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Les résultats des élections législatives du dimanche 18 juin 2017 consacrent une nouvelle victoire pour la démarche « Per a Corsica ».

Trois élus patriotes sur quatre circonscriptions sont donc appelés à siéger au parlement français. Cette victoire s’inscrit dans la lignée de celle précédemment obtenue aux élections territoriales du dimanche 13 décembre 2015. Aux antipodes d’un vote de circonstance, qualifié « d’identitaire » par l’actuel Premier Ministre de la France, Edouard Philippe, ce nouveau plébiscite constitue plutôt une profonde aspiration – citoyenne corse – au changement.

C’est tout autant un élan qui, à l’écart des programmes anesthésiés, dès lors qu’il s’agit de la Corse, des partis français droite et gauche confondues, aspire à l’émancipation à partir de ce que nous sommes. Refusant autant la sujétion que la dépendance.

La symbolique on ne peut plus manifeste revient à la II ème circonscription de Corse du Sud avec le succès des candidats patriotes Paul André Colombani et Pierre Jo Filiputti sur le représentant de la droite française et légataire de cette lignée familiale qui marque l’histoire électorale de Portivechju au XXème siècle, Camille de Rocca – Serra. D’ailleurs, dans la cité du sel, ce dernier arrive derrière  » Per a Corsica  » avec un score de 47,96 % contre 52,04 %. Camille de Rocca Serra paie avec le temps, à force de délaissement, sa filiation directe avec Paris. Les travaux accomplis par la nouvelle majorité territoriale malgré une courte mandature, l’orientation économique et sociale novatrice démentent par les faits ceux qui encore ne voient l’avenir de la Corse qu’à travers la France.

Aujourd’hui penser la Corse, c’est considérer avec raison que le centre de décision, d’expérimentation et de projection est nôtre. Sans faire l’impasse ou relativiser ce lien intrinsèque et historique qui fait de nous un Peuple. Sans ignorer les droits de ce dernier, particulièrement en matière d’auto – détermination.

Portivechju, cité emblème d’un bastion imprenable, perd des pans de son prestige désormais ébréché. Ces dernières années ont démontré un mécontentement populaire autant qu’un accroissement du vote de rejet de la politique menée d’une part, et d’adhésion au changement et à l’aspiration patriote d’autre part. Le déclin de notre culture populaire et territoriale au profit d’un tout-tourisme déstructurant et d’une brutale dépossession foncière accentue ce fort et légitime sentiment d’injustice. Le  » ùn simu piu indé noi  » est largement et quotidiennement exprimé, y compris au coeur même des franges hier encore hostiles aux idées nationalistes …

Remettre les porto – vecchiais comme acteurs et bénéficiaires au coeur d’un tout autre et initiateur projet communal est une tâche ardue mais cela suppose avant tout que les forces patriotiques et progressistes – qui constituent la majorité dans la cité du sel – se donnent une nouvelle et plus audacieuse stratégie de conquête en ne reproduisant pas les précédents schémas éculés d’isolement et de neutralisation du mouvement de libération nationale et en résolvant aussi à l’interne – mais clairement – les questions d’achoppement. Si il est facile d’affirmer faire  » table rase du passé « , il est plus difficile d’évoluer en pratiquant la politique de l’autruche… Un nouveau contexte est apparu et il faut impérativement en tenir compte. Même si il ne s’agit pas de la situation porto – vecchiaise – mais sa rédaction est riche pertinemment d’enseignements – le texte de notre ami Patriziu Murati rappelle à une autre échelle combien il est important de savoir  » ce qu’il ne faut plus faire  » afin que le Mouvement Patriote dans ses diversités puisse pérenniser ses victoires qui doivent en appeler d’autres.

Le dernier communiqué de  » U Riacquistu di Portivechju  » est – en la matière – on ne peut plus clair :  » s’atteler à renforcer toutes les convergences patriotiques et progressistes afin d’ancrer le développement économique, social et culturel de notre cité du sel dans ce dessein national tel que préconisé par l’ensemble du mouvement patriotique.  »

Dans cette ambiance, toutes et tous, avons un rôle important à jouer, sans ambiguïté et sans hypocrisie. Nous devons – sans forfaiture – mettre en place une stratégie commune sur l’objectif à atteindre. Si demain peut nous appartenir, demain commence aujourd’hui.

Faisons nôtre la maxime de la poétesse Elisabeth Barrett Browning :  » éclaire demain avec aujourd’hui « .

Ulivieru Sauli

6 juillet 2017

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