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(unità naziunale – 11 aout 2017 – 11hoo) L’emblématique club bastiais pourra-t-il revenir des portes de l’enfer où il se trouve désormais ? Ou sera-t-il condamné à un très long purgatoire avant de retrouver l’éclat de ses années de gloire ?

Si tant est qu’il sera capable un jour de reprendre la roue des « grosses pointures » du championnat de France dont les budgets se chiffrent en centaines de millions d’euros. De toutes façons, le club a vécu cette année la fin d’une époque.

Il y a eu l’époque où tout semblait possible pour qui avait le feu sacré, sans considération des réalités financières et professionnelles les plus basiques. Les années 70 nous font encore rêver, quarante ans plus tard, finaliste de la Coupe d’Europe en 1978, vainqueur de la Coupe de France en 1981. Mais elles sont révolues.

La force du club a été de le comprendre, et de construire un modèle économique et sportif qui lui a permis, avec des hauts et des bas, de maintenir son rang parmi les quarante meilleures équipes françaises, celles des Ligues 1 et 2 du championnat de France, et plus souvent en Ligue 1 qu’en Ligue 2. Régulièrement en compétition pour le maintien en Ligue 1, ou pour l’accession durant les années de Ligue 2, le Sporting a durant les années 90 et 2000 pris son rang dans le « ventre mou » du football hexagonal, souvent avec brio.

Le « business model » de cette période est bien connu : budget minimum (régulièrement le plus faible de la Ligue 1), public maximum (même avec ses excès regrettables, il reste l’arme numéro un du club, celle qui attire les sponsors et les bons joueurs au-delà du raisonnable économique), et gestion avisée, dans les recrutements (le Sporting a su faire régulièrement de bonnes affaires pour se refinancer comme avec Mickaël Essien), et aussi dans le réalisme de comptes qui ne s’écartaient pas de l’équilibre.

Cette période a été marquée par des hauts et des bas, et par un drame, celui de la tribune de Furiani qui s’est effondrée en entraînant des centaines de supporters dans l’horreur, alors que le club disputait la demi-finale de la Coupe de France contre Marseille, le club français numéro un de l’époque.

Relégué en Ligue 2, le club se relèvera de ses blessures, et la période qui a suivi a coïncidé avec la révélation d’un entraîneur désormais renommé, Frédéric Antonetti, qui, de 1994 à 2001, a fait ses premières armes à Bastia. Avec lui le club a retrouvé la Ligue 1, et même la première moitié du classement, au même rang que bien des équipes bien mieux dotées budgétairement.

La dernière période a commencé tambour battant après une relégation du club en National à la fin des années 2000. Une nouvelle équipe dirigeante reprend le flambeau du club, conduite par Pierre Marie Geronimi, recrute un nouvel entraîneur emblématique, Frédéric Hantz, et bénéficie du sponsoring d’une des entreprises les plus actives sur ce plan en France, Oscaro.com, dirigée par Pierre Noël Luiggi. La machine repart plein pot, retour en Ligue 2 dès la première année, puis en Ligue 1 après une nouvelle année à peine et après avoir gagné le titre de l’année 2012 en Ligue 2. Le public exulte, parfois un peu trop, mais cela forge aussi l’identité du club dans un sport où le profil « mauvais garçon » n’est pas toujours malvenu. Souvenons-nous par exemple d’Eric Cantona.

Dans les années 2014 à 2016, la machine s’est déréglée. Première alerte en 2015, le club est d’abord relégué en National, puis repêché grâce à la vente d’un de ses meilleurs joueurs de l’époque, Ryad Boudebouz, qui bouche un trou de 1,3 millions d’euros.

Deux ans plus tard, Pierre Noël Luiggi, sponsor principal et animateur du collectif de repreneurs qui voulait sauver le club de la faillite annonce que le déficit auquel il faut faire face désormais s’élève à 20 millions d’euros ! Aussi le challenge était particulièrement compliqué car le trou qui a été creusé est abyssal.

Onze entrepreneurs corses se coalisent avec Pierre Noël Luiggi et Frédéric Antonetti et apportent en catastrophe la garantie de 5 millions d’euros d’argent frais. Mais les choses avaient déjà été très loin, alors que le championnat était sur le point de reprendre, la relégation en National actée et le club déjà remplacé au sein de la Ligue 2.

Jusqu’au bout, Pierre Noël Luiggi a espèré que la Fédération Française de Football entende son appel : « Nous arrivons tard car les dirigeants sortants sont passés tard devant la DNCG et n’étaient pas prêts à laisser la place. On veut reprendre le club de Bastia. On sait très bien qu’avec une nouvelle gestion, on n’aura plus d’incidents, de débordements. On arrive tard, mais avec un vrai projet. Pourquoi couper la tête de Bastia parce qu’on arrive un peu tard ? »

Le Sporting Club de Bastia était prêt à changer d’époque. Les instances du football français ne lui en ont pas laissé l’occasion. C’est depuis le championnat de National 3 que le club doit repartir, en ayant perdu son statut de club professionnel. Le dépôt de bilan laisse 75 salariés au bord du chemin.

Mais, malgré l’échec du plan qu’ils avaient présenté pour que le SCB reste un club professionnel et qualifié en Ligue 2, la nouvelle équipe dirigeante, onze entrepreneurs parmi les plus importants de Corse, ont décidé de relever le club et de le relancer.
Une nouvelle époque commence.

François ALFONSI

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