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La section STC Touristra de Tagliu Isulaccia tenait une conférence de presse ce jeudi 30 mars au « Village des îles ».

Soutenus par la majorité territoriale, présidents du Conseil Exécutif et de l’Assemblée de Corse en tête, par le président du Conseil Départemental de Haute-Corse, et de nombreux élus et entreprises de toute la région, les salariés en effet alertent sur le risque de fermeture du centre de vacances. Explications.

Une convention lie l’opérateur Touristra Vacances à un autre opérateur, BTP Vacances. Ensemble, ils assurent la rentabilité de la structure.

Hors, le 31 octobre 2017 la convention expire, et BTP Vacances a annoncé ne pas souhaiter la renouveler… Près de 200 emplois directs ou induits sont menacés, et avec eux, toute l’économie d’une région. L’affaire est grave.

À l’appel du STC Touristra du «Village des îles », ils étaient très nombreux ce 30 mars à se mobiliser : personnels, fournisseurs, partenaires, élus de tous bords, syndicalistes… pour sauver la structure.

Rappel historique

Le village de vacances a vu le jour dans les années 60. Il y a 20 ans, déjà en 1997, sa mise en danger avait vu la mobilisation de toute la région. Géré à l’époque par la CNPO (devenu PRO BTP Vacances aujourd’hui), il posait des problèmes de sécurité et de mise aux normes. Vétuste, le Centre réclamait une rénovation qui a tardé à venir. Ce n’est pourtant pas faute de monde à son chevet ! L’Assemblée de Corse avait délibéré à trois reprises : en 1997, en 2002, en 2004. En vain. Le Conseil Général lui avait emboité le pas. En vain. Les élus de la région désespéraient. Le Centre fermait une première fois de novembre 1997 à février 1998, puis en 2000, le glas résonnait dans la région.

En 2005 cependant, étincelle d’espoir : grâce à l’intervention (comme quoi, il suffit d’une volonté collective affirmée) de la CTC, du Conseil Général, du Ministère du Tourisme, mais aussi de l’organisme de capital risque Femu Quì SA, on trouvait un investisseur pour s’associer dans la renaissance du village de vacances. Remises aux normes, embellissements, 5,5M d’euros au total étaient investis par les collectivités. La SAS Tagliu voit alors le jour avec pour actionnaires la Caisse de Dépôts et Consignation, Femu Quì, Sodistour, Vacances Léo Lagrange. Le domaine est racheté pour 3M d’euros et 12M d’euros sont investis au total dans les travaux.

Le Centre ré-ouvre ses portes pour la saison 2008 avec des prévisions de croissance. Touristra Vacances et PRO BTP Vacances conventionnent pour une durée de 10 ans, chacun s’engageant à un taux de remplissage en avant et arrière saison pour rentabiliser la structure.

«Même si cette convention n’a pas été respectée à la lettre, explique le STC, elle a permis de réaliser l’année dernière près de 80.000 nuitées sur 121.000 totales du centre ». Soit, la moitié du chiffre d’affaire généré.

Le «Village des îles » fait ainsi vivre 120 emplois sur la saison, pour la plupart, des locaux ou des régions environnantes. Des dizaines d’autres emplois induits sont concernés, fournisseurs, animateurs et autres prestataires. Autant dire que sans cette convention, c’est la survie même du centre qui est compromise.

Sa remise en cause met en péril l’économie de toute la région. « Depuis plusieurs années nous interpellons en interne (comité d’entreprise, section syndicale) sur la convention qui expire au 31 octobre prochain. À chaque fois les réponses étaient évasives et nous ne sentions pas chez les décideurs d’inquiétudes réelles » dénoncent encore le STC.

Pour quelles raisons cette convention n’est-elle renouvelée par PRO BTP ? On l’a vu, pas pour des raisons économiques, pas plus pour des raisons d’insatisfaction : « nous savons que la clientèle PRO BTP est très attachée à ce centre de vacances » dit encore le STC, qui alarme : «Malgré plusieurs efforts constatés, en matière commerciale depuis quelques années, pour diversifier les flux entrants, il est impossible à l’heure actuelle de compenser dès 2018 par de nouveaux vacanciers la perte qu’engendrerait le départ de PRO BTP ».

« Il est plus qu’urgent d’agir. Il n’est pas possible de laisser mourir cette structure » supplient encore les salariés. Comme par le passé, tout le monde s’accorde à le dire avec eux. À tous donc de savoir se mettre sérieusement autour de la table pour trouver une solution. Et vite !

ARRITTI

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