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Trois députés nationalistes corses iront donc siéger au Palais Bourbon à Paris ! Séisme politique, événement tellurique, tsunami, les qualificatifs extraordinaires des observateurs ne manquent pas pour commenter cette dynamique ascendante qui ne cesse de se confirmer de scrutin en scrutin pour les nationalistes corses.

Et pourtant, rien de bien surprenant, tant les « ingrédients » du succès sont rassemblés : le rejet du « vieux système », l’insupportable inertie des sortants, leurs divisions, leur absence du terrain, le scandale des « affaires », d’une part pour le contexte « favorable », l’union des nationalistes, leur force militante, la crédibilité acquise par des années de luttes et de sacrifices, et un travail sérieux de la majorité territoriale réalisé depuis 18 mois, d’autre part pour les atouts qu’il nous faudra savoir cultiver et enrichir pour s’inscrire dans la durée et construire la paix et le développement de la Corse. Une nouvelle ère s’ouvre enfin.

«L’électorat se fidélise, quel que soit le scrutin, et les nationalistes s’installent comme une force incontournable dans le paysage politique insulaire » commentait Arritti la semaine dernière. Ce second tour du scrutin législatif confirme l’analyse, et de manière éclatante ! Après avoir affiché une progression en voix de +4.447 voix au premier tour, par rapport au scrutin de 2012, Pè a Corsica explose son compteur dans ce second tour, avec un bond de +20.257 voix par rapport au premier tour, et une progression de +29.155 voix par rapport à l’élection législative de 2012 (le score était alors de 25.027 voix pour les deux candidats Femu a Corsica qui s’étaient maintenus). Impressionnant ! Mieux, les nationalistes progressent même par rapport au scrutin territorial, avec +1.343 par rapport au second tour de l’élection de décembre 2015 ! Et encore, s’ils avaient pu se maintenir au second tour du scrutin de la première circonscription de Corse du Sud, le score général en Corse de 54.182 voix aurait été amplifié.

C’est dire la marge de progression dont ils disposent pour affronter l’élection territoriale de décembre prochain !

Dans la seconde circonscription de Corse du Sud, Paulu Andria Colombani et Pierre Jo Filipputti réalisent ainsi 2.516 voix de plus par rapport aux résultats de Femu a Corsica en 2012. Ils sortent premiers dans 45 communes sur 76 que compte la circonscription avec des scores époustouflants comme à Guittera (88,52%), Vighjaneddu (85,96%), Èccica Suaredda (85,25 %), ou Granace (85,94%)… À noter aussi les scores de Aiacciu (61,97%) (13 bureaux rattachés à la circonscription de l’extrême sud… aberrant !), mais aussi Portivechju (52,04 %) Bonifaziu (55,61 %), Sartè (62,72%), Petrusedda (53,39%)…

Dans la première circonscription de Haute-Corse, même euphorie. Miché Castellani et Juliette Ponzeverra arrivent premiers dans 36 communes sur 45 que compte la circonscription, avec, là encore, des scores énormes : 91,30% à Ogliastru, 85,44 % à Santu Petru di Tenda, 78,41 % à Luri, 75 % à Centuri, etc. Et puis bien sûr, le score bastiais : 63,87% des suffrages ! Miché Castellani se paie même le luxe d’arriver premier dans la commune du sortant : Biguglia, où il devance de 13 voix son adversaire avec 50,23%!

À noter encore le score de Lucciana (66,02%), de Furiani (66,61 %), de Ville di Petrabugnu (54,24%), de San Fiurenzu (63,84%), de Siscu (81,34%), d’Oletta (63,53%)…

Enfin, seconde circonscription de Haute-Corse, avec 191 communes, c’était la plus vaste des trois. La campagne électorale la plus difficile, donc, pour se transporter partout dans un laps de temps très court. Là encore, c’est énorme ce que réalise Pè a Corsica : Jean-Félix Acquaviva et Petru Antò Tomasi arrivent en tête dans 141 communes, avec des scores qui frôlent le plébiscite : Erone (100%), Pianu (100%), Belgudè (95,44 %), Fucichja (94 %), Tralonca (94,12 %), Pedi d’Orezza (93,75 %), Alandu (92 %), Pedipartinu (91,67 %), Lozzi (90,55 %), Upulasca (90,16%)…

À noter, là encore, les scores de Ghisunaccia (65,56 %), Calvi (75,71 %), Isula Rossa (74,23 %), Corti (69,79 %), Munticellu (76,06%), Galeria (86,69%), Calinzana (82,75 %), Lumiu (72,69 %), San Niculau (67,25 %), Viscuvatu (53,92%), Merusaglia (72,41%), Cervioni (53,31%), etc.

Des régions entières deviennent des places fortes nationalistes, comme la Balagna !

Bien sûr, les natios ont le vent en poupe, bien sûr, la personnalité de nos candidats, entre un candidat qui imprime la nouvelle génération militante, un leader, et un cadre qui personnifie à lui seul 50 années de combats ! Mais saluons surtout l’extraordinaire dynamique militante dont ils ont bénéficié tout au long de cette campagne. Car si l’abstention a sévi partout en Corse, les militants et sympathisants ont fait le travail pour remobiliser tout le monde et faire que chacun se répande sur le terrain, notamment dans l’entre-deux tours.

Réunions, pointage, phoning, le travail de sensibilisation sur les enjeux a payé.

L’électorat nationaliste ne s’est pas abstenu, contrairement à celui de ses adversaires. C’est incontestablement une des clés du scrutin. De bon augure pour le scrutin territorial !

Mais il faudra se donner pour cela des procédures plus limpides, pour éviter les tergiversations qui nous ont fait perdre un mois de campagne. Côte Femu a Corsica, en effet, il est grand temps d’aller vers la structuration du grand mouvement que notre audience attend, le parti de gouvernement qui nous fera franchir une nouvelle étape, avec nos partenaires de Corsica Lìbera, en décembre prochain. Et cette fois, les journalistes risquent bien de manquer de qualificatifs pour définir nos prochaines progressions !

F.G / ARRITTI

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