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(Unità Naziunale – 29 novembre 16h00) Le délégué général de LREM semble avoir une curieuse conception du rassemblement qu’il prétend réussir en Corse .

La surenchère de propos anti natios -comme disent les flics- lundi soir au Palais des Congrès à Aiacciu, nous ramenait 40 ans en arrière. C’était le bon temps : on mettait 4h pour aller d’Aiacciu à Bastia en micheline, il y avait 200000 habitants et 300000 électeurs et ceux de la CFR prenaient leurs ordres à la préfecture !

Aujourd’hui ceux de la CFR ont perdu leur combat contre le pastis et la cirrhose ; pour 400 millions d’euros on a gagné 5 mn sur le trajet Aiacciu-Bastia ; les routes construites par Napoléon III résistent toujours au temps qui passe… et à la vitesse; malgré la refonte Joxe , il y a toujours autant d’électeurs mais un peu plus d’habitants ; c’est d’autant plus étonnant que les caporaux qui ont tenus la Corse depuis 1880, ont toujours soutenu qu’il n’y avait rien à faire en Corse. Ils avaient donc fondé notre modèle économique sur l’ émigration de travailleurs et la Corse s’était vidé de ses forces vives.

Durant plus d’un siècle, les Corses émigrés et majoritaires croisaient leurs élus lors de leurs vacances au village. Les années d’élections, ceux-ci venaient régulièrement taper à leur porte. Le débat politique se circonscrivait au pronostic électoral jusqu’à l’élection suivante . Le mirrachjolu à l’usu corsu était un modèle authentique estampillé IIIème République modifié IVème et Vème, c’était un rentier qui vivait fort bien de l’exportation de main d’œuvre et d’importation de votants, il était un phénomène unique qui suscite encore aujourd’hui une vive curiosité chez les anthropologues du monde entier. Il aura survécu à tous les soubresauts de l’histoire, il s’est adapté, il a pris l’air du temps, il a modernisé son discours.

Il faut dire que depuis une cinquantaine d’années la revendication dite « nationaliste » est venu troubler un état de fait aussi idyllique que contemplatif. Nos dynastes électifs ont compris qu’elle pouvait éroder considérablement leurs rentes de situation. Les élections territoriales de 2015 confirmaient qu’une page se tournait. La classe politique traditionnelle a tenté sans y parvenir, de mettre de l’ordre dans ses rangs et dans ses idées. A l’évidence elle n’y est pas parvenu et se refuse résolument à raisonner autrement qu’ à « ciarbeddu in prestu » répétant bêtement les tartes à la crème du révisionnisme jacobin : « il n’y a pas de prisonniers politiques » comme « il n’y a pas de nation corse ».

En s’alignant majoritairement sur le néo-pétainisme parisien dont on a pu voir les inquiétantes prémices lors de la crise catalane, les représentants en Corse des partis hexagonaux, LREM en particulier, adoptent à Aiacciu une posture apparemment moins dynamique qu’à Ouagadougou.

Castaner est venu nous dire, qu’en Corse, la République est bien décidé à mettre l’immobilisme en marche !

Ghjacumu faggianelli

++ Christophe Castaner Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé des relations avec le Parlement, Délégué Général de La République En Marche !

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