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(Unità Naziunale – 11 janvier 2018 – 16h00) Lors de sa première visite en Corse, Madame Gourault, nommée auprès du Ministre de l’Intérieur, et en charge du « suivi du dossier corse », après avoir rencontré les Présidents du Conseil Exécutif et de l’Assemblée de Corse a rendu une première copie qui, non seulement ne peut convenir aux attentes de la majorité territoriale, mais surtout ne répond en rien à la volonté adressée à l’État par le Peuple corse les 3 et 10 décembre derniers : celle de l’émancipation politique.

Si le climat de cette rencontre s’est avéré serein, la position du gouvernement de M. Philippe n’en est pas moins restée ferme et intangible sur ce qu’il qualifie, à l’instar de Manuel Valls, de « lignes rouges ».

En réalité, si Madame Gourault a su démontrer un sens aigu de la communication en laissant entendre que la question constitutionnelle ne constituait plus un point de blocage, ce fut dans un but bien précis : désamorcer une situation en passe d’être irrémédiablement bloquée.

Pour ce faire, quatre objectifs semblent avoir été assignés par le Président de la République française, dans sa feuille de route, à Madame Gourault :

– démontrer à l’opinion française que le Président Macron ne cède rien aux nationalistes corses ;
– amener insensiblement les représentants de la majorité territoriale vers un traitement segmenté, technique et dépolitisé des dossiers en leur ôtant toute portée stratégique émancipatrice ;
– éviter que le « dossier corse » ne se transforme en problème de politique intérieure française ;
– dévier le projet de Pè a Corsica, dans un vaste débat visant à transformer le dossier corse en simple laboratoire de la décentralisation française.

A cette manœuvre, nous répondons que nous ne sommes pas dupes et surtout, que nous n’entendons pas brader 50 années de combats politiques et dégrader l’immense espoir que nous avons suscité auprès de notre Peuple.

En outre, la ministre Gourault a évoqué la loi Littoral et un possible « aménagement » afin de « libérer du terrain à construire ». Le mouvement national, actuellement aux responsabilités en Corse, a, depuis son avènement, fait de la défense du littoral et plus généralement de la terre, l’une de ses priorités, au prix de lourdes peines de prison et parfois même de la vie de ses militants. Il ne saurait être question de remettre en cause cette loi ni même de l’aménager. Au contraire, nous demandons à l’État, trop souvent absent et négligeant en la matière, de faire respecter de manière stricte l’application de ladite loi.

De même, au sujet de la langue, nous ne pouvons nous satisfaire d’une posture idéologique qui exclut d’emblée la reconnaissance juridique du corse et donc une politique de revitalisation ambitieuse dans la mesure où le corse est en grand danger comme pratique sociale collective.

Enfin, concernant la question des prisonniers politiques, nous ne pouvons nous contenter d’incertitudes et d’atermoiements. Ils font incontestablement partie de la solution politique et doivent ainsi pouvoir bénéficier d’un rapprochement immédiat dans l’île suivi d’une loi d’amnistie.

C’est pourquoi nous incitons l’État à se montrer à la hauteur des enjeux et des espoirs. Nous interpellons le Président Macron sur ce qui est essentiel, à savoir affirmer solennellement la volonté de régler politiquement un conflit d’un demi-siècle, pour la période contemporaine.

C’est dans ce cadre, et sur ces bases, forts du soutien des Corses et de la légitimité conférée par les urnes, que nous accompagnerons de manière attentive et résolue le dialogue encore timide qui semble s’ouvrir avec le gouvernement, et dont l’issue ne peut être que l’autonomie, de plein exercice et de plein droit, dans les meilleurs délais.

FEMU A CORSICA

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