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(Unità Naziunale – 8 janvier 2018 – 09h30) Si l’on ne craignait d’insulter la mémoire de Victor Hugo, on pourrait se laisser aller à utiliser l’expression. En effet, que peut-il y avoir d’autre que de la petitesse dans le communiqué du premier magistrat de Portivechju concernant la lamentable affaire du chalet et de la crèche de Noël ?

Profiter de l’indignation soulevée par un acte imbécile pour servir un discours démagogique, voulant établir une relation – même indirecte – entre l’absence de caméras et l’attitude de l’opposition est indigne d’un élu, maire a fortiori. Ce dernier rappelle que le conseil municipal de Portivechju a voté, en 2016, l’installation de caméras et qu’en cette occasion, l’opposition s’était abstenue. Elle l’a alors fait en relevant que si la vidéosurveillance pouvait être utile, elle n’empêchait en rien le passage à l’acte. Il convenait plutôt à l’époque (c’est encore le cas aujourd’hui…) de développer une véritable politique locale de prévention et de lutte contre les actes d’incivisme, et non de se contenter d’installer quelques caméras.

D’autres moyens devraient donc être mis en œuvre, mais cela nécessite une vraie réflexion politique que la majorité, manifestement, se refuse à envisager.

Qu’a donc fait depuis ladite majorité pour rendre effective sa décision sur l’installation de la vidéosurveillance ? PAS GRAND-CHOSE. Il lui aura fallu 7 ans pour faire voter une nouvelle délibération, et depuis ce vote 7 mois se sont écoulés sans que rien ne se passe. Les réactions de certains Porto-Vecchiais sur les réseaux sociaux ont eu un poids considérable sur la réactivité de Monsieur le Maire, preuve s’il en est d’une gouvernance à la petite semaine. Alors, où se situent les responsables en la matière ? À moins que bientôt, un nouveau communiqué du premier magistrat ne nous apprenne que l’opposition a dérobé les dites caméras ou qu’elle est responsable de la tempête !

Insulter délibérément des élus du peuple, ce que sont les conseillers municipaux de Campà Altrimenti – n’en déplaise à Monsieur le Maire – n’est pas une attitude très digne de la part d’un homme qui, en conseil municipal, se félicitait dernièrement de l’attitude positive de l’opposition sur les grands dossiers ! ! ! La politique a ses exigences mais elle a aussi ses limites : celles de la décence. L’opposition, qui a le sens de cette dernière, n’a par exemple, en aucune manière, exploité les propos d’un directeur de cabinet, qui firent s’enflammer la Toile et la presse de la Réunion, pour rendre Monsieur le Maire co-responsable de ce grave dérapage verbal. Et pourtant, que l’occasion était belle, pour peu que l’on privilégie la pulitichedda de bas étage, ce qui, une fois encore, n’est pas notre cas.

Alors, de grâce, dans une ville aux inégalités sociales croissantes, qui figure désormais sur la Carte de la grande pauvreté, dans une ville incapable d’élaborer un PLU pourtant vital pour l’avenir de tous, dans une ville où trouver un logement relève de la gageure, dans une ville aux rues souvent sales l’été et aux plages portant les stigmates d’une saison estivale saturée, et sans autres perspectives, dans une ville où le fantasme d’un nouveau port de plaisance a conduit à dilapider des centaines de milliers d’euros en pure perte, dans une ville où l’on acquiert des bus sans pouvoir s’en servir, dans une ville où l’on construit un club house qui demeure fermé faute d’être utilisé, et dont l’entretien coute aux seuls contribuables, il y a probablement mieux à faire, Monsieur le Maire, que de mentir effrontément et de se livrer à des attaques qui ne déshonorent que ceux qui les portent.

Portivechju Altrimenti