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On a pu depuis longtemps disserter sur l’aspect militaire : « il a manqué à Pasquale Paoli un stratège militaire, un Napoleon par exemple, pour un rapport de force tant défavorable…», « c’était une erreur que d’affronter en ligne le plus puissant du monde…», « il aurait fallu user de la guérilla familière des Corses… ».

Une bataille perdue mais l’espoir d’un Peuple et sa dignité maintenus. La référence est bien là. Les Corses ont été à l’avant-garde de la démocratie, capables de souveraineté et de modernité.

Imaginons un Pasquale Paoli plus « réaliste », non pas d’un point de vue militaire mais sous l’angle politique, et décidant de traiter le dos au mur et une épée sur le ventre un arrangement, une reddition sans condition. L’idée de Peuple aurait-elle été possible ? Aurait-elle pu réapparaître sans le sacrifice de nos aïeux ?

Hier, à Ponte Novu, cela a été comme une pause avant de replonger dans les tourbillons que la victoire électorale des natios n’a pas fait cesser.

Dans le contexte général de la République aléatoire, personne de fiable avec qui commencer à traiter notre problème corse.

D’ailleurs aucun candidat à la présidentielle n’a pris d’engagement sur le minimum Padduc (coofficialité, résidence, fiscalité…)? La crise politique est majeure, les partis politiques, droite et gauche, ont implosé. Après les primaires, à un tel point qui l’a cru ? La percée de Marine a abasourdi.

Il ne reste que des ombres qui errent dans la fumée des cendres…

On serre les rangs à droite, le canot de sauvetage est trop petit, tous unis mais pas à moi d’être sacrifié. On mise sur l’embarcation de gauche disloquée.

La dynamique reconquérante fait place au sauve qui peut…

Le PS est volatilisé, son secrétaire général avec un esprit de déni déclare que la double appartenance équivaut à une exclusion de fait.

Mélenchon se redresse sur ses ergots, il espère refaire une nouvelle basse-cour de la gauche.

Le nouveau Président veut refaire du neuf mais pas avec du vieux, en dépassant les clivages droite-gauche. Il ferait donc une synthèse entre ce qui a de bon à gauche et à droite (les petits salaires, les petits retraités, la sécurité tranquille pour tous… l’esprit d’entrepreneurs, saisir les chances d’un monde ouvert…). Il a eu le mérite de comprendre que le bateau était sur le point de couler et qu’il fallait le quitter…

Cependant, pour gouverner, il a besoin d’une majorité de soutien après les législatives. Aurat- il des raliés ? Sera-t-il obligé de cohabiter ? En un mot sera-til en mesure d’appliquer les réformes promises ce qui revient à tout bouleverser.

Le problème pour lui, élu Président, ne fait que débuter.

La bataille des législatives est lancée sur les chapeaux de roues. Il va abattre une première carte, le nom de son Premier Ministre mais, vite, il va lui falloir donner des investitures. La procédure est annoncée pour d’éventuels ralliés, démission et filtrage en commission mais des tractations de coulisses ne sont-elles pas dans l’ordre du possible ? Hors système caduc, les animateurs d’En Marche feront-ils une vague déferlante ou des vaguelettes ? Bénéficieront-ils de la déception de ceux qui ont voté en colère Marine puis se sont rabattus sans enthousiasme sur Macron ou se sont abstenus ?

À l’évidence une majorité de français de tous bords ne voulaient plus de ces jeux carriéristes cultivés dans les partis politiques. Pour beaucoup Macron est le moindre mal mais ils ne sont pas encore bien convaincus de sa crédibilité à tout réformer ni de son programme.

En Corse, la cavalcade de Marine a été dopée par les électeurs clanistes du clientélisme déboussolés et ceux attachés à une étiquette idéologique. Le score de Marine est fait par des « frontistes » et du troupeau des mécontents, quelques natios ont pu la jouer pensant faire la politique du pire contre la République se considérant hors cette élection Présidentielle qui n’est pas la leur… Ils comprennent vite que le rejet du système par d’autres les implique aussi. En effet, ils sont contre le système, des mécontents peuvent les voter par sanction mais une part des suffrages de Marine est un vote contre eux, en douce… ils sont certes contre le système mais le jacobinisme, dans des institutions octroyées par lui, insuffisantes.

Ils sont impastughjati.

Ils ont pris des manettes de ce qu’ils veulent abolir et remplacer par une coalition électorale qui est justifiée entre les indépendantistes ayant abandonné la clandestinité et les autonomistes, puisque la différence ne porte plus que sur la forme d’une structure nécessaire à assurer une souveraineté suffisante d’un Peuple Corse reconnu avec ses droits universels de Peuple.

La coalition électorale entre «modérés » aurait dû vite être remplacée par un mouvement unique à la démocratie exemplaire gagnant de nouveaux électeurs convaincus et pas seulement mécontents, un mouvement capable de s’élargir, usant des institutions pour mieux éclairer le reste du parcours à faire : le Peuple sauvé.

Pourquoi les modérés ne sont-ils encore que des coalisés qui s’empêtrent dans la répartition des candidatures avec le prétexte de porter la bonne parole à Paris pour convaincre des jacobins dans les coulisses et les commissions ? Pourquoi tant de contorsions pour fusionner?

Je ne vais pas jouer au psychanalyste des natios ni au moraliste.

Notre projet est un idéal difficile à atteindre et tout réside dans notre conscience, notre détermination, notre intelligence collective et notre capacité d’abnégation au service d’une cause qui nous dépasse comme individu.

Max Simeoni sur ARRITTI

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