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Et voilà pas besoin de sondages plus ou moins approximatifs, pas besoin d ‘être madame Soleil, les deux candidats arrivés en tête sont Emmanuel Macron et Marine Le Pen. 

Le système va maintenant officiellement et sans se cacher (comme pour le 1er tour)  battre l’extrême-droite.. Et le tour de force sera réussi grâce aux ralliements de toutes origines politiques, le changement dans la continuité sera effectif le 30 avril avec toujours les mêmes, (en apparence nouveaux), au pouvoir, et les banques auront leur candidat à la tête de la République française… Les citoyens eux, par une manipulation d’ampleur avec l’aide de nombre de médias (nouveaux chiens de garde)  auront eu l’illusion de croire pouvoir changer pour d’autres hommes et femmes avec un candidat Emmanuel Macron, qui n’est en fait qu’un leurre organisé par la grande finance et le système en place. Nous aurons au passage noté le bal des traîtres au sein du parti au pouvoir, abandonnant en rase campagne son candidat, oubliant les engagements pris lors des primaires du PS, de quoi dégoûter un peu plus de certaines pratiques honteuses en France en matière de politique

En Corse

En Corse, nombre d’élus et anciens élus et même des nationalistes se sont précipités aux côtés de ce leurre qui serait le « moindre mal » pour certains et le sauveur de la Corse pour d’autres car le seul à la comprendre.. Lui-même, sollicité de toutes parts,  n’a-t-il pas dit en Corse « je ne suis pas le père Noêl » ! Pathétique pour notre Corse… Pathétique par rapport à 40 ans de luttes et de sacrifices, alors que le problème politique corse a totalement été occulté par tous, exceptés deux petits candidats dont Jean Lassalle, un homme de la terre comme l’étaient jusqu’à il y a peu les Corses en majorité,  ceux-ci le remerciant pour sa venue et son périple dans l’île..

Les Corses, je dirai, la population de l’île a apporté son soutien à Marine Le Pen… Schizophrénie de certains Corses qui, Nationalistes corses aux élections locales, votent Extrême-droite française aux Présidentielles.

Socle dur de cette extrême-droite depuis les années 80 (4 élus FN aux régionales de 1984, près de 12 à 13 %, dans les années où la colonisation de peuplement était balbutiante et où les immigrés peu nombreux, moins visibles, les enfants étant trop jeunes. et l’islamisme n’existait pas). Une extrême-droite corse dans la continuité de la guerre d’Algérie, mais aussi composée de gendarmes, policiers ou militaires anciens ou  en poste dans l’île à l‘époque… Cette extrême-droite avait en faced’elle le mouvement nationaliste des années 70-80, et cette opposition était plutôt dure.

Aujourd’hui, la Corse note une progression de cette extrême-droite, et automatiquement alors que l’on refuse la notion de peuple corse, et les droits en découlant, on ne se prive pas de globaliser en affirmant « les Corses soutiennent et votent Marine Le Pen »..

Comment peut-on comparer une commune de 50 habitants votant même à 100% pour le FN, soit 50 voix (les villages votent Le Pen !) avec des agglomérations telles Cuttoli, Sarrula, Appiettu, Afa, Bastelicaccia, Sari, (la liste pourrait être bien plus longue) enregistrant un fort pourcentage de voix FN, alors que ces communes connaissent une explosion démographique au plan électoral avec une installation massive d’électeurs venus dans l’île ces dernières années…  Il n’y  qu’à comparer la progression fulgurante de leurs corps électoral et qu’on ne peut pas intégrer, d’autant qu’ils ne le veulent pas (plusieurs centaines en moyenne et peu d’années, les Corses étant quasiment-minoritaires dans ces communes désormais) et la progression FN.. Alors on pourrait aligner cinquante villages de l’intérieur avec une progression d’électeurs FN, c’est évident, mais combien pèsent électoralement ces communes face aux bassins électoraux des cités de plusieurs centaines, voire des milliers d’électeurs ?
Mais cela ne peut être mis en avant par des commentateurs qui calquent toujours leurs analyses sur celles des autres régions françaises, « complexe du colonisé » quand tu nous tiens…

Porto-Vecchju empêche Le FN d’être en tête, mais le principal soutien à François Fillon n’y est pas pour rien, même si cette ville ne compte plus qu’un tiers de Corses et que le vote FN ne date pas d’aujourd’hui. Ajaccio avec les divisions de la droite aura permis au FN d’arriver en tête. A Bastia, les «soutiens farfouille» d’Emmanuel Macron auront sûrement pesé négativement et précipité nombre d’électeurs vers le FN.

Le mouvement nationaliste n’a pas donné de consignes de votes et les nationalistes ont voté ou non, mais dans tous les cas n’ont guère pesé dans une élection où n’étant jamais en lice, leur électorat a toujours fait ce qu’il voulait, votant pour les uns et les autres.. Le tout dans un « vote à géométrie variable » au fil des présidentielles. Et aujourd’hui la dynamique semblait du côté du FN ou d’Emmanuel Macron, sur fond dans l’île de divisions de la droite traditionnelle claniste et de la déliquescence de la gauche claniste.

Le Vote FN

Le FN engrange environ 4000 voix de plus qu’en 2002. Et la colonisation de peuplement, ce sont 4000 nouveaux électeurs venus d’ailleurs chaque année depuis les années 2000. Les Corses, et à fortiori les nationalistes, militants ou électeurs, pseudo ou véritables, ont voté Marine Le Pen ont eu tort, car Le FN est opposé à tout ce que fait ou dit le mouvement nationalistes corse et si demain il arrivait au pouvoir, il n’hésitera pas à vouloir éradiquer le nationalisme corse.

Ces électeurs se trompent. Nous les connaissons, ils nous interpellent, beaucoup n’adhèrent guère aux fondements du FN ou à leur programme économique dont ils n’ont que faire.  Certains nous disent leur rejet du système politique et leur envie de fuite en avant en se rassurant et disant que cela ne pourrait pas être pire, et qu’il fallait tenter pour voir.. D’autres nous interpellent en nous disant leur « peur des arabes », (amalgamés globalement aux islamistes) qu’ils jugent « trop nombreux dans l’île, qu’on ne peut pas intégrer, d’autant que nombre d’entre-eux ne le veulent pas » (près de 60000 sur une population de 320000 habitants avec de nombreux enfants et la peur désormais de la dérive islamiste au-delà des attentats djihadistes…) même dans les petits villages où les immigrés sont peu présents les médias leur renvoyant de évènements et des images qu’ils craignent de vivre en Corse un jour… et quand ils descendent à Bastia, Ajaccio, Porti-Vecchju ou Ghisonaccia, la présence dans certains quartiers qu’ils jugent trop importante attise leurs peurs (voir les scores importants du FN dans les quartiers populaires de Lupinu, les Cannes , les Salines.. où le « vivre ensemble » est malmené).. mais ils se trompent…

Ils nous reprochent à nous, Nationalistes, de ne pas aborder ces problèmes, (qui n’existaient pas dans les années 70-80), sinon par des tours de passe- passe… et leurs inquiétudes prennent le dessus sur la défense de la langue de la culture… surtout lorsqu’ils sont confrontés pour eux ou leurs enfants aux problèmes de l’emploi, de la formation, du logement..et aux peurs du lendemain.

Il nous faut donc pédagogiquement prendre ces problèmes en charge et apporter des solutions, rejetant l’extrême-droite et le FN, et pédagogiquement aller à leur rencontre pour les convaincre que le peuple corse doit rejeter le racisme et que voter FN ne résoudra pas leurs problèmes, d’autant que ce FN approuve la colonisation de peuplement française au nom de la Grande nation française uniforme niant toutes nos spécificités.

Le danger pour le peuple corse, la colonisation de peuplement,

les chiffres parlent d’eux-mêmes

Il faut aussi leur rappeler que ceux qui détiennent les rênes de l’économie en corse, au-delà de quelques familles corses, leurs cadres, ceux de l’administration, et qui pèsent dans leur vie de tous les jours, « ce ne sont pas des arabes », ce sont en majorité des gens issus de cette colonisation de peuplement qu’ils oublient et qui fera que demain même les maires de ces communes, qui aujourd’hui se satisfont de façon simpliste de l’arrivée de nouveaux électeurs, ne seront plus corses, car tôt ou tard ces nouveaux électeurs s’organiseront et pèseront sur la mairie, voir leur prendront leur place…

Participation : 68,05 %

Marine LE PEN – FN – 27.88 % – 43 040 votes

François FILLON – LR-  25.52 % – 39 398 votes

Emmanuel MACRON – En marche ! –  18.48 % – 28 528 votes

Jean-Luc MELENCHON – La France insoumise –  13.74 % – 21 206 votes

Jean LASSALLE – Résistons ! –  5.68 % – 8 767 votes

Benoît HAMON – PS- 3.74 % – 5 780 votes

Nicolas DUPONT-AIGNAN

Debout la France –  2.89 % – 4 462 votes

Philippe POUTOU – NPA – 0.89 % – 1 380 votes

François ASSELINEAU – UPR –  0.63 % – 967 votes

Nathalie ARTHAUD – LO –  0.32 % – 495 votes

Jacques CHEMINADE– Solidarité et Progrès – 0.23 % – 352 votes

A noter l’abstention en Corse-du-Sud, 60,3 % de participation, « département français » hors DOM-TOM, ayant la plus forte abstention (soit près de 40% d’abstentionnistes, et plus 7 % par rapport à la dernière présidentielle) et 63 % de participation en Haute-Corse, soit  27 % d’abstentionnistes… la moyenne française étant de près de 21 % d’abstentionistes…

 Votes blancs : 1,71 %  – 2 712 votes

Votes nuls : 1,20 %1 905 votes

Population : 310 827 habitants ( Insee 2009)

  • 233 643 inscrits : 75,17 % –
  • 158 992 votants : 68,05 % –
  • 74 651 abstentionnistes : 31,95 % –
  • 154 375 exprimés : 66,07 % –

Poggioli Pierre (lien)

à suivre sur  l'application android Unità Naziunale ou bien sur ce lien mobile (Apple, tablettes...)