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Gilles Simeoni a décidé de prendre directement les choses en main.

L’appel qu’il a lancé ce dimanche 16 juillet pour fonder enfin « Femu a Corsica, parti de gouvernement » était attendu par la très grande majorité des militants et sympathisants. Il a fixé un rendez-vous : le dimanche 30 juillet à Corti. Et un objectif : déboucher réellement sur une structure unique, instrument nécessaire pour arriver aux objectifs politiques que nous nous sommes fixés : la reconnaissance du peuple corse et l’autonomie de la Corse.

Après sept longues années de surplace organisationnel, depuis la liste constituée en 2010 à celle qui a remporté les élections de décembre 2015, et, après deux ans bientôt passées à la tête des institutions de la Corse, la promesse de structurer définitivement le mouvement autonomiste en un seul parti de gouvernement peinait à se concrétiser.

Avant que ne se referme la fenêtre de l’été, Gilles Simeoni a décidé de prendre le taureau par les cornes. Le 30 juillet prochain, nous serons plusieurs centaines de militants à Corti pour accompagner cette décision indispensable pour affronter les défis que le peuple corse aura à relever, face à l’Histoire, dans les années qui viennent.

L’appel qu’il vient de lancer par voie de presse et à travers les réseaux sociaux fait enfin bouger les lignes. C’est justement le rôle de ceux qui font fonction de dirigeants de bousculer le conservatisme inhérent à toute démarche humaine.

Il est des exemples actuellement sur le continent qui démontrent que l’immobilisme et la rétractation sur des situations réputées acquises peuvent conduire, en quelques mois, à des catastrophes politiques. Le parti socialiste, les écologistes, et même les Républicains en font l’amère expérience, et tout cela renvoie à la célèbre expression « il n’y a pas loin du Capitole à la Roche Tarpéienne ».

Il y a quelques mois à peine, le PS tenait la majorité de l’Assemblée, le gouvernement et la Présidence de la République. Il n’est plus qu’un groupe très minoritaire désormais, et la question de sa survie politique est posée. Les Républicains avaient la victoire à portée de main ; ils sont aujourd’hui marginalisés et divisés. Quant aux écologistes d’EELV, ils sont en perdition alors même que celui qui aurait pu être leur figure de proue, Nicolas Hulot, est aux plus hautes fonctions. Et cela en huit mois à peine….

Se structurer plus solidement et plus démocratiquement ne signifie pas que l’on veut remettre en cause la ligne politique qui a fait ses preuves et dont la légitimité vient d’être confortée par le résultat des élections législatives. Gilles Simeoni confirme son intention de reconduire la majorité territoriale Pè a Corsica formée par Femu a Corsica et Corsica Lìbera, « acquis majeur et irréversible ».

Mais il veut aussi capitaliser la confiance de « dizaines de milliers d’électeurs et d’électrices qui n’avaient pas voté nationaliste au premier tour, et qui, au deuxième tour, ont décidé de faire confiance à des candidats qui ont pris l’engagement d’être, non pas seulement des députés de leur famille politique, mais ceux de la Corse toute entière et de l’intérêt général ». Pour ceux-là, le rôle de Femu a Corsica, qui est la première force politique de la majorité, est essentiel.

Sa forme actuelle regroupe trois mouvements issus des années 2 000, Inseme pè a Corsica, Chjama Naziunale et le PNC. Elle est obsolète, et illisible pour l’opinion en général, dès que l’on sort du cercle rapproché des militants de ces trois structures. L’heure est venue de dépasser ce cadre ancien et de proposer un cadre nouveau, celui d’un « véritable parti de gouvernement, adossé à un fonctionnement respirant et démocratique, ouvert à la société civile, présents sur tous les terrains de lutte et d’action, au plan interne comme au plan international ».

Dimanche 30 juillet à Corti se tiendra une grande réunion constitutive qui actera la création de Femu a Corsica, parti de gouvernement appelé à être en charge de la transformation de la Corse pour en faire « un pays moderne et développé ».

Ce que nous avons construit ces dernières années nous permet les plus grands espoirs. Il faut désormais se mettre en ordre de marche.

L’ora hè vinuta !

François ALFONSI

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