il faut le faire comprendre aux français et bon nombre ne sont que mal informés. Le sens de la justice est de notre côté. Mais avant tout aux Corses qui ont été en proie au ravage colonialiste au point d’avoir des cerveaux conditionnés d’autocolonisés. L’émancipation du Peuple Corse passe par une démocratie sinon parfaite du moins incontestée.

Sans cet effort, natios ou pas, les urnes deviennent des pots de chambres de politiciens. Il y a urgence à mettre sur les rails démocratiques l’outil, le parti natio, première locomotive du sauvetage de notre Peuple.

Max Simeoni sur ARRITTI