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(Unità Naziunale 12 août – 7h00) Suite au contact téléphonique que vous avez sollicité et obtenu auprès d’un responsable de notre mouvement, A Manca, donne publiquement ce jour information de ce fait.

En effet, le 10 août 2017, en fin d’après- midi, vous avez eu, en réponse à votre sollicitation, un échange téléphonique avec un de nos responsables. Dans ce cadre, vous vous êtes exprimé sur cette demande de contact, plus précisément sur les motivations qui sont les vôtres. En substance, vous avez repris les points de l’argumentation donnée par vos soins aux médias.

Vous avez également développé un argumentaire relatif à ce que vous estimez être une campagne très négative à votre encontre, notamment via les réseaux sociaux. En souhaitant pouvoir étoffer davantage votre propos et nous communiquer des éléments d’information, vous nous avez fait part de votre présence sur la ville d’Aiacciu très prochainement et dit qu’à cette occasion, de nouveaux échanges pourraient avoir lieu entre vous -même et notre mouvement.

Ce que vous a répondu le responsable contacté par vos soins tient en quelques points :

  • Le principe d’un dialogue peut s’entendre, dans la mesure où nos éventuels interlocuteurs n’appartiennent pas ni ne soutiennent des organisations d’extrême droite. Par conséquent, cette éventualité pourrait être envisagée.
  • Il vous a été réaffirmé de plus le soutien indéfectible que la Manca apporte aux associations qui œuvrent de très longue date pour la préservation des espaces naturels, que ce soit sur le dossier qui vous concerne ou encore dans le cadre des très nombreuses autres actions et procédures engagées par leurs soins.
  • A Manca, en tant que mouvement politique, appartient au Collectif pour l’application de la « loi littorale » et ce, depuis de nombreuses années et en reste adhérente.

Sauf à vouloir intentionnellement travestir le contenu de cet échange téléphonique, vous voudrez bien monsieur convenir de l’exactitude de ces propos. Sachez que dans le droit fil de ce contact, nous avons fait immédiatement savoir aux responsables des associations, ABCDE et U Levante, l’existence et la teneur de votre démarche.

Sans présager d’une éventuelle rencontre, qui aurait de toutes les manières, un caractère parfaitement public (préalable non négociable pour notre part), il nous importe de préciser de nouveau les éléments qui suivent :

Pour A Manca, les espaces naturels de notre pays (littoral, mer et montagne) appartiennent collectivement à toutes les femmes et les hommes de notre pays. A ce titre, nous nous opposons et nous condamnons toutes les formes de spéculation et autres tentatives d’accaparement, que celles-ci soient le fait d’intérêts corses et/ou  internationaux.

Le sujet des constructions sur la Rundinara, comme c’est le cas dans des centaines de lieux sensibles, s’inscrit toujours pour notre part dans le cadre d’un projet de société que nous rejetons parce qu’attentatoire aux modes et moyens de vie de notre peuple, en particulier, ceux des classes populaires.

Les questions fondamentales (politiques, sociales, économiques et culturelles) qui engagent le présent et l’avenir de notre pays, doivent faire l’objet permanent de débats, d’informations et de communications à la condition incontournable du respect du droit imprescriptible à l’autodétermination du peuple corse et donc, de notre communauté de destin.

Il va sans dire qu’à nos yeux, les cénacles auto-proclamés, les lobbies et les groupes de pression de toute nature n’ont aucune légitimité dans le domaine des affaires publiques.

En conclusion, nous ne pouvons monsieur que vous inviter, comme d’autres, à reconsidérer votre position. Si vous êtes réellement soucieux du bien public, alors il convient de mettre vos paroles et vos actes en adéquation. Sur la Rundinara, comme en d’autres lieux, l’espace doit être délivré des emprises immobilières et donc rendu à son état d’origine.

La puissance présumée de l’argent peut laisser à penser que les femmes et les hommes de notre pays sont unanimement disposés à se soumettre à son diktat, ce que démentent des années de luttes.

Les tribunaux français, souvent en dépit des lois ou en « subtils » accommodements, malmènent quelquefois l’espace de la légalité dont ils se disent pourtant dans le même temps les dépositaires. C’est également le cas des institutions locales, elles aussi très théoriquement prévues pour garantir les intérêts collectifs. A cela s’oppose une légitimité populaire qui n’a toujours pas abdiqué devant l’ensemble de ceux qui veulent faire de notre pays la terre de toutes les prédations.

Voilà monsieur ce que nous vous disons aujourd’hui et que nous avons fermement l’intention de vous répéter dans l’éventualité d’un débat, encore une fois à caractère parfaitement public.

En réaffirmant ce jour notre soutien plein et entier aux associations ABCDE et U Levante, veuillez recevoir, Monsieur, l’assurance de nos salutations socialistes, autogestionnaires et démocratiques.

A Manca

11 août 2017

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