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Voici la charte qui déplaît tant au représentant de l’Etat Coloniale en Corse.


Dossier sur Unità Naziunale

 

CHARTE EN FAVEUR DE L’EMPLOI LOCAL EN CORSE

Il est convenu ce qui suit.

La situation du chômage et de l’emploi est une des principales préoccupations des Corses et une priorité majeure des institutions de la Corse, dans un marché de l’emploi et avec un tissu productif marqués par un certain nombre de caractéristiques propres.

La Corse est un territoire qui présente un déficit en ce qui concerne les diplômés et, conséquence de la structure de l’emploi, lorsqu’ils sont diplômés, les jeunes peinent à trouver des postes à la hauteur de leurs qualifications. Dans le même temps, selon « Pôle emploi », 400 offres d’emplois ne sont pas pourvues et que 300 équivalents temps plein (ETP) sont occupés par des salariés détachés.

La charte, qui constitue une démarche partenariale, a pour ambition de rationaliser les différentes actions pour un meilleur appariement, sur le marché du travail, entre l’offre et la demande d’emplois, entre les besoins des entreprises et l’offre de formation. Elle se fixe pour objectif de renforcer les liens entre les entreprises, les institutions, les hommes et le territoire.

Elle se veut être un outil au service du développement économique, valorisant les talents de la Corse, en favorisant les recrutements locaux. Les opportunités d’emploi, les offres de formation et les potentialités de développement économique qui existent, doivent en effet bénéficier prioritairement à ceux qui possèdent leurs centres d’intérêts moraux et matériels en Corse: par exemple ceux qui sont nés en Corse ou qui y ont suivi leur scolarité , ceux qui vivent durablement en Corse ou qui y ont habité, mais qui ont été contraints de la quitter pour faire des études ou pour des raisons professionnelles ; ceux qui ont des attaches familiales ou qui sont propriétaires de biens immobiliers y compris en indivision. Les Corses doivent pouvoir travailler dans l’île, y construire leur projet de vie, sans avoir à choisir entre le chômage, le renoncement à un meilleur emploi ou l’exil. Se résigner à cela reviendrait à sacrifier les rêves de la jeunesse.

La charte a vocation à être déclinée dans tous les secteurs et avec tous les acteurs du développement économique et de la formation qui agissent pour l’emploi : les organisations syndicales, patronales et salariales, les chambres consulaires, les organisations professionnelles, les collectivités locales, les entreprises, les organismes de formations, l’Université, les associations, etc.

La charte s’inscrit dans le cadre de la concertation initiée le 29 mars 2016 par le Président de l’Assemblé de Corse, des délibérations de l’Assemblée de Corse en faveur de la langue corse et de la protection du patrimoine foncier et de l’élaboration en cours d’un statut fiscal et social pour la Corse.

Tous les signataires de la charte s’engagent en faveur de la mise en pratique d’un certain nombre de principes horizontaux tels que la promotion de la langue corse ou l’égalité entre les femmes et les hommes. Les signataires manifestent ainsi leur volonté de travailler ensemble pour contribuer au développement économique et social de la Corse.

ENGAGEMENTS DES SIGNATAIRES

– Chambre régionale d’agriculture
– Chambre d’agriculture de la Haute-Corse
– Chambre de commerce et d’industrie d’Ajaccio et de la Corse-du-Sud
– Chambre de commerce et d’industrie de Bastia et de la Haute-Corse
– Chambre régionale commerce et d’industrie
– Chambre régionale des métiers et de l’artisanat
– Chambre des métiers et de l’artisanat de Corse-du-Sud
– Chambre des métiers et de l’artisanat de Haute-Corse
– STC
– Fédération Régionale Corse des Guides Interprètes (FRCGI)
– Union des Métiers de l’Industrie Hôtelière (UMIH)
– Cercle des Maisons corses
– Union des Entreprises de Proximité de Haute-Corse et de Corse-du-Sud (U2P – ex UPA)
– Union Régionale CFDT
– Syndicats étudiants

Les entreprises, les associations employeurs

• Favoriser le recrutement de ceux qui ont leurs centres d’intérêts moraux et maté- riels en Corse et dont les compétences sont suffisantes. Les compétences suffisantes correspondent au niveau de diplôme, d’expérience, de qualification ou de formation, suffisant pour exercer l’emploi proposé.
• Conforter les bonnes pratiques.
• Intégrer la dimension de la langue corse dans la vie de l’entreprise ou des associations et dans toutes leurs activités ; faire de la langue corse une différence compétitive; permettre aux salariés d’acquérir un niveau certifié de corse.
• Innover pour favoriser l’embauche de jeunes diplômés corses.
• Renforcer la formation en apprentissage et en alternance en particulier des jeunes.
• Améliorer la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences afin d’anticiper les besoins de recrutements et les besoins en compétences des salariés.
• Déposer les offres d’emploi à un organisme afin de développer leurs visibilités.
• Sécuriser les parcours des salariés locaux par le développement des compétences en vue d’accéder à des postes plus qualifiés ou d’encadrement.
• Mener des actions de communication destinées à favoriser la mise en œuvre de ce dispositif et à le valoriser en incitant leurs sous-traitants, le cas échéant, à recruter des demandeurs d’emploi corses.

Le secteur public

• Favoriser le recrutement de ceux dont les centres d’intérêts moraux et matériels sont situés en Corse et dont les compétences sont suffisantes.
• Intégrer la langue corse dans toutes les missions de service public, en permettant notamment aux agents d’acquérir un niveau certifié de corse et en mettant en œuvre des planifications linguistiques en interne.
• Mener des actions de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, afin d’anticiper les besoins de recrutements et les besoins en compétences des agents.
• Développer la formation des agents et la promotion interne afin de rendre les postes plus qualifiés et d’encadrement supérieur accessibles aux Corses.
• Ouvrir des concours régionaux.

Les syndicats, les fédérations

• Pour les fédérations et les syndicats patronaux, sectoriels ou de branches : soutenir, diffuser, promouvoir, auprès de leurs adhérents, la signature de la charte.
• Pour les syndicats de salariés, dans les entreprises, organismes, administrations où ils sont présents : favoriser la promotion et veiller à la mise en œuvre et à l’effectivité de la charte.
• Agir afin d’intégrer la dimension de la langue corse dans les entreprises, dans les secteurs et dans toutes les activités où les syndicats sont présents; encourager notamment les salariés à acquérir un niveau certifié de corse.

Les chambres consulaires

• Diffuser et promouvoir, auprès de leurs ressortissants, l’engagement en faveur de l’emploi local et la signature de la charte.
• Proposer une offre de formation adaptée aux besoins des entreprises, à l’évolution du marché de l’emploi et à la situation individuelle du demandeur d’emploi.
• Promouvoir l’utilisation de la langue corse, sa diffusion et la formation auprès de leurs adhérents.

Les acteurs de la formation

• Veiller à un meilleur appariement entre la demande d’emplois et l’offre de formation, entre les besoins des entreprises et l’offre de formation ; une offre d’emplois qui permette à ses bénéficiaires d’élever leurs niveaux de compétences et de connaissances, afin d’accéder à des emplois plus qualifiés.
• La certification en langue corse devra être systématiquement intégrée dans les parcours individualisés de formation.

Les organismes chargés de la diffusion des offres d’emplois et de l’accompagnement des demandeurs d’emploi et des salariés

• Prioriser la diffusion des offres d’emploi à destination des personnes dont les centres des intérêts moraux et matériels sont situés en Corse.
• Promouvoir la langue corse en proposant systématiquement la certification dans l’accompagnement des demandeurs d’emploi.
• Professionnaliser les demandeurs d’emploi et veiller au développement de leurs compétences en cohérence avec les besoins identifiés par les entreprises.
• Accompagner les entreprises dans leurs recrutements.
• Traiter les offres d’emploi des entreprises signataires et de leurs sous-traitants en mettant en relation des demandeurs d’emploi de leurs fichiers et en mobilisant celui des autres acteurs.
• Créer des partenariats pour rendre plus accessibles aux demandeurs d’emplois, les opportunités de recrutement local sur tout type de postes notamment d’encadrement.
• Accompagner, en relais d’information et/ou en projet de déclinaison opérationnelle, les propositions validées et portées par les signataires de la charte.
• Favoriser la diffusion de la charte et la valoriser par un retour d’expérience auprès des acteurs socio-économiques et socio-professionnels du territoire.

SUIVI DE LA CHARTE

Les signataires s’engagent pour une durée de deux ans à compter de la signature. Un point d’étape sera fait à la fin de la première année d’existence de la charte pour en faire le bilan qualitatif et quantitatif. Ce bilan sera rendu public. Un suivi opérationnel de la charte est mis en place. Il aura pour objectif d’accompagner l’application, d’en faire évoluer les termes si nécessaire ou de mettre en place des groupes de travail, sur des thèmes spécifiques liés à la charte. Il sera assuré par un comité composé des signataires de la charte. Ce comité de suivi se réunira au moins une fois par an à l’initiative du Président de l’Assemblée de Corse qui en assurera la présidence. Toute nouvelle adhésion sera formalisée par la signature de la charte qui vaudra contrat d’engagement. La charte pourra donner lieu, avec les signataires qui le souhaiteront, à des partenariats renforcés.


PREAMBULE

La situation du chômage et de l’emploi est une des principales préoccupations des Corses et une priorité majeure des institutions de la Corse, dans un marché de l’emploi marqué par un certain nombre de caractéristiques propres.

LES CARACTÉRISTIQUES DE L’EMPLOI EN CORSE

Tout d’abord, le poids de l’emploi public est prédominant. Fin 2012, les trois Fonctions publiques, d’Etat, hospitalière et territoriale, comptaient 29 910 agents en Corse, soit 28% de l’emploi salarié, 7 points de plus que le taux national. Ce poids a marqué les esprits et les mentalités.

Par le passé, il a pu représenter une possibilité de débouché professionnel pour plusieurs générations de Corses, préférant l’emploi public mieux sécurisé et protégé, à l’emploi privé ou à l’entreprise. Or cette source d’emploi est en voie de raréfaction du fait de la pression qui pèse sur les finances publiques. Outre la dématérialisation des actes administratifs qui bouleversera l’accès aux services publics, les trois fonctions publiques seront appelées à évoluer dans les toutes prochaines années. De nombreux départs à la retraite sont à prévoir. En effet, la fonction publique dans sa totalité compte 16,3% de séniors (plus de 55 ans): un salarié sur cinq dans la fonction publique territoriale, 16,4% dans la fonction publique hospitalière et 14,6% dans la fonction publique d’’Etat.

Cela ne sera pas sans conséquences sur l’évolution des métiers et des compétences. Par ailleurs, le modèle économique est fortement dépendant de la saisonnalité, en raison de l’importance du tourisme dans l’économie corse. Avec des dépenses avoisinant les 2,5 milliards d’euros en 2011  le tourisme pèse près d’un tiers du PIB corse. La fréquentation touristique et les dépenses qui y sont associées, génèrent indéniablement un surplus d’emplois, en moyenne annuelle 11 500 emplois salariés et non-salariés, mais avec une très forte variation. Le volume de l’emploi touristique est multiplié par 3,6 entre le mois de janvier et le mois d’août . Ces métiers et ces carrières, attirent peu les jeunes. Les emplois « saisonniers » se caractérisent à la fois par la non-permanence (durée limitée) et par la récurrence : l’activité à laquelle ils correspondent existe uniquement pendant une période de l’année et se répète chaque année à la même période.

Les salariés qui occupent ces emplois font ainsi face à la discontinuité de leur activité et de leurs revenus, voire de leur couverture sociale. Pourtant les emplois de serveur, cuisinier ou aide cuisinier et employé de l’hôtellerie, sont les plus fréquemment recherchés par les employeurs : une offre d’emploi sur quatre déposée à Pôle emploi concerne l’un de ces quatre métiers. Pour les emplois marqués par la saisonnalité, il est donc nécessaire de mettre en place un dispositif de sécurisation du parcours individuel.

2200 salariés étrangers détachés ont été recensés en Corse de janvier à septembre 2015.

Ce problème requiert une attention particulière puisque certains secteurs économiques importants sont particulièrement touchés. A titre d’exemple 13% des 2200 salariés étrangers détachés sont dans le secteur hôtel, cafés et restaurants (HCR) ; les maçons et les coiffeurs représentent respectivement 24% et 15% de l’ensemble des salariés détachés. C’est la preuve d’une part de l’impact important de l’emploi détaché sur l’emploi local et d’autre part des risques de contagion aux secteurs porteurs de l’économie, si des garde-fous ne sont pas mis en place.

Enfin selon les derniers chiffres du chômage de Pôle emploi, la Corse compte fin novembre 2016, 22 343 demandeurs d’emplois (données corrigées des variations saisonnières, catégories A, B et C). Ce nombre augmente de 0,5 % sur trois mois (soit +122 personnes) ; il progresse de 2,0 % sur un mois et recule de 0,6 % sur un an. Ce chiffre s’établissait à 21 960 fin septembre 2016 . Il était de 12 900 en 2008. Le nombre d’allocataires du RSA est en augmentation constante passant de 6211 en juin 2009 à 8584 en décembre 2015. L’éloignement durable de l’emploi contribue à la distanciation des demandeurs d’emploi avec les compétences nécessaires à leur employabilité. Dans le même temps, on assiste à un rétrécissement du besoin de main d’œuvre peu qualifiée dans les secteurs traditionnels (commerce, BTP) et à l’émergence de nouveaux secteurs impactés par la révolution numérique qui peinent à développer leurs activités faute de ressources humaines suffisantes.

LES CARACTÉRISTIQUES DU TISSU PRODUCTIF

Le tissu productif insulaire est composé de nombreuses entreprises de très petite taille. Les grandes entreprises implantées en Corse, sont principalement composées d’établissements publics à caractère industriel et commercial, dont le siège social se situe très souvent en Île-de-France. Une grande entreprise est une entreprise qui a au moins 5000 salariés. Soixante-trois grandes entreprises emploient 7900 salariés en Corse (15 % des salariés) et sont présentes dans les secteurs nécessitant de gros investissements ou impliquant la gestion de réseaux (électricité, activités financières et d’assurance, information, communication et transports). Une entreprise de taille intermédiaire (ETI) est une entreprise qui a entre 250 et 4 999 salariés. En Corse, une centaine d’entreprises de taille intermédiaire (102) emploient 2 400 salariés, soit 5% des emplois salariés marchands non agricoles insulaires. Les ETI sont locales à 75%. Elles sont très présentes dans les activités de transport, de santé, d’action sociale, de commerce et de l’agroalimentaire : entreprises de transport aérien et de voyages, sociétés de transport routier, cliniques, grandes surfaces alimentaires et non alimentaires. 1 000 petites et moyennes entreprises (PME) emploient 21 200 salariés, soit 39% des effectifs salariés marchands non agricoles.

Enfin 22 700 microentreprises emploient 22 400 salariés, soit 42% des salariés marchands non agricoles de l’île. Les PME et les microentreprises pèsent donc fortement dans l’emploi.

Les entreprises artisanales qui représentent en Corse plus de 16% de l’emploi total, moteur d’acquisition des compétences et de diffusion des connaissances, sont une force du modèle économique et social insulaire. Au 31 décembre 2014, la Corse compte ainsi 46 368 établissements. L’agriculture, la sylviculture et la pêche représentent 4,3% des établissements insulaires. L’industrie et la construction représentent respectivement 5,5% et 16,2% des établissements. La part du commerce, des transports et des services divers est, quant à elle, de 62,4%. Enfin la part des établissements de 1 à 9 salariés, est de 23,7 %

LA PROBLÉMATIQUE DE LA FORMATION

La Corse est un territoire qui présente un déficit de diplômés  , et, conséquence de la structure de l’emploi, lorsqu’ils sont diplômés, les jeunes peinent à trouver des postes à la hauteur de leurs qualifications. En effet, selon l’étude publiée par le GIP Corse compétences, 23% des jeunes Corses quittent la formation initiale sans aucun diplôme, contre 18% en France. La proportion de jeunes titulaires d’un CAP, d’un BEP, d’un BP ou d’un Baccalauréat (26,9%) est sensiblement la même que sur le continent. La situation est dégradée dans l’enseignement supérieur soit en circuit court de type BTS ou DUT, 8,6% de diplômés, loin du niveau national (13,7%) ; soit pour les études supérieures longues, 4,5% de jeunes corses sont diplômés contre 7% à l’échelle de la France.

Toujours selon cette étude, lorsqu’ils occupent un emploi (32%), les jeunes de 15-24 ans se concentrent pour 48% dans les emplois de commerce, de transports et de services, et pour 17% dans la construction. C’est dire que près de 65% des emplois occupés par les jeunes Corses, sont peu ou pas qualifiés. L’agrégation de ces différents facteurs, conduit à une situation paradoxale : les Corses rencontrent des difficultés d’accès à l’emploi, alors que dans le même temps, selon « Pôle emploi», 400 offres d’emplois ne sont pas pourvues et que 300 équivalents temps plein (ETP) sont occupés par des salariés détachés

LES BÉNÉFICIAIRES DE LA CHARTE

Les opportunités d’emploi, les offres de formation et les potentialités de développement économique qui existent, doivent bénéficier prioritairement à ceux qui possèdent leurs centres d’intérêts moraux et matériels en Corse  : par exemple ceux qui sont nés en Corse ou qui y ont suivi leur scolarité , ceux qui vivent durablement en Corse ou qui y ont habité, mais qui ont été contraints de la quitter pour faire des études ou pour des raisons professionnelles ; ceux qui ont des attaches familiales ou qui sont propriétaires de biens immobiliers y compris en indivision. Les Corses doivent pouvoir travailler dans l’île, y construire leur projet de vie, sans avoir à choisir entre le chômage, le renoncement à un meilleur emploi ou l’exil. Se résigner à cela reviendrait à sacrifier les rêves de la jeunesse.

LE CADRE DE LA CHARTE

• La concertation Le 29 mars 2016, à l’initiative du Président de l’Assemblée de Corse, un nombre significatif d’acteurs socio–économiques, impliqués dans l’emploi et la formation, se sont mobilisés dans l’objectif d’élaborer une charte en faveur de l’emploi local.

A cette occasion, un certain nombre de problèmes a pu être identifié.

– Il y a des difficultés à identifier les besoins en emplois et en formations, pour les institutions comme pour les personnes à la recherche d’un emploi.

– Les offres de formation doivent mieux coïncider avec les besoins des entreprises et les contraintes des demandeurs d’emploi.

– Le marché du travail n’est pas assez transparent, notamment en termes de centralisation et de partage des informations.

– Les acteurs impliqués sont nombreux et il leur est parfois difficile de travailler ensemble.

– Les besoins du marché de l’emploi sont insuffisamment identifiés et anticipés par rapport aux investissements et aux politiques publiques. – L’approche prévisionnelle des emplois au niveau institutionnel et au niveau des entreprises, est encore insuffisant.

• Les décisions de l’Assemblée de Corse La charte s’inscrit également dans le cadre des délibérations de l’Assemblée de Corse, prises en faveur de la langue corse et de la protection du patrimoine foncier 20. Elle doit être mise en perspective avec l’émancipation sociale, économique et culturelle de la Corse, dont la stratégie a été fixée dans le Plan d’aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC). Le PADDUC propose en effet un modèle s’appuyant sur l’identification, la préservation, la valorisation et la gestion des richesses naturelles, culturelles et patrimoniales, pour développer des activités et créer des emplois, tout en protégeant la Corse et son identité.

• Le statut fiscal et social La situation géographique particulière de la Corse, zone insulaire et de montagne, qui génère indiscutablement un coût additionnel supporté par les agents économiques et par les Corses, légitime l’existence d’un statut fiscal et social spécifique.

UNE MEILLEURE COORDINATION DES ACTEURS DE L’EMPLOI

La charte, qui constitue une démarche partenariale, a pour ambition de rationaliser les différentes actions pour un meilleur appariement, sur le marché du travail, entre l’offre et la demande d’emplois, entre les besoins des entreprises et l’offre de formation. Elle se fixe pour objectif de renforcer les liens entre les entreprises, les institutions, les hommes et le territoire. Elle se veut être un outil au service du développement économique, valorisant les talents de la Corse, en favorisant les recrutements locaux. La charte a vocation à être déclinée dans tous les secteurs et avec tous les acteurs du développement économique et de la formation qui agissent pour l’emploi : les organisations syndicales, patronales et salariales, les chambres consulaires, les organisations professionnelles, les collectivités locales, les entreprises, les organismes de formations, l’Université, les associations, etc.

UN ENGAGEMENT SUR DES « PRINCIPES HORIZONTAUX »

Tous les signataires de la charte s’engagent en faveur de la mise en pratique d’un certain nombre de principes horizontaux. Les signataires s’engagent notamment à agir afin d’intégrer la dimension de la langue corse dans toutes leurs activités; pour faire de la langue corse une différence compétitive et permettre l’acquisition d’un niveau certifié. Ils affirment par ailleurs leur attachement à rendre effectif le principe d’égalité entre les femmes et les hommes 23, dans toutes les étapes de la vie professionnelle : en ne faisant pas de discriminations à l’embauche, en facilitant l’accès à la formation et en veillant à l’absence de différenciation en matière de rémunération et de déroulement de carrière. Les signataires qui marquent leur engagement en faveur de la charte, manifestent leur volonté de travailler ensemble pour contribuer au développement économique et social de la Corse.