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« Fillon repart gonflé par la droite insulaire regroupée derrière lui. Elle était démembrée après les primaires, aphone lors des affaires.

Camille a retrouvé un timbre métallique. Le danger est grand au second tour dans trois semaines avec un scénario probable : Marine contre Macron ou Fillon. Si Macron l’emporte, les législatives locales seraient incertaines. La bonne carte est Fillon: il gagne, c’est un triomphe; il perd, il reste dans le jeu des Républicains avec Sarkozy sans doute. Deux bonnes cordes jacobines qui évitent la noyade… face aux natios…

La gauche insulaire, Benoit Hammon éliminé, le PS est à refaire de la base au sommet. Mission impossible.

Les natios n’ont « rien à cirer » des promesses des candidats à la Présidentielle. Fillon a clairement dit que « s’il ne ferme aucune porte… il ne prend à ce stade aucun engagement ». Son « Ricciu » est dans un emballage papier cadeau. Il est prêt à discuter avec tout le monde. Liberté dans l’organisation des territoires ? Loi spécifique ? Pourquoi pas ! Mais à condition qu’il y ait « un consensus local » ce qui rappelle le « pas de tabou » de François Hollandes. « Le français reste la langue de la République», la langue corse doit être encouragée…

Les prisonniers ne sont pas politiques, la loi permet de les rapprocher… le politique ne peut pas décider à la place de la justice… dégagement en touche… L’ADN républicain ne mute pas…

L’électoralisme affecté les natios aussi. Comment comprendre la réticence à fusionner des trois composantes des modérés qui sont sur la même ligne idéologique, la même stratégie démocratique, si ce n’est par le jeu des leaders et de leur entourage voulant des cartes en main pour les futures mandats ou les places d’éligibles ce que le public perçoit.

Le manque à gagner y sera et il n’est pas mesurable ce qui ne permet pas de tirer les bonnes leçons. Il freine, il hypothèque la cause du Peuple corse.

Le chemin à suivre est pourtant simple et… difficile.

Une phase préparatoire en congrès pour créer un seul mouvement doté d’un solide statut d’autonomie capable d’assurer la cohérence interne et exemplaire pour asseoir l’estime et la confiance de la majorité des Corses. Là est le moteur historique du changement du système jacobin qui de dialogues en promesses empêche le Peuple corse d’exister, de ne pas être nié et à avoir les moyens de conduire son destin avec une autonomie complète, pouvoir fiscal compris.

Conditions indispensables pour structurer peu à peu une économie ouverte avec des échanges équilibrés et sortir de l’addiction des « aides » improductives induisant des comportements de facilité momentanée et de fil en aiguille dans le tas des comportements qui font le lit à des champignons vénéneux mafieux. Des aides il en faut, pas des saupoudrages, avec un suivi, une ingénierie pour éviter le gâchis et bien consommer les fonds européens et autres.

Le principe de l’autonomie acquis, le cheminement pour une Corse vivante sera encore long. Il faudra une phase de sortie en sifflet à négocier avec l’État pour le traduire dans la réalité.

On ne revient pas sur des dégâts accumulés sur des siècles du soir au lendemain.

La France a toujours, pour elle même, utilisée la Corse. Base géostratégique en Méditerranée et réservoir d’hommes pour l’Empire colonial et les armées.

Ses habitants se sont précipités sur les carrières offertes. L’exode a vidé l’île et une aucune solution n’a été envisagée pour un développement auto centré.

L’Empire perdu, l’Europe émergeant, la civilisation des loisirs avec le tourisme, la terre insulaire devenait une spéculation intéressante (schéma d’aménagement touristique de la Datar et rapport de Hudson Institute, contré par les natios,). La spéculation se poursuit par l’afflux de résidences secondaires. Les Corses ne ramassent que les miettes du «moteur tourisme ».

La continuité territoriale est une aide à l’importation du ciment, de tous les éléments de construction, des marchandises alimentaires pour les touristes et les indigènes. Bref un tourisme qui s’accompagne d’une population autochtone « aidée» par les lois sociales et les entremetteurs clanistes, peu productive lestée de 60.000 précaires. Quel avenir !… l’enveloppe de la CT a pris la suite de la fameuse loi douanière qui a étranglé la production un siècle durant. Les élections dans un tel système pour passer d’une économie agro-pastorale abandonnée, dévastée pour verser dans une économie spéculative immobilière tractée par le «moteur touristique » est une illusion. Faire les élections, la voie démocratique le veut. Mais il faut changer le système jacobin; l’essentiel de l’énergie militante doit s’investir pour construire une base éclairée et faire comprendre au plus grand nombre des Corses l’enjeu, pour eux et leur terre.

Les « composantes » ont pu faire élire leurs cadres par des coalitions et grâce à la crise de la Vème République et des clans.

Ils ont négligé l’organisation de leurs bases. Une force de terrain est à faire d’urgence.

Les moyens du statut actuel sont insuffisants pour « sauver » le Peuple Corse. Pour les dégager, il faut encore plus de citoyens corses conscients, organisés, solidaires. »

Max Simeoni.

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