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(Unità Naziunale – 10 octobre 2017 – 12h00) Les Catalans ont démontré la pérennité de leur nation issue du Comté de Barcelone , acteur économique et culturel majeur de la Méditerranée Occidentale durant tout le Moyen Age.

L’État espagnol qui s’ oppose à eux n’est pas autre chose que la fédération plus ou moins contrainte des nations castillane, andalouse, galicienne, basque, aragonaise et catalane.
Il est bien évident que les dirigeants madrilènes ne veulent pas porter la responsabilité d’une explosion de ce « machin », dont par ailleurs la cohésion politique et culturelle suscite des réserves bien légitimes.

Néanmoins, les uns et les autres sont obligés de prendre en compte les données incontournables de l’économie espagnole.

Aujourd’hui la Catalogne représente 22 % du PIB espagnol et la volonté de scission des indépendantistes catalans s’appuie sur la réalité d’une économie puissante. Les Catalans peuvent vivre seuls et les ridicules manœuvres d’intimidation de Rajoy sur les entreprises barcelonaises n’y changeraient pas grand chose. Que la Catalogne soit la véritable locomotive de l’économie espagnole explique bien sûr l’attachement de Madrid à « la cohésion nationale ». Mais cela explique aussi que les avis des élus catalans soient aussi partagés quand leurs entrepreneurs dominent une économie qui rayonne jusqu’aux États-Unis, et dans laquelle ils sont structurellement intégrés.

Dans ces conditions il est parfaitement légitime que s’instaure un débat pour un nouvel équilibre en Espagne, le Govern catalan ne demandant pas autre chose. On peut raisonnablement espérer qu’une majorité se dégagera à Madrid pour mettre un terme à la surenchère franquiste à laquelle se livre Rajoy et les siens. En somme, changer le gouvernement à Madrid suffirait sans doute à dénouer la crise.

Il s’agit là d’une situation à des années lumière de la Corse.

Les conditions géo-historiques sont certes similaires. Mais les données socio-économiques sont, elles, diamétralement opposées.

Ayant fait disparaître l’embryon d’économie voulu par Pasquale Paoli en détruisant notre pays, les gouvernements parisiens, pourtant dirigistes, ne l’ont remplacé par rien depuis plus de deux siècles.

La Corse est aujourd’hui une nation très en retard de développement et d’équipement. Le seul souci de Paris est de la conserver pour justifier le modèle idéologique jacobin. De même, il veut garder la base de Sulinzara qui lui confère un avantage géo-stratégique réel alors qu’elle ne rapporte que des nuisances à la Corse . La crise sociale s’installe chez nous de manière durable mais le gouvernement restreint les transferts financiers entre Paris et Ajaccio . Curieuse façon de manifester la « solidarité nationale » !

La seule réponse politique à un problème posé il y a cinquante ans est de reconstituer le « front républicain », étrange litote pour qualifier le mouvement anti-corse. C’est ainsi que malgré la réforme administrative hexagonale, l’administration manœuvre pour émietter le pouvoir régional en Corse et renforcer ces descendants si vertueux des chefs de tribus qui luttent contre « l’anti France » . Paris préfère installer une mafia d’élus et d’affairistes qui contrôlent le secteur immobilier plutôt que d’aider la Corse à entrer dans la modernité.

Les gouvernements passent, la stratégie étatique demeure, et plus que jamais l’administration gouverne militairement la Corse selon un schéma colonial! Le délit d’opinion remplit les prisons et les pauvres deviennent encore plus pauvres .Et les supplétifs s’enrichissent ! C’est un modèle qui annonce un désastre économique , social et écologique sans précédent !

L’arrière-arrière petit -fils Zuccarelli a bien raison : l’heure est à la clarification. L’important n’est pas de choisir entre les cocoricos de la nostalgie et le nationalisme de la survie, mais entre un ordre féodal et une aspiration à la modernité.

C’est en cela que notre combat ressemble si fort à celui des Catalans…

Ghjacumu Faggianelli
10 octobre 2017

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