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(Unità Naziunale – Conférence de presse du 26 juillet 2017 – 17h00) Le parti indépendantiste Rinnovu s’est exprimé ce matin à Bastia, au sujet du projet du président de l’exécutif corse, Gilles Simeoni,  de créer un grand parti nommé « Femu a Corsica ».

« La démarche philosophique indiquée par Gilles Simeoni ne semble pas être à la hauteur des enjeux qui attendent la Corse » 

Voici le texte de la Conférence de presse : 

Depuis décembre 2015, et la victoire du Mouvement National, aux élections Territoriales, le peuple corse affirme une volonté marquée d’émancipation politique.

Or, du côté de l’Etat, de la visite de Manuel Valls, en juillet 2016, à la feuille de route plus que vierge du nouveau président de la République, Emmanuel Macron, il existe manifestement une situation et une volonté de blocage face à ces aspirations populaires légitimes.

Les élections Territoriales, de décembre 2017, seront l’occasion de poser les bases d’un rapport de force politique nécessaire avec l’Etat. Les 5 années qui viennent ne devront pas être celles de négociations à minima. Il conviendra, au contraire, de créer les conditions d’un véritable processus politique de décolonisation et d’émancipation progressive. Pour le Rinnovu, les institutions corses doivent aller dans le sens de l’histoire : Celui de la souveraineté.


Pour Rinnovu, Gilles Simeoni n’est « pas à la hauteur »

En effet, 350 millions d’Européens vivent, aujourd’hui, dans des régions qui sont régies par des statuts d’autonomie interne, à l’image des îles voisines à la Corse. L’Ecosse et la Catalogne sont potentiellement, à court terme, de futures nations indépendantes d’Europe occidentale, sans oublier Malte, plus petite que le Cap Corse, qui est déjà indépendante et membre de l’UE. Rinnovu réaffirme la nécessité d(obtenir une feuille de route claire avec un statut fédéral d’île « associée autonome » en 2022 et sur une période transitoire de 10 ans, suivi d’un referendum d’autodétermination sur le choix de l’indépendance en 2032.

La question de la terre, et de sa défense, sera également à affirmer pleinement. Depuis 1960, et les premières revendications à l’Argentella, le Mouvement National et plus particulièrement le FLNC a toujours été à la pointe du combat contre la spéculation et pour la préservation de la terre.

Aujourd’hui les associations de défense de l’environnement sont menacées par ceux, corses ou non, qui cherchent à spéculer et brader la terre de Corse.

La dernière affaire à la Rundinara est symptomatique d’une dérive, où, les hommes puissants peuvent contourner la loi pour jouir de villas californiennes dans un espace remarquable et inconstructible. La Corse a besoin de protection. Le PADDUC Giacobbi doit être renforcé, notamment sur le fait que 50000 hectares de terres agricoles ne sont pas cartographiées et potentiellement livrées à la spéculation. Il n’est pas normal que le Plan d’Aménagement de l’Etat, en 1992, soit plus protecteur, sur ce point, qu’un PADDUC de l’Assemblée de Corse en 2015.

C’est ce message que nous voulons porter, dans les semaines à venir, et notamment dans la perspective des élections Territoriales.

Dans ce contexte d’agressions, nous préconisons la mise en synergie de toutes les forces vives, aussi Rinnovu reste attaché à l’union des nationalistes. « A Scelta Patriottica », porteuse d’espoir, doit être une réalité politique car elle est espérée et souhaitée par une grande partie de l’électorat nationaliste. Dans les jours à venir, nous prendrons d’ailleurs contact, avec l’ensemble du Mouvement National, pour évoquer la question des possibilités d’une hypothétique union aux élections.

Toutefois, Rinnovu prend acte du message du Président de l’Exécutif, Gilles Simeoni, qui appelle à transformer Femu A Corsica en Parti présidentiel. Au-delà de la structuration interne propre à ce mouvement, la démarche philosophique indiquée par Gilles Simeoni ne semble pas être à la hauteur des enjeux qui attendent la Corse. Elle s’apparente plus à la nécessité d’aller dans le sens d’intégrer les « nouveaux patriotes de la 25e heure » que de créer les conditions de l’union de tous les nationalistes. On est plus dans une démarche de chef de Parti que dans celle d’un fédérateur. L’opinion publique nationaliste ne comprendrait pas que l’on puisse privilégier, électoralement, ces nouveaux « Corsistes » alors que l’ostracisme est de mise envers des militants qui se battent depuis 40 ans sur tous les terrains de luttes.

Depuis la victoire nationaliste de décembre 2015, Gilles Simeoni était en situation d’être le rassembleur du Mouvement National. Il a la légitimité populaire pour conforter, dans le pluralisme des mouvements patriotiques, un véritable projet alternatif pour la Corse et son peuple. Malheureusement à ce jour il n’a initié aucune assise de la refondation associant les différents mouvements.

Cette initiative du 29 juillet, ne va même pas créer l’unité du courant autonomiste historique, elle accentue la fracture avec le courant indépendantiste , par contre elle risque de servir de marche pied aux ralliés de toutes sortes qui montent dans le train de l’histoire à la dernière gare.

Rinnovu prendra toutes ses responsabilités et cherchera à œuvrer pour le seul intérêt qui doit guider nos démarches politiques, celui de la Corse et de son peuple.

U RINNOVU NAZIUNALI
26 juillet 2017

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