Produit CORSU E RIBELLU

X

(Unità Naziunale – 29 septembre 2017 – 17h00) Le Président de l’Assemblée de Corse, Jean-Guy Talamoni sera en Catalogne ce 1er Octobre. Il ne sera pas le seul, une délégation de militants nationalistes (Ghjuvan Marcu Rodriguez Maire, Alanu Mosconi STC, Francescu Benedetti élu CTC…) représentant le mouvement national et la Corse, sera elle aussi présente dimanche en Catalogne.

Le parlementaire Jean-Félix Acquaviva, ainsi que François Alfonsi, président de l’alliance libre européenne (alliance de partis politiques régionalistes en Europe, ndlr) et d’autres militants corses se rendront en Catalogne « en tant que visiteurs internationaux », a expliqué M. Acquaviva.

Il s’agit également d’un geste de « solidarité par rapport notamment au droit démocratique d’un peuple à décider de son avenir », a-t-il souligné, dénonçant « la tension qui existe » entre le gouvernement régional catalan et le pouvoir central espagnol, qui a interdit le référendum. « Quand on est démocrate (…), celui qui a toujours raison, c’est le peuple », a-t-il jugé.

La délégation a prévu de se rendre dans des bureaux de vote à Barcelone et dans le reste de la Catalogne.

Interrogé sur la possibilité d’organiser un scrutin similaire pour l’autonomie de la Corse, le député a répondu que cela « pourrait être une étape à venir », même si « les situations corse et catalane sont différentes », évoquant « les 7 millions d’habitants, la puissance économique et les 35 ans d’autonomie politique » de la Catalogne.

Selon lui, le premier acte sera les élections territoriales de décembre 2017 en Corse, qui doivent désigner la première collectivité unique de Corse, remplaçant les deux départements et la collectivité territoriale actuelle. Depuis les dernières élections en 2015, une coalition nationaliste dirige l’exécutif corse, et trois des quatre députés de Corse sont des nationalistes depuis les dernières législatives.

« Si on vote pour la majorité territoriale (nationaliste, ndlr) en décembre 2017, ça voudra dire que les Corses adhèrent à l’autonomie », juge-t-il. Une « autre étape », sera de « faire valider par le peuple le produit de la discussion » entre cette majorité et le gouvernement sur l’avenir de la Corse.


Cette situation est de nature à éclairer le Gouvernement français dans une hypothèse où les nationalistes corses remporteraient (de nouveau) les élections territoriales de décembre prochain. A ce stade, ils sont bien partis pour gagner et ont déjà annoncé leur volonté de demander l’ouverture de négociations pour parvenir à une consultation référendaire sur l’autodétermination.

Elle pourra utilement servir au positionnement de ceux qui sortiront vainqueurs du scrutin et seront aux commandes de la collectivité unique.

Quoi qu’il en soit, elle montre que l’absence de dialogue est destructrice et conduit au blocage. Ce qui est un problème politique majeur en Espagne peut sans doute être évité en France si le Gouvernement, fort de ces leçons catalanes, anticipe et organise un dialogue constructif et sincère avec les élus de la collectivité territoriale. Cette approche semble compatible avec la philosophie de La République en Marche. Ce serait une première dans l’histoire tourmentée des rapports entre Paris et la Corse. (source)