Produit CORSU E RIBELLU

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(Unità Naziunale – 27 septembre 2017 – 13h00) Discussions sur les articles du projet de loi renforçant la sécurité intérieure et de lutte contre le terrorisme.

Article 3 : cet article permettrait d’assigner à résidence des personnes ayant des liens avec une entreprise terroriste.

Nous nous opposons à ce que des militants corses ayant purgé leur peine soient assignés à résidence et traités comme des djihadistes sanguinaires. J’ai voulu brièvement dénoncer le harcèlement de Dumè Tafani mais je réitère bien évidemment mon soutien à Félix Benedetti et Jean-Marc Dominici, et à tous mes compatriotes victimes d’un amalgame aveugle, opportuniste et indigne.

Sa réaction :

« Cet article vise à intégrer dans le droit commun des pratiques d’assignation normalement exceptionnelles et qui étaient devenues une pratique courante à l’encontre des opposants dans les régimes fascistes. Nous refusons que la lutte contre le djihadisme devienne un prétexte opportun pour assigner à résidence, voire provoquer délibérément les Corses, les zadistes, les lanceurs d’alerte, les bonnets rouges ou tout autre activisme qui, sans remettre en cause les fondamentaux de la société européenne, ont pour seul tort d’agacer les Gouvernements au pouvoir.

Or, par souci d’égalité, on veut l’appliquer à des peuples européens, à des militantismes politiques qui n’ont rien à voir avec le djihadisme. En ce moment en Corse, on convoque dans les commissariats des fichés S : je veux vous donner ici l’exemple de Dominique Tafani. Dominique Tafani a été condamné en 2005 pour tentative de reconstitution de ligues dissoutes, pour des faits commis en 1995.

Il a accepté sa sentence, il a purgé sa peine. Il a été convoqué dans son commissariat il y a quelques semaines et on lui a demandé de remettre ses fusils de chasse qu’il détient en tout légalité. On se met à harceler aujourd’hui cet homme car les forces de police craignent d’opérer une discrimination et logent tout le monde à la même enseigne. Le principe d’égalité n’a jamais interdit de traiter différemment des situations différentes. Comment ose-t-on mettre sur un pied d’égalité un militant corse, quand bien même son usage de la violence est condamnable, avec un djihadiste sanguinaire désireux de détruire l’Europe ? Au nom de l’égalité, on fait des amalgames, comme celui de notre rapporteur hier soir. Le principe d’égalité est ici pour nous dévoyé par cet article. »

Paul-André Colombani

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