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(Unità Naziunale – 24 janvier 2018 – 15h00) Le Président de l’Assemblée de Corse et le Président du Conseil Exécutif sont depuis lundi à Paris afin d’y rencontrer les représentants du gouvernement de la France, le Président du Sénat et de l’Assemblée Nationale.

Forts d’un mandat démocratique clair, validé par plus de 56% des électeurs en décembre dernier, les représentants des institutions de la Corse ont inscrit à l’agenda des discussions le contrat politique sur lequel la majorité territoriale a été élue : statut d’autonomie avec dévolution du pouvoir législatif, habilitation permanente de l’Assemblée de Corse à prendre des mesures spécifiques dans les matières linguistiques, foncières et fiscales, résolution de quatre décennies de conflit par la prise en compte de la question des prisonniers politiques (rapprochement et amnistie).

Dans la perspective de la révision constitutionnelle en cours, la position, manifestement concertée entre le gouvernement et la majorité de droite au Sénat, consistant à inclure la Corse dans le droit commun des collectivités territoriales françaises est inacceptable.

Considérer, comme l’a affirmé le Président du Sénat, Gérard Larcher, que la situation politique corse pourrait être appréhendée dans le cadre de l’article 72 par de simples démarches « d’expérimentation, d’adaptation et de différenciation » dans le cadre d’un statut équivalent à la Métropole de Lyon ou la Ville de Paris relève du déni de réalité politique, du déni de démocratie. Déni assumé puisque le Président du Sénat reconnait lui-même que l’inscription de la Corse à l’article 72 ne permettra en aucune façon de prendre en compte les demandes des élus de la Corse en matière linguistique et foncière par exemple, ni même la reconnaissance d’un pouvoir législatif de plein droit.

Les élus du groupe Corsica Libera à l’Assemblée de Corse réaffirment que le moment politique que vit la Corse, et qui correspond à une tendance de fond, implique :

1/ l’ouverture d’un dialogue sur la base d’un statut construit depuis la Corse et son Assemblée et non d’une simple réforme de décentralisation octroyée aux collectivités territoriales françaises ;

2/ l’intégration d’un dispositif constitutionnel spécifique permettant de prendre en compte les aspirations du peuple corse ;

3/ la volonté partagée de mettre un terme au conflit par la reconnaissance de la dimension politique du rapport entre la Corse et Paris.

C’est cette position que nous défendrons avec détermination dans l’hémicycle de l’Assemblée de Corse, dans nos échanges avec les représentants du gouvernement français et les parlementaires, et prochainement dans la rue.

Pour le groupe Corsica Libera à l’Assemblée de Corse

Le Président,

Petru Antone Tomasi