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Les incidents qui se sont déroulés à l’occasion du match Bastia-Lyon sont affligeants et injustifiables. Partout et en toutes circonstances, le sport est et doit rester le vecteur de valeurs positives :

le dépassement de soi, la solidarité, le respect de l’adversaire, la fête et la convivialité.

Rien ne peut donc justifier les insultes, les violences, la logique de haine qui, trop souvent, à Bastia comme ailleurs, se déploient dans et autour des stades.

Le 5 mai 1992, la Corse a payé le plus lourd tribut qui soit. Plus récemment encore, un jeune supporter de Bastia a été éborgné, manifestement à l’occasion de violences policières et sans suites judiciaires concrètes à ce jour.

Dans ces conditions, la simple idée qu’un nouveau drame puisse intervenir au décours d’un match de football nous est encore plus insupportable.

Au lendemain des incidents de Bastia- Lyon, le sentiment de gâchis est donc immense : des scènes qu’on ne voudrait jamais voir sur un terrain de sport, un stade et un club hier admirés par l’Europe du football et qui risquent aujourd’hui la mise au ban de celle-ci, l’annonce de poursuites judiciaires qui ne feront qu’alimenter le cycle infernal des tensions, la quasi-certitude de lourdes sanctions administratives et sportives pour le club, sanctions qui le condamneront de façon quasi certaine à la relégation, voire le menaceront de disparition pure et simple. Enfin, les agissements inacceptables d’hier soir fournissent un argument inespéré à tous ceux qui, n’aimant ni le Sporting ni sans doute les Corses, œuvrent depuis des années à exclure les clubs corses du football de haut niveau. Les perspectives sont donc sombres aux plans sportif, mais aussi économique, pour une entreprise qui génère des centaines d’emplois, directs et indirects. Cette situation est d’autant plus absurde et l’amertume d’autant plus grande qu’en cas de victoire, le Sporting aurait quitté la zone de relégation et renforcé ses chances de maintien en L1. Ce qui démontre bien que les incidents d’hier puisent leur origine bien en amont du match concerné, qui n’a en fait été qu’un prétexte à des débordements qui auraient eu lieu en toute hypothèse ou en une autre occasion.

Dès lors, deux questions se posent : quels sont les ressorts profonds de cette logique de chaos ? Et comment la contrecarrer efficacement, en substituant l’apaisement au conflit ?

Quelles que soient les réponses, il est évident que les premières victimes de ce qui s’est passé hier soir sont, sur tous les plans, le Sporting Club de Bastia et la Corse. Et au-delà de ce qu’est le club aujourd’hui, ce qu’il représente depuis plus d’un siècle pour des générations de passionnés, mais aussi pour tout un peuple. Le moment est venu de mettre un terme à ces enchaînements funestes. Le Sporting Club de Bastia ne peut pas et ne doit pas mourir. La réponse de fond à apporter aux débordements du match Bastia-Lyon ne passe donc ni par les tribunaux, ni par les décisions de la LFP, ni par la seule réorganisation technique ou administrative des conditions d’accueil du public ou de la gestion des matchs. Elle est celle qui sera dessinée par des choix, des décisions, des comportements, un projet sportif en cohérence avec les valeurs dont le Sporting Club de Bastia est historiquement porteur. C’est cette dynamique d’ensemble qui doit impérativement être mise en œuvre et soutenue par toutes les composantes du club, mais aussi par ceux qui en ont fait l’histoire et la grandeur et tous ceux qui, joueurs d’aujourd’hui, éducateurs sportifs, supporters de toutes générations, veulent que cette histoire continue à s’écrire en lettres de noblesse et de fierté.

Gilles Simeoni.

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