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Réuni à Corti le 08 mars 2009, le Conseil National du STC apporte son soutien fraternel à Elie DOMOTA, secrétaire général de l’UGTG (syndicat des travailleurs de la Guadeloupe) et porte-parole du LKP (regroupement de 48 organisations), menacé de poursuites judiciaires par le représentant de l’Etat français.

Les accusations de « racisme » portées contre lui visent à faire diversion et à diviser un mouvement exemplaire qui a toujours fait preuve de maîtrise et de responsabilité, même après l’assassinat du syndicaliste Jacques BINO dans des circonstances qui ne sont toujours pas élucidées.

Tout au long d’un conflit, qui se poursuit sous d’autres formes, les représentants du MEDEF comme ceux de l’Etat n’ont cessé de multiplier les obstacles à l’ouverture des négociations, les tentatives de division, les pièges, les peaux de bananes pour qu’elles n’aboutissent pas. En vain. La profondeur du mouvement à imposé un accord malgré ceux qui n’en voulaient pas.

Lorsque, le mercredi 28 janvier 2009 le préfet a brusquement quitté la négociation qui se déroulait entre d’un côté le collectif Lyannaj Kont Pwofitasyon, et de l’autre les élus, les représentants des socioprofessionnels et l’encadrement de l’Etat, Elie DOMOTA a déclaré publiquement :

« … Nous affirmons que la société guadeloupéenne s’est construite sur des rapports de race et de classe depuis 400 ans…Au sommet de la pyramide on retrouve les blancs et les européens, au bas de l’échelle se situent les nègres et les indiens, c’est un constat ! En analysant les 50 plus grandes entreprises, leurs cadres ne sont pas des guadeloupéens d’origine africaine ou indienne, c’est la vérité ! En observant les administrations, les services de l’Etat, les chefs de services et les cadres ne sont pas majoritairement des guadeloupéens d’origine africaine ou indienne. Dire le contraire, c’est mentir !… Nous connaissons des diplômés « à la tonne », ils ne travaillent pas en Guadeloupe ! …

ujourd’hui en Guadeloupe on embauche du personnel sous le sigle BBR : bleu blanc rouge… Prenons des entreprises comme Carrefour, Mr Bricolage, est-ce que la photographie de leur encadrement correspond à la réalité ethnique de la Guadeloupe, à la réalité sociale ? Non et non ! Prenons des commerces comme Décathlon, Kiabi, Casino… le personnel est venu de Paris ! Il est surprenant d’embaucher un personnel venant de Paris pour être caissière à Pointe-à-Pitre : lorsque nous posons ce problème, on nous taxe de racisme ! Comment voulez-vous que la paix sociale existe en Guadeloupe si les Guadeloupéens ne peuvent pas y travailler ?… »

Ces propos lucides d’Elie DOMOTA ont d’autant plus de résonance pour le STC, qu’ils pourraient s’appliquer à la structure de l’emploi en Corse car, pour l’essentiel, la situation des travailleurs corses est très largement comparable à celle des travailleurs guadeloupéens.

Le Conseil national du STC salue le courage et la ténacité de nos frères guadeloupéens dans le combat syndical.

Il s’associe à eux pour dire : « NON A TOUTES LES PWOFITASYONS ! »

Corti, le 08 mars 2009

STC