Produit CORSU E RIBELLU

X

(Unità Naziunale – 7 janvier 2018 – 11h00 Les nationalistes ne cessent depuis 2015, d’accumuler les succès démocratiques qui ont culminé avec la victoire, large et incontestée, lors du dernier scrutin territorial de Décembre 2017 ; leur attitude, responsable, a été appréciée partout.

Depuis, le remue-ménage des relations avec Paris occupe les commentaires, les hypothèses, les agendas. La Collectivité Unique reçoit ce jour « Madame Corse » qui serait, parait-il venue en éclaireur !!! Puis on annonce que le Président du Sénat recevrait les deux Présidents issus de la majorité territoriale ; avant que le Président de la RF ne fasse de même et ne se rende dans l’île en Février 2018.

Sous peu, le premier Ministre doit accueillir les deux présidents insulaires. Et, dans des commentaires rapportés par le journal Le Monde dans son édition du trois Janvier 2018, il balise leur future rencontre » ; il se dit ouvert au dialogue « dès lors que ces deux élus prendront des initiatives conformes au cadre constitutionnel » et il a ajouté « il y aurait quelque chose de baroque à avoir fait voter une loi transférant les compétences puis à estimer, avant même sa mise en pratique, qu’elle est par nature insuffisante ou exercée de façon insatisfaisante ».

Les mots de Mr Philippe sont pesés et le sens est clair. Le dialogue sans tabou – la seule solution pour sortir par le haut d’une crise grave, longue, dans les relations entre La France et la Corse- est en fait cadenassé dès lors que nous nous accomodons d’un immobilisme mortifère pour notre peuple. Les arguments invoqués ne sont ni acceptables ni recevables.
En effet, Monsieur le Premier Ministre, vous semblez faire table rase d’un passé commun étroit, riche malgré la conquête militaire de 1769 ; mais la solution est devenue gravement conflictuelle depuis cinquante ans, ayant ébranlé la confiance de l’île en l’Etat.

Les autonomistes réclament depuis 1973 un Statut d’Autonomie interne au sein de la RF, détentrice des pouvoirs régaliens – donc depuis quarante-quatre ans !!!-, forme de statut largement adopté en Europe. L’Etat nous a imposé et infligé quatre Statuts médiocres ; de plus, circonstance aggravante, il nous a livrés au système claniste qui a stérilisé de nombreuses solutions de progrès.

Insinuer que nous serions engagés dans une fuite en avant – pourquoi pas jusqu’à l’indépendance ?- est une contre-vérité ; la manœuvre qui est une constante ne pourrait être que d’essence dilatoire. Nous avons toujours eu une attitude permanente, raisonnable, adaptée à la survie de notre peuple et au développement de notre ile. L’Etat voudrait il se prévaloir de ses propres turpitudes pour prétendre nous maintenir sous tutelle, refuser nos exigences légitimes, en dépit de la volonté démocratique du peuple corse, maintes fois exprimées ?

Quand on dispose de la force, on est tenté de l’utiliser pour faire prévaloir des solutions imposées, contraires au droit des peuples et à notre histoire ; elles sont sans avenir face à l’aspiration à la liberté, à la dignité.

Je veux rester persuadé que le bon sens prévaudra et que le dialogue, franc, loyal, sans tabou, pourra s’instaurer entre La Corse et l’Etat, dans l’intérêt et le respect mutuels des parties. L’intérêt réciproque et la raison le commandent. Pour notre part, nous ne trahirons ni nos convictions, ni nos engagements, ni nos devoirs ; la détermination, la mesure, la volonté de dialogue sont intactes.

Avec mes meilleurs sentiments
Docteur Edmond Simeoni
Ajaccio Jeudi 5 Janvier 2018