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Se tiennent aujourd’hui les Ghjurnate Internaziunale di Corti (<– Lien ici) avec le Meeting de Corsica Libera

Voici le discours de la Présidente de Sulidarità Katty Bartoli :

Bona sera à tutte e à tutti, Simu sta sera adduniti una volta di più pa i Ghjurnate Internaziunale di Corti.

Per à prima volta per l’Associu Sulidarità, quist’annu ci manca a prisenza di u nostr’amicu e Presidente Ghjuvan Maria Poli, smaritu u 14 di Ghjennaghju Scorsu lasciendu un viotu tamantu in li nostri cori. Caru cumpagnu, ci manchi assai, manchi à a Corsica, à a nostra lotta.

Jean Marie était l’incarnation du combat pour la défense des prisonniers et recherchés politiques.

Il était avant toute chose un Homme, sincère, droit, bienveillant, qui durant toute sa vie a œuvré pour les autres. Il était présent aux côtés des prisonniers et de leurs familles, il était élu à l’assemblée, il était notre président, il était, est , et demeurera un exemple pour chacun d’entre nous.

Caru Ghjuvan Maria ùn ci scurderemu mai di tè !

Je vous demande de vous lever et d’applaudir l’homme qu’il était, et qu’il restera à jamais dans nos cœurs. Merci.

Depuis l’an dernier et comme nous l’avons résumé à l’occasion du débat d’hier, la situation des prisonniers et recherchés politiques Corses n’a non seulement pas évolué mais dans certains cas, empiré…

En effet, avec l’arrivée du Fijait, véritable loi scélérate, on a vu des dizaines d’anciens prisonniers politiques être contraints à pointer tous les trois mois pendant 10 ans. Bien entendu, ces hommes ayant effectué leurs peines, ils ont refusé de se soumettre à ce nouveau contrôle judiciaire absurde et totalement arbitraire.

L’un d’entre eux à été jugé et relaxé en Avril, et un autre sera jugé en Octobre. Nous exigeons la fin de ce fichier ainsi que la relaxe pour les patriotes qui seraient amenés à se retrouver devant un tribunal pour avoir refusé cette énième injustice. Cette année fut également celle de la répression aveugle à l’encontre de la jeunesse.

Près de 200 jeunes corses ont été interpellés depuis le début de l’année, plus d’une quinzaine ont été incarcérés et 2 le sont toujours. Nous rappelons qu’un jeune militant élu à l’assemblea di a Ghjuventù a été libéré en début de semaine sous contrôle judiciaire après plusieurs mois de détention sans motif valable. Placée en garde à vue très, voir trop souvent sans motif valable, notre jeunesse à été la cible d’une campagne de fichage sans précédent, on a vu cette année des rafles de 27 jeunes, juste pour leur prélever leur ADN !

Si nous laissons cela passer, quelle est la prochaine étape ?

Nous exigeons en ce sens la libération des 2 jeunes militants nationalistes incarcérés à la prison de Borgu depuis 3 mois Et l’arrêt immédiat de cette politique de déstabilisation visant à décrédibiliser le processus de paix que la corse et les corses appellent de leurs vœux.

2017 aura aussi été l’année du manquement à la parole donnée.

En effet, malgré les promesses faites par le président Hollande aux présidents de notre assemblée, Cédric Courbey, Antoine Pes, et Pasquale Pozzo Di Borgo sont toujours en exil carcéral, alors que rien ne s’oppose aujourd’hui à leur rapprochement. Nous exigeons donc leur rapprochement immédiat sur leur terre dans l’attente de leur libération.

Nous tenons ce soir à rappeler le cas des deux militants recherchés Franck Paoli et Jean Christophe Albertini soyez assurés de notre soutien, tenite forte, chè ogni ghjorni luttemu per fà chi u vostr’avvene sia fattu di libertà !

Il convient de rappeler que si ces deux militants venaient à se rendre ou à être interpellés et dans le cas ou, comme l’état en est coutumier, ils devaient être incarcérés, nous exigeons qu’ils le soient en Corse dans l’attente de leur libération dans le cadre d’une loi d’amnistie pour toutes les personnes condamnées ou poursuivies pour des faits en relation avec la situation politique de la Corse, comme le stipulaient les deux précédentes lois d’amnistie !

Si les cas des 3 de Paris sont mis en lumière aujourd’hui, il ne faut pas oublier que de nombreux patriotes sont toujours en exil carcéral. 4 Prisonniers politiques sont également incarcérés à Borgu et le fait qu’ils y soient ne constitue pas une fin en soi ! Le combat continuera tant qu’il restera un seul prisonnier ou recherché politique ! Ce combat nous le menons avec l’Associu Sulidarità en partenariat avec les élus de la Corse , qui depuis la victoire électorale de Décembre 2015 œuvrent à créer les conditions d’un dialogue avec l’état dans le but d’aboutir à une solution politique. Présents sur tous les fronts, les élus de la majorité territoriale ont su depuis le début de la mandature, régler de nombreuses crises, Et , ont en deux ans à peine, effectué plus de travail que leurs prédécesseurs en 10 ans.

La victoire de 2015 n’aurait pas été possible sans le geste courageux, et fondateur du FLNC.

Cette victoire n’aurait pas été possible sans les sacrifices consentis par de nombreux militants qui ont donné leur liberté et de trop nombreuses fois jusqu’à leur vie pour leurs idées ! Mais la victoire de 2015, si elle a permis de réveiller les consciences, de prouver à notre peuple qu’il était libre, libre de décider de son avenir, libre de voter selon ses convictions, était surtout symbolique.

Symbolique car les grands chantiers qui nous attendent ne se réalisent pas en 2 ans, car la Corse ne se construit pas en 2 ans. C’est pourquoi, la victoire de Décembre 2017 elle sera concrète ! Elle permettra d’enfin ouvrir un processus de discussion avec Paris sur l’avenir de notre Pays, et surtout d’initier un processus de paix que l’ensemble des Corses attendent depuis des années !

Ce processus de paix aura pour premier acte une loi d’amnistie et devra à terme, aboutir à l’indépendance pleine et entière de notre nation dans le cadre d’une Europe plus juste, où les minorités ne seront plus opprimées culturellement ou politiquement. Amnistie, Statut de résident, statut fiscal, co-officialité, modification de la constitution, ce ne sont pas des fantaisies, ce sont les revendications légitimes d’un peuple millénaire en lutte pour sa survie.

Refuser ces mesures, nier l’expression démocratique de la volonté populaire qu’a été le scrutin de décembre 2015 qui est venu donner à ces revendications un poids sans précédent , c’est signer l’arrêt de mort de notre peuple et de sa terre, ces mesures sont vitales.

La France, anciennement Patrie des droits de l’Homme, oui je dis bien anciennement parce que l’on peut se demander ou est le respect des droits de l’homme, lorsque l’on voit le sort réservé à nos prisonniers, Lorsque l’on voit les mascarades que sont les procès ou l’on condamne a de lourdes peines des corses sans preuves, Lorsque l’on voit les rafles, Lorsque des ministres viennent jusque dans notre assemblée nier la démocratie voire même la réalité en déclarant qu’il n’y a pas de prisonniers politiques. Maintenant nous demandons au gouvernement Français quelles sont ses intentions, au regard de la politique menée ces dernières années, et du silence observé depuis l’élection de Mr Macron il est peu probable qu’elles soient identiques au nôtres…

Da a parte di a Corsica, a vulintà hè chjara ! L’ora hè più chè mai à l’unità, l’unità in carrughju da difende i nostri diritti è i nostri patriotti, ma dino e sopratuttu l’unità pulitica da vince di Dicembre e cummincià infine à custruì una Corsica sviluppata, una Corsica Ghjusta, una Corsica Libera !

Katty Bartoli
Présidente de l’Associu Sulidarità
6 Août 2017
Ghjurnate di Corti

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