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Suite aux événements violents de ces derniers mois, Corsica Libera a décidé de faire connaître sa position à l’occasion de cette conférence de presse. Tout d’abord, s’agissant du communiqué du FLNC, au sujet duquel des journalistes nous ont interrogés, nous nous limiterons à en prendre acte, n’ayant aucunement vocation à faire l’exégèse des textes publiés par les clandestins. Nous n’avons, jusqu’à présent, communiqué que de manière générale sur les différentes morts violentes , excepté bien entendu sur l’assassinat de notre militant et ami Philippe Paoli, membre de notre exécutif, dont Corsica Libera continue à porter le deuil et à défendre la mémoire.

À ce sujet, les insinuations malveillantes – ainsi que les affirmations injustifiées – de certains journalistes appellent de notre part plus de mépris que d’animosité. Nous ne considérons pas ces individus, qui déshonorent leur carte de presse, comme représentatifs de leur profession. S’agissant du même sujet, le positionnement de l’Assemblée de Corse nous paraît mesuré et responsable. En ce qui concerne la position de Corsica Libera à l’égard du FLNC, elle est connue de tous et n’a aucunement vocation à évoluer.

Nous en venons à l’objet de cette conférence de presse : ce que nombre d’observateurs appellent désormais la dérive mafieuse de la société corse. Notre mouvement, représenté par son groupe à l’Assemblée de Corse, a régulièrement participé aux réunions de la commission présidée par Dominique Bucchini. Nous comprenons la déception manifestée par de nombreux Corses qui souhaiteraient que des mesures soient prises rapidement. Pour notre part, nous avons présenté à la fois notre diagnostic de la situation et nos propositions concrètes pour y remédier. I/Les causes de la dérive mafieuse L’Etat français porte une lourde responsabilité dans cette situation, ayant depuis des décennies engagé l’ensemble de ses moyens répressifs contre le mouvement patriotique, laissant prospérer les différents groupes mafieux, quand il ne prêtait pas la main à l’un d’entre eux. Il a également laissé se développer le trafic de drogue, qui prend aujourd’hui des proportions dramatiques, gangrénant une partie de notre jeunesse. Aussi, les récentes rodomontades du premier représentant de cet Etat dans l’île nous paraissent tout à la fois dérisoires et indécentes. Les élus clientélistes portent également leur part de responsabilité, notamment ceux qui ont parlé de « désanctuariser la Corse ».

Le signal a été reçu cinq sur cinq par les spéculateurs mafieux de tout poil, lesquels ont entrepris immédiatement de mettre l’île en coupe réglée. Qui peut prétendre aujourd’hui que les activités de construction sont demeurées des professions libérales et que n’importe quel Corse honnête peut s’y livrer en toute quiétude ? Aujourd’hui, l’appât du gain et de profits désormais illimités en fait la chasse gardée du banditisme, comme autrefois la prostitution ou certains établissements de nuit. Tous ceux qui cherchent à gagner leur vie en travaillant dans ce secteur savent de quoi nous parlons. II/ Nos propositions Nous avons déjà agi de façon concrète pour contribuer à traiter le problème, notamment en œuvrant de façon déterminante pour exiger l’abandon du précédent PADDUC, qui faisait la part belle à la spéculation à travers la logique dite de « l’économie résidentielle ».

Rappelons que c’est bien à partir de notre action à Cala Purcina (affaire Clavier) que les Corses ont été sensibilisés aux problèmes que posait ce PADDUC, alors que, jusque là, on s’acheminait vers une adoption par l’Assemblée de Corse dans l’indifférence totale d’une opinion publique peu informée sur le sujet. L’affaire Clavier a été le point de départ d’une mobilisation ayant abouti à l’abandon du PADDUC. Ajoutons que nous avons également œuvré, avec les associations de défense de l’environnement, pour que le prochain PADDUC soit opposable aux PLU, ce qui évitera certaines tentatives de pression physique ou de corruption sur les élus locaux.

Par ailleurs, nous avons formulé des propositions concrètes dès les premières réunions de la commission Bucchini : 1°/ Création d’un organisme de contrôle des fonds publics et d’évaluation des politiques publiques, placé sous l’égide de la CTC et dirigé par un comité auquel tous les groupes de l’Assemblée seraient représentés. En effet, la mafia, au sens strict, est la jonction entre le banditisme, le monde des affaires et celui de la politique. Il appartient donc à la CTC de faire en sorte de ne prêter le flanc à la moindre suspicion, en faisant régner la plus totale transparence dans son action. 2°/ Institution d’une citoyenneté corse fondée sur 10 années de résidence (sauf pour la diaspora), afin de faire baisser les prix de l’immobilier et donc les enjeux liés à la construction. Les assassinats actuels étant pour la plupart liés aux activités immobilières, seule une action résolue permettra d’assainir la situation. Nous ajoutons que nous sommes étonnés que ces deux mesures concrètes n’aient pas encore été mises en œuvre par les élus corses, alors qu’elles sont manifestement de nature à lutter contre les dérives actuelles, et permettraient un réel apaisement.

Nous ne voulons pas imaginer que quelques uns de ces élus soient intéressés directement ou indirectement par la spéculation immobilière, ce qui pourrait expliquer les atermoiements de certains groupes. Enfin, il nous paraît évident que la mise en route d’une solution politique globale serait également un signal positif à l’adresse de la société corse. À cet égard, nos propositions sont sur le bureau de l’Assemblée de Corse. Elles sont également livrées au débat au sein de notre peuple. Toutefois, face à de tels enjeux, c’est au mouvement national de proposer un projet de résolution de la question nationale corse. Ce projet, inscrit dans la durée et basé sur un développement maitrisé, ferait naitre définitivement une autre Corse, porteuse d’espoir et de jours meilleurs pour notre peuple qui en a tant besoin

Corsica libera

14 décembre 2011

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