Produit CORSU E RIBELLU

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(Unità Naziunale- 19 janvier 2018 – 06h45) Voici la lettre de Core In Fronte :

Bastia, le 17 janvier 2018,

Monsieur le Président de la République française,

Depuis maintenant plus de 40 ans, et les évènements d’Aleria, en août 1975, se pose, à la Communauté nationale française et à ses représentants, ce que l’on nomme Communément «le problème Corse».

Souvent traitée par le seul prisme de la fiscalité ou de la répression, la question Corse est éminemment politique et relève du droit à la libre détermination d’un peuple sur sa terre.

Cette aspiration légitime des Corses, au changement et à la souveraineté, se manifeste depuis plusieurs années, d’une part, par des Consensus politiques unanimes des élus de l’Assemblée de Corse, mais aussi, d’autre part, et plus clairement, par les résultats électoraux enregistrés Ces derniers mois sur l’Île. En effet, les dernières élections Territoriales de décembre 2017 témoignent, notamment, avec 52,05% de voix en faveur des deux listes nationalistes au 1er tour, puis 56.5% au 2e tour pour la liste encore en lice, de la volonté d’émancipation manifeste et Sans équivoque du peuple Corse pour Son avenir.

Vous ne pouvez ignorer, monsieur le Président, ce fait démocratique incontestable. À ce titre, vos déclarations récentes et tièdes sur la Corse, au journal espagnol « El Mundo », ainsi que la position de Mme Gourault, exprimée le 5 janvier à Ajaccio, qui est, à la fois, disposée à ouvrir le dialogue de la révision institutionnelle tout en disant non à la coofficialité de la langue Corse ou la Création d’un statut de résident, ne sont pas de nature à éclairer la position de l’Etat quant aux aspirations populaires véritables des corses.

350 millions d’européens vivent, aujourd’hui, dans des régions autonomes, à l’image de toutes les grandes Îles de Méditerranée occidentale voisines de la Corse. Notre pays n’a pas vocation à rester sur le bord du Chemin de la souveraineté, alors même qu’il exprime, à travers les urnes, une volonté d’émancipation.

La Corse de 2018 ne peut accepter le même refus de dialogue qu’en 1975, lorsque monsieur Libert Bou, président de la mission interministérielle pour la Corse déclarait «Même 200000 Corses autonomistes ne pourraient changer la Constitution».

Comme pour ce qui a été fait en Nouvelle Calédonie, nous vous invitons, monsieur le Président, à aller dans le sens de l’histoire en engageant une feuille de route émancipatrice pour la Corse, avec dès la fin de Votre quinquennat en 2022:

• La reconnaissance juridique du peuple Corse ;
• La dévolution d’un pouvoir législatif à l’Assemblée de Corse via un statut d’autonomie sur la base minimale de l’article 74 ;
• Le droit à l’autodétermination sur l’indépendance, à l’échéance 2032, selon la Charte des Nations Unies et à travers un corps électoral refondé;
• La libération de tous les prisonniers politiques, y compris les longues peines de Pierre Alessandri, Alain Ferrandi, Charles Santoni et Yvan Colonna.

La France, pays qui a largement inspiré, par ses penseurs, la philosophie des Lumières au XVIlle siècle annonciatrice du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, aurait tout à y gagner politiquement.

Veuillez agréer, monsieur le Président de la République, l’expression de nos sentiments distingués.