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(Unità Naziunale – 28 septembre 2017 – 14h00) Discussions sur les articles du projet de loi renforçant la sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme.

Article 4 : cet article permettrait des visites et saisies chez des personnes suspectées de terrorisme, sur décision du ministre de l’intérieur.

Sa réaction à ce projet d’article, dans laquelle j’ai tenu à rendre hommage au Peuple catalan et dénoncer l’arrestation de Franck Paoli :

« Concernant les visites et saisies, qui ne sont jamais que des perquisitions sans juge, je dois exprimer mon inquiétude à l’heure même où le Gouvernement de Monsieur Rajoy fait visiter les ministères catalans par des hommes armés et ordonne la saisie de bulletins avec lesquels les Catalans doivent pacifiquement exprimer leur droit inaliénable disposer d’eux-mêmes.

Si je ne remets pas en cause la nécessité impérieuse de lutter contre la menace exceptionnelle, et ponctuelle, du terrorisme djihadiste, je refuse que cette lutte soit dévoyée afin de défoncer les portes de militants politiques, de zadistes, de bonnets rouges ; dont le droit en vigueur a toujours suffi à contenir les débordements et les risques d’atteintes à l’ordre public.

La campagne d’Europe de l’organisation Daesh est un épisode qui nous a enlevé de nombreux concitoyens mais quand nous l’aurons remportée, nous laisserions inscrit dans le marbre de la loi des dispositions qui permettront de violer de façon permanente les domiciles de présumés innocents ; à la faveur d’un simple soupçon.

Lorsque les patriotes corses avaient fait le choix désespéré de recourir à une violence qui s’est retournée contre eux, il n’y avait aucun état d’urgence déclaré par le législateur.

Et pourtant de nombreux abus ont été commis lors de perquisitions par les forces de l’ordre, cela dans l’indifférence de beaucoup de monde.

A quoi devons-vous nous attendre alors avec un tel texte ?

Depuis 2014, c’est une volonté unanime d’apaisement que les Corses ont exprimé dans les urnes.

Nous craignons que ces perquisitions sans juges, ordonnées selon le bon plaisir de l’Exécutif, aboutissent à provoquer des Corses qui n’aspirent qu’à la paix.

Nous avons vu cette provocation à l’œuvre lors de l’arrestation de Franck Paoli, menée avec des méthodes d’un autre temps et évoquée hier par mon collègue, M. Acquaviva. »

Paul André Colombani
27 septembre 2017